Les mêmes experts, péremptoires, nous ont expliqué combien il était nécessaire, urgent, vital, de baisser les impôts. Au nom de quoi, d’ailleurs, on a
instauré pour ceux d’en haut le moyenâgeux bouclier fiscal, pendant que ceux d’en bas, eux, devaient continuer, sans se plaindre, à être consciencieusement percés de flèches. Or, désormais,
les économistes les plus savants, ceux-là mêmes qui n’ont pas vu venir la crise, justifient doctement l’impérieuse nécessité d’augmenter les prélèvements pour combler les déficits abyssaux
laissés derrière eux par les Diafoirus de l’économie. Mort de rire…
Mieux, et ce n’est pas un gag, un économiste renommé de la banque d’affaires Natixis, Patrick Artus, qui ne passe pas vraiment pour un gauchiste et
qu’il convient ici de saluer chapeau bas, vient même de calculer qu’en alignant la taxation du capital sur celle du travail, l’on pourrait dégager en France la bagatelle de 100 milliards
d’euros de recettes supplémentaires ! Cela fait juste dix ou vingt ans qu’on nous explique que cette hérésie est proprement inconcevable. Prière de ne pas rire trop fort.