Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Gestion de la fortune Bettencourt par son épouse, coup de pouce dans la vente de l'hippodrome de Compiègne, interventions fiscales, collaborateurs encombrants. L'accusation de conflit d'intérêt revient souvent. Déstabilisation politique? Eric Woerth doit-il démissionner?
A nouveau les relations d'Eric Woerth soulèvent la question du conflit d'intérêt possible dans l'affaire Woerth Bettencourt. Mais pas uniquement.
France Inter s'attarde ce vendredi 21 août sur un des collaborateurs d'Eric Woerth : Eric Le Moyne de Sérigny. Discret, l'homme accompagne le maire de Chantilly au minitère du Travail, comme il le faisait précédemment au ministère du Budget.
Etrangement, son nom n’apparaît pas dans l’organigramme officiel du cabinet d’Eric Woerth.
Bettencourt...
Selon France Inter, « Eric de Sérigny est président du directoire d’une société de gestion de portefeuilles, « Alternative Leaders France » dont le président, Bernard Lozé, est lui-même administrateur d’un fonds d’investissement, « Brinon Investissement » présidé… par Patrice de Maistre (ndlr le gestionnaire de la fortune Bettencourt.) »
...Peugeot
La radio rapporte également qu' «Eric de Sérigny est membre du conseil de surveillance d’ « Imérys », une filiale d’Albert Frère, où il côtoie notamment Robert Peugeot, soutien financier de l’UMP, décoré de la Légion d’Honneur par Eric Woerth, soupçonné d’avoir favorisé fiscalement Robert Peugeot. Ce que nie Eric Woerth.»
Connection avec Molex
Enfin France Inter note que «Eric de Sérigny est « senior partner » depuis juin 2009 auprès de la société en investissement financier « Athéma », intervenue en septembre 2009, dans le dossier Molex. « Athéma » a travaillé, selon ses propres mots, « en complémentarité » avec le cabinet d’avocats de la direction de l’usine de connectique automobile Molex, à Villemur-sur-Tarn (en Haute-Garonne), alors que les salariés de l’usine s’opposaient à leur licenciement. Or, le 24 mars 2010, soit deux jours après la nomination d’Eric Woerth au ministère du travail, le ministère accepte le licenciement « pour motif économique » des représentants du personnel de l’usine Molex… contre l’avis de l’Inspection du Travail !»
Contacté par France Inter, l’avocat du comité d’entreprise et des salariés de Molex, Jean-Marc Dejean, se dit aujourd’hui « stupéfait » qu’Eric de Sérigny puisse conseiller « à la fois Molex et le ministre », Eric Woerth, et dénonce « un mélange des genres ».
Conseiller du ministre depuis 2007, M. de Sérigny, assure de son côté travailler à titre «bénévole» pour M. Woerth, admettant avoir participé à des réunions des grands donateurs de l'UMP.
Sa tâche consiste à «assurer des relations économiques avec des chefs d'entreprises de mes amis», précise-t-il, avant d'ajouter: «il n'y a strictement aucun problème de déontologie, bien sûr, avec mes activités professionnelles».
Sur le dossier Molex, M. de Serigny explique que ce sujet «n'a jamais été évoqué par moi avec le ministre»,
Sur ce même dossier, le ministère du Travail s'en est tenu au «strict respect» de la procédure prévue par le code du travail, indique-t-on au ministère. La direction générale du travail «a considéré que la cessation d'activité totale d'une entreprise constitue une cause économique de licenciement, ce qui était, en l'espèce, le cas de la SARL Molex», selon la même source.
La succesion César
Dans son édition de mercredi 4 août dernier, Libération révèle que Eric Woerth serait intervenu directement, en 2008 lorsqu'il était ministre du Budget, pour alléger le redressement fiscal sur la succession de César.
Cette intervention s’est notamment traduite par un dégrèvement fiscal de 27 millions d’euros sur la succession du sculpteur.
Le ministère du Travail assure dans un communiqué qu'Eric Woerth, dans son ancienne fonction de ministre du Budget, est intervenu «dans le respect du droit fiscal». Mais le ministre du Travail a agit à l'initiative d'Alain Dominique Perrin, exécuteur testamentaire du sculpteur et grand donateur de l'UMP, alors qu'Eric Woerth était encore trésorier du parti majoritaire.
L'hippodrome de Compiègne
Mercredi 14 juillet, une autre affaire vient éclabousser l'image du ministre du Travail - et maire de Chantilly (60) - : celle de la vente de l'hippodrome de Compiègne (60).
La vente de ce terrain de 57 hectars, à deux pas du quartier le plus chic de la ville, pour un prix de 2,5 millions d'euros a été conclu en mars 2010, sans qu'aucun appel d'offre ne soit lancé.
Eric Woerth aurait personnellement supervisé cette affaire qui relevait à l'époque de son ministère (le Budget ndlr).
Il s'en ai défendu le même jour sur RTL.