Marianne2 fait le bilan des réformes qui contribuent à fragiliser l'emploi en France. On commence par les auto-entrepreneurs. C'est le prototype de décision qui fait la fierté des sarkozystes.
Mais entre la concurrence déloyale des artisans et de PME et le déficit de cotisations sociales, la perte est colossale en terme d'emplois.
Ce fut la chanson de geste d'Hervé Novelli, le barde du néoilibéralisme inventeur de l'auto-entrepreneuriat : youpi, les Français découvrent enfin la vraie
aventure de la création d'entreprise. Et le secrétaire d'Etat aux PME de clamer chaque fois le bond en avant des aventuriers : 263 000 au début décembre.
Quelques statistiques suffiraient à faire déchanter des esprits plus rationnels. En fait le portrait-robot de l'auto-entrepreneur laisse voir un... chômeur de 44 ans en moyenne qui ne facture
pas grand-chose en réalité : sur 70 000 auto-entrepreneurs enregistrés à la fin mars par l'ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale), seuls 29 000 ont facturé en moyenne 1400
euros en trois mois, ce qui les met tout juste au niveau d'un médiocre RSA. Tu parles d'un patron !
Au delà de cette polémique sur la vigueur de l'esprit d'entreprise à la française, ce dispositif pose deux problèmes essentiels en terme d'emploi :
1) La concurrence déloyale envers les artisans et les PME.
Il suffit d'aller dans les régions et de lire la presse quotidienne régionale pour le constater : partout les fédérations professionnelles d'artisans
protestent contre la concurrence nouvelle qu'ils subissent de la part des auto-entrepreneurs. C'est dans le bâtiment que le problème est le plus crucial. Un peu partout, des artisans à la
retraite ou des simples bricoleurs proposent aux particuliers de refaire leur salle de bain ou de repeindre leur salon à des tarifs inespérés. Entre les charges sociales et les impôts,
limités à 20% pour un auto-entrepreneur et les charges fixes (locaux, téléphone, etc), les devis des auto-entrepreneurs sont moins disants de 20 à 50% par rapport à ceux du Bâtiment. Espérons
que l'UPA, le syndicat des artisans, évalue le nombre d'emplois perdus à cause de cette concurrence déloyale.
2) Le déficit de cotisations sociales.
Aux dernières nouvelles, Hervé Novelli attendait un milliard de chiffre d'affaires des auto-entrepreneurs en 2009. Ce qui signifie un déficit de cotisations
sociales d'environ 300 millions d'euros. La Cour des comptes avait, voici quelque temps, évalué le manque à gagner occasionné par la mise hors cotisations sociales des stock-options. Philippe
Séguin pourrait bien prendre le même genre d'initiative avec le dispositif des auto-entrepreneurs.
NDLR: NOVELLI, MADELIN, DEVEDJIAN, LONGUET, une belle brochette d'anciens du mouvement d'extrème droite "Occident", ne rêvent que d'une chose sous la couverture du libéralisme, le retour à
l'esclavage et la fin de la République Sociale.