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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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PAUVRES JOURNALEUX ...ILS NE SAVENT PLUS COMMENT NOUS VENDRE LEUR SAUCE LIBERALE

Lagarde est une fille formidable, c'est la presse qui le dit

Sylvain Lapoix - Marianne | Mardi 22 Décembre 2009 

Deuxième personnalité de l'année du Parisien, portée aux nues par les ministres... Christine Lagarde finit l'année en une des quotidiens et des magazines. La preuve d'un gros décalage entre élites et réalité sociale et économique de la France en crise.


Christine Lagarde à la convetion économique de l'UMP le 17 décembre 2008 (photo : SL)
Christine Lagarde à la convetion économique de l'UMP le 17 décembre 2008 (photo : SL)
iscret», le «triomphe» de Christine Lagarde ? La une du quotidien La Tribunedu mardi 22 décembre, consacrant «l'année Lagarde» ne pouvait être qu'ironique : première du classement «des ministres par les ministres» de l'Express, deuxième personnalité préférée des Français dans Le Parisien, médaille d'argent du classement des ministres du Point... Christine Lagarde n'est plus une ministre : c'est une fonctionnaire de concours ! La question reste : pourquoi gagne-t-elle ? Et cette question là, aucun des titres n'y répond...

LAGARDE DIT AVOIR SAUVÉ LA FRANCE... ET LES JOURNAUX LA CROIENT !
Une de La Tribune du 22 décembre 2009.
Une de La Tribune du 22 décembre 2009.
Entre Johnny Hallyday (numéro 1) et Yann Arthus-Bertrand, Lagarde tombe comme un cheveu argenté sur la soupe dans le classement du Parisien... La journaliste tente l'explication : «meilleure ministre des Finances d'Europe» pour le Financial Times... Difficile à croire que cela ait convaincu 14,7% des Français interrogés à la désigner. Hypothèse avancée : le grand public «salue sans doute le travail abattu pour amortir en France le choc de la crise financière.» «Sans doute», vraiment ?

Pas de fait d'arme évoqué, par de courageuse prise de position durant un sommet à rappeler pour expliquer la félicité de Lagarde dans ces concours. Juste de grands gestes en l'air, des formules vagues pour vanter le «
sans-faute pendant cette interminable crise», à la manière duPoint... Bref : la seule explication du succès de Lagarde, c'est celle que donne Lagarde elle-même quand il faut parler de la crise !

LAGARDE: LE PRIX DE LA MEILLEURE COLLÈGUE DE BUREAU
Une de LExpress du 17 décembre 2009.
Une de LExpress du 17 décembre 2009.
Seul l'Express tente le coup : la ministre serait, aux dires de ses collègues, pro, «jamais ni au septième ciel, ni au trente-sixième dessous» de son propre avis, «aussi à l'aise dans une rencontre internationale qu'un élu sur un marché», renchérit un conseiller de l'Elysée... D'avis des Français ? Aucun et, à lire le dossier paru le 17 décembre, ce n'est pas ce qui intéresse le journaliste : si elle est aussi fantastique, c'est car c'est une bonne collègue de bureau !

Plus technique 
La Tribune tente l'éloge... mais a la mémoire courte : «elle ne verse pas dans le triomphalisme lorsque des indicateurs conjoncturels passent au vert», se souvient le journaliste, oubliant que, quand la croissance était tombée à 0,14%, la ministre jubilait de cette formidable réussite sur RTL.

DES MÉDAILLES REMISES AUX ÉLITES PAR LES ÉLITES SELON LEURS CRITÈRES
Extrait du Parisien du 22 décembre 2009, page 30.
Extrait du Parisien du 22 décembre 2009, page 30.
Bilan de ce tour d'horizon des panégyriques : Christine Lagarde est une collège de bureau sympa, qui ne met pas les coudes sur la table pendant les sommets internationaux... Mais cela a-t-il suffit pour «amortir le choc de la crise», pour reprendre l'expression consacrée ? Les industries fragiles ont trinqué, comme ailleurs, la finance est repartie en trombe... Certes, à Bercy, elle a maintenu l'emploi en flux tendu, mais n'a rien pu faire pour les usines que la crise a condamnées, ni pour leurs ouvriers.

Dans le «jury» du Point, aucun syndicaliste de chez Molex, pas plus d'employé habitant en Province. Ces médailles en chocolat remise en une des journaux le sont à l'élite, par l'élite et selon ses critères. Les Français, eux, passent au kiosque, ouvrent leur canard et lève la tête, interloqués : «ah bon, la crise est finie ?» Sans doute n'ont-ils pas reçu le dernier communiqué de presse de Bercy : les pauvres !
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