Jean-François Copé a donc enfilé ses gros sabots dimanche soir, les gros sabots de l'enfumeur professionnel. En effet, que signifie donc
« revenir aux fondamentaux », renouer avec « ce qui a fait le succès de 2007 » pour reprendre les expressions 1000 fois rabâchées au cours de la soirée
électorale ?
Faut-il entendre : revenir à une politique de promotion de la « valeur travail », de lutte déterminée contre l'insécurité et de régulation efficace de l'immigration,
politique que le chef de l'Etat aurait peu à peu abandonnée depuis le début de son mandat ? C'est la fable qu'essaie d'écrire et de faire avaler aux Français Jean-François Copé...
La réalité est cependant évidemment toute autre : la politique depuis 2007 n'a pas changé d'un iota, comme elle n'a presque pas varié depuis 2002, et même depuis bien plus longtemps
encore.
La lutte contre l'insécurité n'a pas une seule journée été une priorité politique du quinquennat, bien au contraire le pouvoir supprime chaque année un nombre record de policiers et de
gendarmes (3000). La régulation de l'immigration n'a pas un instant été à l'ordre du jour dans les faits.
Au contraire, le nombre de régularisations de clandestins serait au plus haut sous Sarkozy (d'après, notamment, une enquête du Monde), et les flux migratoires sont restés strictement
les mêmes depuis 15 ans, suivant même plutôt une courbe orientée à la hausse. La « valeur travail » enfin ne s'est traduite dans la réalité que par davantage de chômage et moins de
pouvoir d'achat pour les travailleurs.