Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
A en croire le Président de la République, le projet de réforme des retraites porté par Eric Woerth (un homme au-dessus de tout soupçon) est
« juste ». D’ailleurs, c’est l’adjectif favori des ministres pour nous vendre une réforme ayant déjà fait descendre des millions de gens dans la rue.
Il faut croire que les manifestants sont des faibles d’esprit, à moins qu’ils ne soient victimes d’une forme de maladie mentale. Telle est d’ailleurs
l’hypothèse envisagée par Dominique Seux, éditorialiste des Echos, qui écrit : « Le slogan « pas touche aux 60 ans » témoigne d’un déni de la réalité stupéfiant d’une partie de
nos concitoyens ». En somme, tout opposant au recul de l’âge de la retraite est vaguement schizophrène sur les bords.
Pour Dominique Seux, donc, il est parfaitement logique de demander à ceux qui sont au chômage de travailler plus longtemps. A l’heure actuelle, 61% des
personnes de 55 à 64 ans sont sans emploi. Que va-t-il se passer si on leur impose de partir plus tard à la retraite? Les personnes concernées n’ayant guère de chance de retrouver un emploi,
elles resteront plus longtemps aux Assedic. Ensuite, elles auront une pension de retraite amputée, ce qui se traduira mécaniquement par une baisse du pouvoir d’achat qui pèsera forcément sur la
croissance (et donc sur les rentrées budgétaires).
Voilà pourquoi l’affaire des retraites est à la réalité sociale ce que l’affaire Bettencourt est à la réalité politique. On nous assure qu’il s’agit
uniquement d’un problème démographique. Cette question existe, assurément. Mais ce qui plombe les caisses de retraite, c’est d’abord et avant tout le chômage, le sous emploi, la précarité. Il
faut savoir qu’un million d’emplois représente 5 milliards de cotisations dans les caisses de retraite. Or le gouvernement se refuse à évoquer cette question. Il préfère ne parler que de
l’espérance de vie, en oubliant au passage les paramètres sociaux qui font que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.
Depuis que l'âge légal de la retraite a été fixé à 60 ans (en 1981), nous dit-on, l'espérance moyenne de vie a progressé de six ans. Certes. Mais entre
temps l'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre supérieur s'est encore accru, pour s'élever à sept ans. L'usure liée à une tâche pénible est souvent le moyen assuré de terminer sa
vie plus tôt que prévu, et ce n’est pas le refus obstiné de prendre en compte la pénibilité du travail qui fera avancer le schmilblick.
Il y a plus grave. En réalité, la vraie notion à prendre en compte est celle de l’espérance de vie « en bonne santé », qui n'est que de 63 ans
pour les hommes et 64 pour les femmes, avec toujours un écart de sept ans entre un ouvrier et un cadre. Face à de tels écarts et de telles injustices, il faut s’appeler Laurence Parisot, patronne
du Medef, pour claironner : « On vit cent ans ; on ne peut s'arrêter de travailler à 60 ». Tout le monde n’a pas l’existence harassante de Liliane Bettencourt. Nombre de
ceux qui devraient, dans le futur, partir plus tard, risqueraient de ne plus partir du tout, sauf pour aller au cimetière.
Ajoutons que le gouvernement entend agir sur deux leviers à la fois : le droit au départ à la retraite (qui passerait de 60 à 62 ans) et l’âge du
départ à la retraite à taux plein, sans décote en raison d’un manque de trimestres cotisés (qui passerait de 65 à 67 ans). Or cette dernière mesure est le summum de l’injustice. En effet, elle
frapperait les plus pauvres, ceux qui ont des « trous » de cotisation, à commencer par les femmes.
Actuellement, près de 18% des Français ne peuvent partir en retraite qu’à 65 ans, et la moitié sont des Françaises, pénalisées par les carrières
« fragmentées », comme on dit. Avec la réforme Woerth, de nombreuses femmes devraient ainsi choisir entre la peste et le choléra : travailler jusqu’à 67 ans ou partir en retraite
avec des pensions amputées.
Comme réforme « juste », il y a mieux.
Jack Dion
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mardi 13 juillet 2010, par
République et Socialisme est partie prenante de la pétition initiée par le FDG sur les retraites. Nous vous invitons a signer et à la faire signer , soit en signant directement en ligne en indiquant vos nom, prénom et profession ou qualité dans le commentaire soit en imprimant le document ci joint et à retourner à l’un des partis concernés.
* Ne pa oublier d’indiquer votre adresse mail afin que celle-ci soit prise en compte. Celle-ci n’apparaîtra pas dans le texte seul vos nom et commentaire seront visible
La réforme des retraites proposée par le gouvernement est un véritable coup de poignard contre les droits sociaux. Injuste, mais aussi inefficace, ce sont les salariés déjà durement touchés par la crise, et notamment les femmes, qui vont la payer au prix fort (22,6 milliards d’euro) alors qu’une fois de plus, le capital est à peine mis à contribution (4,4 milliards d’euro). Ce projet ne règlera rien. Il s’inscrit dans la lignée des mesures d’austérité mises en place par l’Union européenne avec le soutien du FMI : une véritable capitulation devant les marchés financiers et l’amplification d’une politique d’austérité qui nous enfonce dans la récession.
Il est possible de faire autrement. Les député-e-s communistes, républicains et du Parti de gauche ont déposé une proposition de loi qui, tout en rétablissant la justice sociale, assurerait également un financement dynamique du système de retraite autour de ces principes :
En finir avec la dictature de la finance : contribution des revenus financiers des entreprises à un taux de 9,9%, soit 30 milliards de recettes
supplémentaires. Cotisation additionnelle des entreprises qui favorisent la financiarisation au détriment de l’investissement, des salaires et de l’emploi.
Favoriser l’emploi et les salaires : majoration de 10% des cotisations des entreprises de plus de 20 salariés dont le nombre de salariés à temps partiel est
supérieur à 20% et suppression des exonérations au titre des heures supplémentaires : 25 milliards de recettes supplémentaires.
Promouvoir la
justice sociale : suppression du bouclier fiscal et augmentation des contributions des revenus issus de l’intéressement, des bonus et stock-options.
La mobilisation contre le projet gouvernemental s’amplifie. Aux côtés des syndicats, soyons des millions à rejeter le projet gouvernemental et à défendre une alternative crédible et juste.
Vous pouvez signer cette pétition directement sur le site national de République et Socialisme