Quelques commentaires : Soros lui-même a décrit dans l'un de ses ouvrages comment et surtout pourquoi il avait fait descendre la
Livre Sterling. C'était à la demande de son "ami" E. Kolh. Quand celui-ci a reçu le feu vert de Washington et de Moscou pour gober la RDA, avec l'assentiment mou de Mitterand et le rejet net
de Thacher, il lui a fallu rassembler beaucoup de capitaux pour réussir le coup (en particulier pour supporter 1 DM = 1DMEst).
C'est la raison pour laquelle Kolh a imposé au reste de l'Europe un taux directeur suffisamment haut pour attirer les capitaux, avec un DM haut pour les maintenir, et ce au détriment des autres
nations européennes dépouillées de leur épargne. Mais devant les contre mesures et l'insuffisance des capitaux attirés, Kolh a décidé d'aller chercher l'argent où il était: à la city, avec l'aide
de Soros. Il n'aurait jamais osé aller en chercher à Wall Street.
Ceci montre une fois de plus que les grands mouvements de capitaux sont d'ordre géopolitique, et que les banques et autres Hedge Funds n'en sont que des instruments à côté des canonnières. Il en
est de même aujourd'hui.
Il ne faut pas se le cacher : L'UE, c'est l'Allemagne, l'Euro c'est le deutsche mark, aujourd'hui plus que jamais, surtout depuis que l'industrie française a été sciemment quasi liquidée.
La France ne pèse plus grand chose, elle va d'ailleurs être obligée un jour ou l'autre de céder sa place au conseil de sécurité en faveur de l'Allemagne, dès que Sarko aura bradé la défense
française sous OTAN.
L'Allemagne a intérêt à un Euro fort, car d'un côté elle exporte de la machine outil de haute technologie inélastique aux prix (d'autant que ses coûts ont été maintenu par une stagnation des
salaires et par des délocalisations vers les pays de l'Est désormais colonisés), et d'autre part et surtout il lui faut importer énormément de gaz et de pétrole pour son industrie, après son refus
du nucléaire.
Depuis peu, ses exportations commencent à être concurrencées par les produits de haute technologie chinoise, et c'est la raison pour laquelle A. Merkel a déclaré qu'il fallait désormais que l'Euro
baisse, en même temps qu'elle faisait multiplier l'ouverture de mines d'anthracite à ciel ouvert afin de substituer partiellement l'importation de pétrole et de gaz (curieusement les écolos et leur
Cohn Bendit n'en disent mot: contre qui jouent-ils ?).
C'était un dimanche soir (je n'ai pas en mémoire la date exacte, déclaration d'ailleurs relevée le lendemain par la radio patronale française BFM). Comme par hasard, le dollar remontait par rapport
à l'Euro durant la semaine et suivantes. Ceci n'a pu se réaliser sans l'accord de Washington, sans doute sous forme de compromis: Merkel annonçait une semaine plus tard qu'elle allait renforcer
sensiblement les troupes allemandes en Afghanistan ...
Aujourd'hui pour l'Allemagne, l'Euro est un boulet, car d'une part sa gestion demeure plus ou moins partagée alors qu'elle très dominante, d'autre part cela lui fait payer indirectement
les déficits d'autres pays "Club Méd" de la zone. Ce ne sont pas les Hedge Funds qui attaquent l'Euro, mais l'Allemagne qui veut s'en débarrasser ou tout au moins dominer totalement la zone
Euro en abaissant les puissances des autres pays, en particulier les plus vulnérables suite à la "crise" financière.
Notons au passage qu'une hausse du dollar permettrait pour les pays exportateurs d'épargne vers les Etats-Unis, et tout particulièrement l'Allemagne, de récupérer une partie de cette épargne
prisonnière outre Atlantique à moindre perte.Pour la France, il est grand temps de se débarrasser de l'Euro, de réindustrialiser à toute
vitesse, car le problème allemand se repose objectivement.Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter les ministres des affaires étrangères allemands
dans les réunions patronales :l’un sous l’ère E. Kohl,
l’autre allié vert du social-démocrate Schroeder.
En 1993, K. Kinkel déclara « accomplir quelque chose en quoi nous avons échoué à deux reprises et qui est, en harmonie avec nos voisins, de trouver le rôle correspondant à nos souhaits
et à notre potentiel ». J. Fischer enfonce le clou en 1995 : « Est-ce que l’Allemagne va enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales,
c'est-à-dire l’hégémonie douce sur l’Europe, résultat de son poids, de sa position géopolitique, de sa puissance industrielle ? »
C’est clair. Une hégémonie n’est jamais douce.Je n'invente rien.JPE Membre du M'pep