Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Entre la déliquescence de Sarko, la transparence de Fillon, l'insignifiance de Borloo et la déréliction de Bayrou dont les grandes oreilles ne peuvent
plus servir d'aérofreins tant son piqué est vertigineux... Si la droite mondialiste veut garder le pouvoir en 2012... Je ne vois qu'une solution : voter
Strauss-Kahn !
L'homme est, nous dit-on, promis à un bel avenir. Je me suis donc intéressé à son passé.
La toile est pleine d'anecdotes, de faits et de rappels pertinents des exploits et des propos de monsieur FMI. Il m'a paru utile d'en faire une petite
synthèse afin de cadrer la personnalité et les idées de notre presque futur président.
La façon de s'imposer
DSK est un bulldozer. Aucun obstacle ne le rebute. Même rembarré, il se cramponne jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut. Et pas seulement avec les femmes.
Collé à l'ENA en 1975, il y revient quelques années plus tard... Comme professeur !
Après un passage par l'université et la politique. Quand on lui claque la porte au nez, il rentre par la fenêtre.
En 1986, il est parachuté comme candidat aux législatives en Haute Savoie. Les militants socialistes refusent cet inconnu qui n'a aucune attache dans la région. Qu'importe ! La direction du P.S. l'impose après avoir radié les contestataires.
En 1988, il quitte la Haute Savoie pour le Val d'Oise. Il y sera battu en 1993 mais il rebondit comme conseiller de Rocard, expert du P.S et avocat
d'affaires. Les trois à la fois.
Sans voir poindre le risque de conflits d'intérêts. Ce sera le seul faux pas de sa carrière avec les affaires de la MNEF, de la Générale des eaux, d' ELF
et la remise fiscale à Karl Lagerfeld.
Mais la justice tranchera par des non-lieu.
Pour 2012, alors qu'il ne demande rien officiellement, les média l'imposent comme le candidat naturel du PS et pourquoi pas de la gauche toute entière. A coups de sondages suspects où de complaisants politologues confondent allégrement "opinion sur les compétences professionnelles", "respect de la personne" et "intentions de vote".
Ira-t-il ? Ses atermoiements peuvent s'expliquer moins par l'attachement à ses émoluements du FMI (à peine l'équivalent de la paye d'un présentateur télé) que par sa volonté de s'imposer, sans jouer le jeu des primaires, où franchement il aurait l'air de quoi, lui qui tutoie Medvedev et Obama s'il devait se rabaisser à ferrailler contre un Vals ou un Montebourg ?
Mais preuve qu'il ne néglige aucun détail, une opération de chirurgie esthétique lui a relevé sa paupière tombante, il suit un régime tonique et s'assure
un bronzage permanent.
Un gros nounours sympathique et souriant en apparence pour un peuple de bisounours. Ou plutôt de lapins crêtins.
Ses idées et sa pratiques de l'économie
Sa thèse de doctorat soutenue en 1977 a pour sujet : "famille et accumulation patrimoniale"
Une version actualisée du fameux "enrichissez-vous !" de Guizot.
En 1988, conseiller de Rocard, et alors que le Premier ministre propose de plafonner le montant de l'ISF et de l'impôt sur le revenu à 80 % des ressources d'un ménage, DSK cosigne un amendement réduisant ce premier bouclier fiscal à 70 %.
Ministre de l'industrie sous Cresson puis Beregovoy entre 91 et 93 il plaide pour ancrer davantage la France dans l'Europe des énarques et
des banquiers. En rendant le plus difficile possible tout retour en arrière.
Mitterrand déjà sur le déclin le laisse faire.
Entre 1997 et 1999, lors de son passage écourté chez Jospin comme ministre de l'économie et des finances, cet authentique socialiste privatise Air France, les autoroutes du sud, le Crédit lyonnais, France Télécom, les GAN, Thomson Multimédia, le CIC et la CNP.
La privatisation de l'Aérospatiale qu'il avait préparée sera faite par son successeur.
A part ça, que connait-il de l'économie réelle ?
Pas grand chose ! Prof, il a enseigné la macroéconomie. Puis il a phosphoré dans des clubs de réflexion où de grands patrons viennent nouer des liens
avec la nomenklatura.
Ses amis s'appellent Bolloré, Lévy, Lamassoure, Kessler vice-président du MEDEF... Mais il n'a jamais géré une entreprise.
