Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Après avoir écourté le débat à l’Assemblée nationale, le pouvoir sarkozyste a fait de même au Sénat. C’est une sorte de coup d’état à froid pour imposer un texte de régression sociale, refusé par une majorité de nos concitoyens. Le Parlement est bafoué, les organisations syndicales méprisées, le peuple, qui à plus de 60% soutient les mouvements en cours, n’a le droit à aucun véritable débat public sur un enjeu qui concerne la vie de chacune et de chacun.
Ces coups de force de la monarchie sarkozyste se paieront un jour fort cher pour leurs instigateurs qui n’ont cessé de tromper les gens. En effet, la droite du Sénat a adopté un amendement déclarant qu’un débat serait organisé en 2013 sur les retraites. Adopter un tel amendement c’est reconnaître que le débat n’a donc pas eu lieu. C’est aussi reconnaître que cette contre-réforme en appelle d’autres. Lesquelles ? L’Assemblée nationale avait déjà adopté un amendement ouvrant le chemin de la retraite par capitalisation. Et le Sénat demande « une réforme systémique ». Cela veut dire un changement de système.
Au lieu de l’actuel système par répartition de solidarité entre les générations, entre les professions, l’idée de la droite est d’aller à un système où celle ou celui qui pourra se payer sa retraite le fera. Les autres continueront de travailler, s’ils le peuvent, car ils n’auraient pas de retraite du tout ! Les plus pénalisés seront évidemment les plus modestes. C’est ce qui est désormais prévu avec l’amendement dit de la « mise en place d’un régime universel par point ou compte notionnel ».
Le fond de cette contre-réforme, déclarée urgente par le monarque élyséen, n’est donc pas destiné à faire face aux besoins de financement des systèmes de retraites, mais à livrer les régimes de retraite et demain la protection sociale, aux requins des assurances et des fonds de pensions.
C’est cela le fond de l’affaire. Le fond du projet sarkozyste. Servir les puissances d’argent contre les classes laborieuses. Et comme il n’a pas de majorité dans le pays pour le faire, parce qu’il s’agit d’une modification aggravant les injustices, il le fait passer en force, sans laisser le Parlement aller au bout des débats, en refusant toute négociation avec les syndicats, en poursuivant des jeunes et des salariés, en refusant tout débat public. Le peuple uni ne se laissera pas faire.