L'expérience de la Grande Bretagne le démontre clairement, les patrons ne sont jamais en manque d'imagination lorsqu'il s'agit de mettre leurs problèmes sur
le dos des travailleurs. Chaque concession en appelle une nouvelle.
La situation économique est mauvaise et on sait pourquoi : il est trop difficile de licencier quand c'est nécessaire, donc on hésite à
embaucher.
Très bien messieurs, on vous vote la flexibilité du travail.
Oui, mais maintenant la situation économique est mauvaise et on sait pourquoi : les salaire des ouvriers et des employés sont trop élevés alors on ne peut
pas embaucher.
Très bien messieurs, on diminue les salaires.
Oui, mais maintenant la situation économique est mauvaise et on sait pourquoi : la durée hebdomadaire du travail est insuffisante.
Très bien messieurs, on passe aux 45 heures.
Oui, mais maintenant la situation économique est mauvaise et on sait pourquoi : l'âge de la retraite est trop bas, alors on paie trop de charge pour
entretenir les retraités de plus en plus nombreux.
Très bien messieurs, on recule l'âge de la retraite à 75 ans et on abat les retraités de plus de 80 ans.
Oui, mais maintenant la situation économique est mauvaise et on sait pourquoi : les syndicats sont trop regardants sur les droits que leur accorde le code
du travail.
Très bien messieurs, on supprime le code du travail et on interdit les syndicats ouvriers.
Oui, mais maintenant la situation économique est mauvaise et on sait pourquoi : le salariés et les chômeurs n'achètent pas assez nos
produits.
Très bien messieurs, les ouvriers seront désormais payés en nature avec vos produits, à charge pour eux de les revendre pour récupérer de l'argent dont 50%
vous reviendront d'office.
Etc.
Toujours la faute des salariés, je vous dis !
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