Petit cadeau aux écolos. Il a dit : "Pour moi, il n'y aurait pas de scandale à ce que la chaire de physique nucléaire de Paris-VI soit financée par EDF."
Ses opinions et ses actions européistes
Le programme socialiste de 1981 avait prévu de prendre ses distances vis à vis des diktats de la commission de Bruxelles, et Mitterrand était plutôt
favorable à une forme de pragmatisme "à l'anglaise" avec des ajustements au coup par coup et en fonction de nos intérêts.
DSK se démène d'abord comme conseiller du prince puis comme ministre pour que la France accepte d'être enchaînée à l'Europe.
Après être restés un temps en suspens, les règlements imposés par la Commission, le Conseil et le Parlement européens prennent force de loi en
France.
Sans demander de vote au parlement, encore moins en informer les Français. Des "décrets de conformité" à la pelle, pris par d'obscurs technocrates dans
les bureaux glauques des ministères décident de l'avenir du pays et de ses habitants. Dans l'opacité la plus complète.
Et les banksters déjà repus se goinfrent à s'en faire éclater la panse.
En 2005, DSK sort un DVD didactique en faveur du "oui" à la Constitution européiste et s'investit dans des réunions et meetings, tout en pratiquant une
lobbying intense auprès des décideurs et des prescripteurs d'opinion.
Les 55 % de "non !" lui auraient arraché une grosse colère : "Ah les cons ! Il sont nuls" aurait-il dit. "Mais on la leur
collera quand même notre constitution, d'une manière ou d'une autre..."
La rumeur prétend qu'il aurait fait des suggrestions à Sarkozy dans ce sens.
Ses prochains projets : élargir encore plus les pouvoirs de la banque centrale européenne afin de conduire une véritable politique européiste décidant des budgets, des investissements et des dépenses publiques à la place des états devenus de simples provinces vassales d'une superentité despotique.
Accessoirement, il se prononce pour l'entrée de la Turquie dans le gang.
Ne voyant pas qu'avec son niveau économique et le nombre de ses habitants, cela induirait les problèmes au carré de la Roumanie, de la Pologne et de la
Bulgarie. A ce stade de cécité idéologique, une nouvelle Europe à population à majorité musulmane deviendrait un souci presque secondaire.
Son rôle actif dans la mondialisation
"J’ai un regard sur le monde plus ouvert que ceux qui ont des traditions ancrées" déclare-t-il au Nouvel Economiste en 2003, en se définissant comme un enfant Benetton, à la fois russe, mongol, juif et lorrain.
Sa philosophie reflète une sorte de néo-saint simonisme étendu à la terre entière : le pouvoir aux gens compétents, pas à la populace qui ne sait pas se diriger. Il est partisan d'un gouvernement mondial coopté et d'une économie rationnelle, utilisant et déplaçant les ressources naturelles et humaines là où elles apportent la meilleure plus value aux décideurs. Cette élite éclairée qui consentira quelques aumônes aux pauvres afin qu'ils ne meurent pas de faim. On a son éthique chez les élitistes, tout de même !
En septembre 2007, le président le pistonne à la tête du FMI, imaginant préserver son avenir (déjà...) en se débarrassant du rival qu'il craint le
plus.
Ses frasques boulevardières et les soupçons de favoritisme au sein du FMI ne sont que pêchés véniels comparés au libéralisme sauvage qu'il déploie face
aux pays en difficulté, tout en prétendant les sauver :
Baisse du nombre et des salaires des fonctionaires, dégraissages "compétitifs" dans le privé, délocalisations favorisées pour "aider les entreprises
à s'en sortir", coupes drastiques dans les dépenses publiques et de santé, allongement de la durée du travail et du départ en retraite, refus de tout prélèvement sur les transactions
financières internationales genre taxe Tobin qui pourrait dissuader la spéculation à court terme, au prétexte que c'est trop compliqué !
Et surtout une vigilance sévère pour que les pays ruinés continuent à engraisser les banksters en s'endettant encore un peu plus.
La Grèce, l'Espagne et l'Irlande ont déjà bénéficié des potions du bon docteur DSK.
L'Islande et le Portugal sont dans sa salle d'attente tandis que leurs remèdes méphitiques bouillonnent dans les athanors. Et la France n'est pas loin de
lui demander de passer pour une visite à domicile et une petite ordonnance.
A votre place, si j'étais de droite, sans hésiter je voterais pour lui !
Christian Navis