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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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UNE DEMOCRATIE AVEC 44% D'ABSTENTION

Les législatives ont montré un taux d'abstention record, près de 44 %.
Il en découle que les deux "principaux" partis ne représentent à eux deux qu'à peine un tiers de l'électorat, mais raflent 90 % des sièges au parlement. La France n'est plus, mais on l'avait déjà remarqué, un pays démocratique.
Les taux d'abstention s'approchent, d'élection en élection, de ceux des USA. Sur le plan stratégie électorale, l'importance des abstentions est organisée (cf. par exemple la très faible mobilisation des media tous détenus par qui l'on sait en France: quelques journalistes ont fein de s'en étonner).
Pourquoi ? Pour que, mécaniquement, seuls deux partis "dominent" électoralement, même s'ils ne représentent guère la population. Cette stratégie ne marche évidemment que tant que celle-ci demeure passive. En effet, comme aucune population nombreuse n'est homogène en termes de valeurs culturelles et d'intérêts, un fort taux de participation entraîne ipso facto une dispersion des voix vers un nombre conséquent de partis politiques affublés du doux nom "d'extrémistes". il convient donc que leurs électeurs ne votent pas. Pour cela il "suffit" que la masse de ces derniers ne fassent pas la liaison pourtant évidente entre leurs valeurs culturelles et intérêts avec leurs expressions politiques afférentes sur le plan électoral. "Tous pourris" en est l'une des facettes largement diffusée. Mais pour que la stratégie marche, il convient en même temps que l'on fasse croire que les deux partis en lice s'opposent férocement. Evidemment les abstentionnistes ne sont pas dupes, et compte tenu de leur importance aujourd'hui, cela donne un espoir sérieux de changements radicaux, à condition de les organiser.
Mais qui aujourd'hui peut raisonnablement les organiser ? On ne peut plus compter sur le PCF, empêtré suite à son abandon de la lutte des classes (qui pourtant nous éclate au visage tous les jours), qui l'amène jusqu'à abandonner le principe fondamentale de la souveraineté nationale et accepter l'UE et l'Euro, laissant ainsi à la dérive nombre d'électeurs aimantés par l'extrême droite. Seul un Etat souverain peut emettre de la quiétude dans le corps social. Reste donc la lutte sysndicale en revenant au premier principe de la charte d'Amiens : aux travailleurs d'indiquer le programme économique et politique, aux partis de l'appliquer.
Les deux partis "gouvernementaux", nous le savons, émanent l'un et l'autre des mêmes forces de la Finance : cf. les fichiers attachés montrant que les dirigeants de la finance française se sont partagés les influences (vers le PS liste de gauche, vers le centre liste au centre, vers l'UMP à droite). Je pourrai aussi vous joindre les répartitions identiques aux USA, GB et Allemagne. Partis sociaux démocrates, centristes et de droite font partie du même attelage, les cochers tirant sur les rennes de droite ou de gauche selon la hauteur des cailloux sur le chemin. Côté PS français, on notera le rôle central de Laurent Fabius dans le système de contrôle politique(fichier word). Son positionnement lors du référendum sur le TCE (2005) reste pour moi un mystère.
Contrairement à ce que la propagande prétend, la globalisation village planétaire n'existe pas.
Première couche du puzzle au sommet : Les dynasties familiales dirigeantes demeurent ancrées à leur Etat-Nation, et se sont très peu "internationalisées"; elles sont aujourd'hui très peu nombreuses ce qui constitue pour elles en même temps une faiblesse, quoiqu'elles se soient renforcées financièrement ces dernières années, adossées à leur Etat respectif totalement contrôlé, et à leur système industriel national (très peu de croisements significatifs de capitaux entre entreprises de nationalités différentes, y compris au sein de l'UE).
Seconde couche : les dirigeants nommés des structures financières et industrielles. Là, à l'inverse, ils se retrouvent dans divers cénacles internationaux (trilatérale, ERD, et autres sous-produits plus régionaux). Ces cénacles ont un rôle de travail intellectuel, et ont pour objectif d'absorber les inévitables chocs entre les divers intérêts, de préparer les grands thèmes idéologiques, de coordonner les actions économiques et politiques. Afin d'asseoir les surveillances réciproques, on les retrouve dispersés dans divers CA de groupes, sans rôle décisifs, et plus généralement comme conseillers dans les "international advisory boards". Ce sont ces personnages qui encadrent et choisissent les "décideurs" politiques des deux "camps". Dans cette seconde couche, on y trouve aussi des officiers supérieurs ayant fait leur classe au sein de l'OTAN.
Troisième couche : les exécutants des thèmes idéologiques sélectionnés par la seconde couche (responsables des medias - quasi totalement contrôlés, leaders politiques "responsables" sélectivement financés). 
Tout cela semble être une chape de plomb sur les masses paralysées. Cependant, une chape de plomb aussi épaisse n'est que le contre-poids des mécontentements populaires. L'efficacité de cette chape comme moyen d'acceptation des mesures impopulaires a des limites.
Par exemple, pour faciliter la collaboration de classe des dirigeants économiques, politiques et des medias, il convient de les payer chers (style stocks options et autres), de faire en sorte qu'ils entretiennent peu de relations avec les subordonnés des organisations dont ils ont la charge, etc (pour faire le sale boulot, il ne faut pas de compassion que facilite trop la proximité quotidienne). Se créent alors des coupures nettes entre le management et la base des producteurs, y compris les cadres. Conséquences : la vision de la base par cette couche dirigeante devient très floue, d'où la multiplication de contrôles et d'audits pour tenter d'y voir clair. Au fur et à mesure, cette couche ne comprend plus ce qui se passe dans les organisations, ainsi que les réactions des agents (réactions idéologiquement dénommées "résistances au changement"). Les erreurs de gestion se multiplient aux yeux de la base. Là gît la contradiction sur laquelle il convient de s'appuyer.
Le jour où cette base criera : "ils sont incapables de gérer, nous savons ce qu'il faut faire", alors "ils" ne pourront pas s'interposer quel que soit le nombre de CRS.
"ils sont incapables de gérer, nous savons ce qu'il faut faire", cela devrait être dès à présent le mot d'ordre N°1 de l'ensemble des syndicats. Ils mobiliseraient rapidement une large partie des abstentionnistes conscients de l'impasse de la fausse opposition sociale démocrate / droit, et bien au delà.
        JPE
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