Légion d'honneur: la France décore un Chinois pro-peine de mort
Régis Soubrouillard - Marianne | Vendredi 29 Janvier 2010
Le 1er février prochain, Alain Bauer, l'un des plus grands criminologues français, figure de la franc-maçonnerie et président de l'Observatoire National de la
Délinquance, fera le déplacement à Pékin pour remettre la légion d'honneur à un collègue chinois criminologue… et défenseur de la peine de mort.
L'hommage de la nation française à un symbole du pouvoir chinois (Dessin de Louisson)
On le voit régulièrement aux côtés de Nicolas Sarkozy, il préside l’Observatoire national de la délinquance. Il était
également présent aux vœux à la presse de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur. Lui, c’est le criminologue Alain Bauer.
L’ambassade de France en Chine vient de faire savoir que cette figure historique de la franc-maçonnerie fera début février le voyage de Pékin afin de remettre les insignes de Chevalier dans
l’Ordre National de la Légion d’Honneur à Monsieur He Bingsong, directeur du Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé, Vice-Directeur du Centre de recherche pour le droit
pénal et la justice à l’Université de science politique et de droit de Chine à Beijing. Bref, un simple collègue pour Alain Bauer qui lui remettra l'insigne Honneur le 1er février.
Rien que de très normal, après
l’accord passé entre l’UMP et le PC Chinois, le voyage de François Fillon, les multiples messages d’amour de Raffarin. Une petite marque diplomatique -rouge, en plus- qui fait toujours
plaisir au moment de retisser ce qu'il reste des liens distendus entre la France et la Chine.
Le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière
Seulement voilà. He Bingsong n’est pas seulement un expert de la criminalité en Chine. L’intéressé a fait parler de lui, fin décembre, au moment de l’exécution d’un ressortissant
britannique atteint de troubles mentaux, Akmal Shaikh,
condamné à la peine capitale pour trafic de drogue. A l’époque, toute l’Europe, la Grande-Bretagne évidemment, mais aussi la France avaient dénoncé cette exécution. Face à cette avanlanche de critiques, le professeur He Bingsong avait déclaré sur china.org.cn, un site d’informations proche du gouvernement, qu’il était « déraisonnable et
inutile pour tout pays étranger de salir la loi chinoise pour tenter d’y appliquer ses propres lois ». Et d’ajouter « que la Chine devrait ignorer ces interventions et ne
céder à aucune pression politique étrangère ».
Largement de quoi mériter la Rosette, si l’on s'en juge par l’idée que s’en faisait déjà Jules Renard :« En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la
boutonnière ».