Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
FRANCE | Les policiers ont mis la main sur les carnets de l’ex-comptable de Mme
Bettencourt.
Jean-Noël Cuénod | 08.07.2010 | 00:03
Une pluie d’enquêtes s’abat sur l’affaire Woerth-Bettancourt, devenue scandale d’Etat en France. Après avoir ouvert une investigation pour atteinte à la vie privée concernant les enregistrements clandestins chez Liliane Bettencourt et envisagé une autre pour «blanchiment de fraude fiscale», le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, va sans doute en ouvrir une troisième concernant le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Cette dernière a pour origine le témoignage de l’ex-comptable de Liliane Bettencourt (lire nos éditions d’hier). Elle affirme notamment avoir reçu l’ordre de verser 150 000 euros au trésorier de l’UMP, Eric Woerth, pour financer la campagne de Sarkozy, ce qui serait illégal. A la fin de mars 2007, elle avait prélevé 50 000 euros sur le compte de Liliane Bettencourt à la banque BNP de Paris, le solde ayant été fourni par le compte que la milliardaire possédait à Genève.
Pas d’aide suisse mais…
La police française a d’ores et déjà trouvé la trace bancaire du prélèvement de 50 000 euros enregistré à la date fournie par la comptable. Quant aux 100 000 euros débités du compte genevois, la justice française risque fort de ne pas recevoir l’aide des autorités suisses. En effet, notre pays n’accorde l’entraide pénale à un juge étranger que si le délit qu’il poursuit est également réprimé par le Code pénal suisse, ce qui n’est pas le cas du financement illégal des partis politiques. Toutefois, si la justice française devait changer cette accusation, il pourrait en aller différemment.
En outre, les policiers français ont mis la main, hier, sur les trois carnets de la comptable où elle consignait les versements qu’elle a effectués. Les enquêteurs sauront donc si les écritures qui s’y trouvent corroborent les accusations qu’elle a formulées contre Eric Woerth et Nicolas Sarkozy.
Enfin, d’autres enquêtes seront menées dans ce contexte. Le ministre Woerth a déposé une plainte en dénonciation calomnieuse et le fondateur du site d’information Médiapart en a fait de même en diffamation contre les dirigeants de l’UMP qui ont traité son journal numérique de «fasciste».
La tribune de Genève