Le Sondage Harris Interactive pour Le Parisien/Aujourd’hui-en-France http://www.harrisinteractive.fr/new... d’août 2011 fait en effet apparaître que « pour réduire la dette et les déficits publics, les Français préfèrent largement une contraction forte des dépenses à une nette augmentation des impôts (85% contre 12%) ».
Alors que la dette découle essentiellement du fait que l’Etat a renoncé à plus de 100 milliards d’euros de recettes fiscales (annuelles) en dix ans » … comme l’écrivait L’Expansion en juillet 2010.
La dette publique est un mécanisme de redistribution à l’envers, puisque les intérêts versés aux prêteurs (ceux qui ont des excédents) leur permet de faire grossir leur magot, au détriment de ceux qui sont contraints d’emprunter et de verser ces intérêts.
Le fait que la dette publique n’a cessé de croître depuis 1975 (voir la courbe sur Wikipédia) est donc tout simplement une aubaine pour les détenteurs de capitaux. Elle ne résulte pas d’un excès de dépenses de l’Etat puisque celles-ci sont restées stables depuis 20 ans, en pourcentage du PIB.
Il faut certes expliquer le rôle pervers des agences de notation : caractère auto-réalisateur de leurs annonces, conflits d’intérêt etc … Par contre les agences de notation n’ont qu’une responsabilité minime dans la montagne de dettes publiques et privées accumulées par les pays occidentaux. L’abaissement des notes auquel elles procèdent est cohérent avec le fait que tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire que beaucoup de pays ne pourront jamais la rembourser l’intégralité de leur dette.
Est-ce convaincant de multiplier les arguments pour relativiser l’ampleur de la dette ? On peut comprendre l’utilité d’un déficit budgétaire pendant quelques années, notamment s’il s’agit de booster les investissements utiles pour l’avenir (éducation, mutation écologique et énergétique …). Mais les gens de bon sens ont l’intuition qu’il est aberrant et dangereux que des pays riches pratiquent les déficits budgétaires sans discontinuer pendant des décennies. D’autant que quand on parle de 5 % de déficit des comptes publiques (toujours exprimé en pourcentage du PIB), il faudrait parler d’un déficit de 10 %. En effet, il serait plus logique de rapporter ce déficit publique au montant total de la dépense publique ( budget de l’Etat, comptes sociaux …) qui représente environ 1000 milliards d’euros, au lieu de le rapporter au PIB ( environ 2 000 milliards d’euros).
D’où vient l’accroissement continu de la dette publique ?
Cette augmentation continue (voir les chiffres sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_... ) ne provient pas d’une dérive des dépenses publiques qui sont restées stables (voir décroissantes) en pourcentage du PIB, sur toute la période de 1993 à 2008. Comme on peut le voir sur le graphique « Evolution du taux de dépenses publiques » à la page 9 du rapport de juin 2010 du député UMP Gilles CARREZ consultable sur http://www.ladocumentationfrancaise.... Alors que la dette publique passait de 46% du PIB en 1993 à 68% du PIB en 2008.
A la page 7 de son rapport Gilles CARREZ évalue les pertes de recettes fiscales (annuelles) de l’Etat entre 100 et 120 milliards d’euros. Il a chiffré à 83 milliards les sommes qui manquent chaque année dans les caisses de l’Etat, suite à la politique de baisses d’impôts et d’exonérations fiscales menée depuis 10 ans.
L’accroissement de la dette résulte donc bien d’une diminution constante et délibérée des recettes de l’Etat.
Voir aussi « Ces dix années de cadeaux fiscaux qui ont ruiné la France » sur http://gesd.free.fr/maudufin.pdf
Sans compter les différentes techniques d’évasion fiscale très bien décrites dans l’émission « Pièces à conviction » (accéder aux vidéos de l’émission via http://www.retraites-enjeux-debats.... )
A qui profite la dette ?
A ceux dont l’explosion des inégalités depuis 30 ans a permis d’accumuler des excédents très supérieurs à leurs besoins de consommation
Y-a-t-il une instrumentalisation politique de la dette publique ?
Oui, la dette sert à justifier en permanence la réduction des prestations sociales, ainsi que le démantèlement des services publics au profit du secteur privé lucratif.
N’y-a-t-il pas une solution de bon sens pour stopper l’accroissement continu de la dette publique découlant de déficits budgétaires systématiques depuis 1975 ?
Pourquoi ne pas, tout simplement, équilibrer les dépenses nécessaires par une fiscalité (sur les revenus, les patrimoines, les transmissions, les plus-values …) aussi fortement progressive que nécessaire ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ceci est possible sans augmenter les prélèvements sur les revenus modestes et moyens. Voir sur http://alternatives-economiques.fr/... les propositions d’Alain Godard (ex PDG de Rhône-Poulenc Agrochimie) qui permettraient de faire entrer chaque année environ 100 milliards supplémentaires dans les caisses de l’Etat, sans augmenter ni la TVA, ni les impôts des contribuables qui gagnent moins de 60 000 euros par an.
Une petite histoire très marrante circule actuellement et illustre parfaitement comment on en est arrivé à la situation actuelle. Voir « La crise ... des ânes » sur http://www.retraites-enjeux-debats.... . Je n’arrive pas à voir ce qui dans cette histoire ne serait pas conforme à la réalité que nous subissons. Quelqu’un peut-il m’éclairer ?
re-publié sur http://www.agoravox.fr/actualites/e... cet article a fait l’objet d’une centaine de commentaires.
Deux ou trois commentateurs sont catégoriques pour affirmer que c’est la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973 interdisant à la Banque de France de prêter directement à l’Etat (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_n%...) …qui serait à l’origine de notre dette actuelle.
Certainement que l’interdiction, maintenant généralisée au niveau européen, faite aux banques centrales et à la BCE de prêter directement aux Etats a aussi contribué à l’envolée des dettes souveraines. Puisque l’on verse ainsi des intérêts inutilement élevés aux banques qui s’en servent pour spéculer et à leurs dirigeants et traders pour se goinfrer de stocks-options et de bonus.
Pour autant, personne ne peut ignorer que tous les économistes sérieux s’accordent aujourd’hui pour dire que les cadeaux fiscaux accordés depuis 10 ans aux hauts revenus représentent pour l’Etat un manque de recettes de 100 milliards d’euros par an … et que sans tous ces cadeaux fiscaux il n’y aurait non seulement pas de déficit budgétaire, mais que des marges de manœuvre importantes auraient été disponibles pour financer des investissements d’avenir (éducation, santé, conversion écologique etc …).
Et surtout, sans ces 100 milliards d’euros par an de cadeaux fiscaux, point de déficit budgétaire donc nul besoin pour l’Etat d’emprunter ni aux banques, ni aux « investisseurs », ni même à une banque centrale … et la loi de 1973 serait devenue d’aucune utilité pour les banksters. D’où ma suggestion d’équilibrer les dépenses nécessaires par une fiscalité (sur les revenus, les patrimoines, les transmissions, les plus-values …) aussi fortement progressive que nécessaire .
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