Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
En déclarant que les français travaillaient pour l’État du 1er janvier au 1er juillet, Nicolas Sarkozy reprend une idée reçue véhiculée par de nombreux courants d'inspiration poujadistes qui suggèrent que les dépenses publiques, financées notamment par les impôts et les cotisations sociales, disparaissent dans un trou noir et sont par nature économiquement inefficaces.
Les Français ne travaillent pas « pour l’État » du 1er janvier au 1er juillet !
Ce faisant, il commet une double erreur :
La France n'est pas le pays européen qui a « les impôts les plus élevés » !
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Toutes les données statistiques officielles
le
démontrent ; la France n'est pas le pays européen qui a les
« prélèvements obligatoires »
les plus élevés en Europe. Le taux de
« prélèvements obligatoires »
rapportés au PIB s'élevait ainsi à 41,6% en France derrière ; la Suède (46,9%), le Danemark (48,1%), la Belgique (43,5%), l’Italie (43,1%), la Finlande (43,1%) et l'Autriche (42,7%)1.
De fait la France n'est donc pas
« première ».
Pour une comparaison complète et fidèle à la réalité, il faudrait en outre comparer les contreparties, qui jouent un rôle positif sur le plan économique et social : les prélèvements financent
en effet les services publics, la protection sociale, les aides publiques... Or, comparer les seuls taux de prélèvements n'enseigne pas grand chose. Là où les prélèvements
« publics »
sont élevés, les contreparties sont importantes et là où ils sont faibles, les contreparties sont faibles, mais il faut alors subir des prélèvements privés (assurances, fonds de pension) pour
bénéficier de la même couverture que dans les pays à
« prélèvements obligatoires publics »
élevés.
Les personnes les plus aisées n'ont pas le niveau d'imposition le plus élevé d'Europe !
Seuls les impôts progressifs mettent en théorie davantage à contribution les plus aisés. Pour la France, il s'agit de l'impôt sur le revenu et de l'impôt de solidarité sur la fortune. Or, en
France, l'impôt sur le revenu est le plus faible d'Europe. Et même si l'on prend le total de l'impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée, le niveau de l'imposition des revenus
ne représente que 7,3% du PIB en France contre 26,5% au Danemark, 13,5% en Suède, 10,4% au Royaume-Uni ou encore 9,3% en Allemagne.
En outre, le taux le plus élevé du barème de l'impôt sur le revenu est également plus élevé dans de nombreux pays : il est de 41% en France contre 45% en Allemagne et 50% en Grande Bretagne par
exemple... Enfin, le taux moyen d'imposition des plus riches en matière d'impôt sur le revenu est relativement faible en France (grâce aux nombreuses niches fiscales notamment) : il se situe,
selon le Conseil des prélèvements obligatoires, entre 15 et 20% pour le 1% de la population la plus aisée...
Dans un tel contexte, l'ISF apparaît comme un impôt au rendement faible qui n'arrive pas à compenser le caractère faiblement redistributif du système fiscal français, et ce d’autant plus que,
comme l'impôt sur le revenu, il est truffé de niches fiscales (dont le coût, avant réforme, représentaient plus de 40% du rendement). En France, contrairement à une idée reçue répandue, les plus
aisés ne sont pas fiscalement les plus mal lotis...
Vincent Drezet,
Porte parole du Syndicat national unifié des impôts.