Le 11 février, le ministre de l'intérieur défend le principe d'une police d'agglomération, que personne ou presque ne conteste. La critique, à gauche, porte
sur la définition du périmètre de l'agglomération parisienne. D'après Hortefeux, il se limite à Paris et trois départements limitrophes. Et comme par hasard, les Hauts-de-Seine font partie du
lot...
M. Manuel Valls.
(...) Face à une délinquance qui ne connaît pas les frontières départementales, une politique de sécurité cohérente consisterait à intégrer l’ensemble des
départements de la région Île-de-France. Si vous n’acceptez pas cette proposition, je souhaiterais, pour avoir un débat constructif, entendre votre vision sur la cohérence et sur les moyens
consacrés à une politique de sécurité qui doit aujourd’hui dépasser les frontières de l’ancien département de la Seine, qui doit intégrer la problématique des anciennes villes nouvelles.
(...).
M. Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur.
Sans reprendre le débat de la discussion générale, je préciserai les principes qui ont guidé notre initiative.
La première raison de la limitation à Paris et aux trois départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne est que, en Île-de-France, les bassins de délinquance ne
sont pas les mêmes. L’Île-de-France, vous le savez mieux que quiconque, compte des départements urbains et des départements comportant des territoires urbains, semi ruraux et ruraux. C’est le
cas des Yvelines et de la Seine-et-Marne.
Vous avez souligné que vous étiez favorable à la police d’agglomération. J’observe que ce n’est pas une position unanime sur les bancs de l’opposition puisque M. Braouezec a déposé un
amendement de suppression. Je ne vous en fais pas le reproche, mais il n’y a pas de voix uniforme dans l’opposition.
La deuxième raison de cette limitation, c’est qu’il fallait mettre fin au principe aberrant en vertu duquel, si le délinquant franchissait le périphérique, le policier parisien ne pouvait pas
le suivre. Dorénavant, ce sera possible.
Troisième raison, la police d’agglomération permet à l’évidence une plus grande fluidité de l’intervention des forces de police. Cela a été démontré en Seine-Saint-Denis, où précisément des
effectifs de la préfecture de police sont intervenus à plusieurs reprises.
L’extension à l’ensemble de l’Île-de-France ne me paraît pas correspondre à une cohérence. Qu’il y ait une réflexion sur une extension à un département qui vous est cher, je n’y suis pas
hostile, mais sur l’Île-de-France, non, parce que les bassins de délinquance ne sont pas les mêmes.
Mme Sandrine Mazetier.
Je connais, monsieur le ministre, votre attachement aux formules. Vous avez ce point en commun avec le Président de la République, qui expliquait que l’on
pouvait ou non faire ses courses, le dimanche, sur les Champs-Élysées, selon le trottoir où l’on se trouvait, parce que les types de commerce n’étaient pas les mêmes. Vous nous expliquez
maintenant que la police d’agglomération, les policiers ne peuvent pas franchir le périphérique, qu’ils y sont interdits de séjour. Ce n’est pas vrai.