Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
août 7th, 2010
Faire à tout prix oublier l’affaire Woerth-Bettencourt, le plus vite possible. Quand il y a le feu au sommet de l’État et que, de révélations en
révélations, on découvre un peu plus chaque jour le détail du financement illégal du parti du Président, il n’y a alors qu’une solution : allumer très rapidement un contre-feu encore plus
puissant.
La diversion…
C’est ce qu’a choisi de faire Sarkozy en s’attaquant aux « mauvais immigrés », en soulignant le lien entre délinquance
et immigration, en promettant de retirer la nationalité française aux délinquants d’origine étrangère… propos aussitôt relayés par son homme de main Hortefeux ainsi qu’une palanquée de
porte-coton de l’UMP.
Le ballet était trop bien réglé, la « communication » trop bien préparée pour ne concerner que le but affiché… Sur le
strict plan électoral, partir à la chasse des électeurs du Front national en plein mois d’août, à 20 mois de la présidentielle, semble en effet une erreur de calcul : dans un an
et demi, Marine Le Pen aura beau jeu d’affirmer que les « promesses » de Sarkozy n’ont pas été tenues, que l’insécurité progresse toujours,
etc.
Sarkozy le sait bien : pour attirer à lui les électeurs du FN au printemps 2012, il
« suffit » de deux ou trois opérations bien préparées quelques semaines avant l’élection : l’arrestation d’un « caïd de la
drogue », de préférence d’origine maghrébine, une spectaculaire reconduite à la frontière de « casseurs et délinquants » à la peau bien
foncée, l’incarcération bien médiatisée d’un « Arabe qui bat sa femme »… et le tour est joué.
… pour éviter le pire
Pour griller une cartouche d’un tel calibre en lançant une polémique aussi « énorme », aussi spectaculaire, à un moment
a priori aussi mal choisi, il faut donc qu’il y ait « autre chose » à masquer, d’infiniment plus grave et plus compromettant pour le
« système Sarkozy ».
Badinguet redoute en effet particulièrement « l’effet dominos » que pourrait entraîner la carbonisation du fusible
Woerth
: d’une part la « réforme » des retraites, promise au lobby de la bancassurance (voir notre
billet Retraites : l’arnaque), pourrait être sérieusement remise en question,
d’autre part, si l’ex-trésorier de l’UMP « saute », les regards se tourneront alors vers le patron de l’UMP à l’époque des faits, un certain Nicolas Sarközy de
Nagy-Bocsa, qui « ne pouvait pas ne pas savoir » ce qui se passait dans sa boutique.
Il faut reconnaître que, à ce jour, la diversion semble avoir parfaitement fonctionné : le PS et les médias (fort bien
« outillés » en dossiers de presse pour la circonstance) ont mordu à l’hameçon et permis à Sarkozy d’atteindre son objectif : que
Woerth-Bettencourt disparaisse de la Une des journaux et des télés.
Avec Sarkozy, la consigne de prudence de la SNCF selon laquelle « Un train peut en cacher un autre » est plus que jamais
d’actualité. Pour faire oublier ses turpitudes financières, il n’hésite pas à actionner les ressorts les plus primaires du racisme et de la peur de l’autre. Un terrain particulièrement glissant,
particulièrement dangereux, qui apporte une nouvelle fois la preuve, s’il en était encore besoin, de l’absence de scrupules et de l’obsession court-termiste d’un homme prêt à tout pour sauver sa
peau, fût-ce au prix de la paix civile, de l’image et de la réputation de son pays.
Lundi
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