Le fronton de la République française en rouge de la honte
Pour Nicolas Sarkozy, le moindre de ses brassages d’air est présenté par lui-même comme historique. Pour une fois je vais être d’accord avec lui, mais
dans l’effroi et la douleur. A Grenoble, alors qu’à nouveau il vient de remplacer un préfet innocent de toute faute sous le coup de la colère, lui qui doctement devant son coach Pujadas disait
que si Joyandet réellement coupable avait été viré (ce qui est faux car il avait démissionné) si tardivement c’est qu’il voulait prendre son temps et comprendre, par un flic quand le poste de
préfet est de représenter l’Etat et non la police dans son unique rôle, Nicolas Sarkozy a kärshérisé notre démocratie et a repeint la façade de notre République d’un rouge sombre qui se voit de
loin et partout dans le monde, celui d’une honte indélébile.
On ne sait jusqu’où la colère et la profonde indignation peuvent s’élever quand un simple citoyen entend, ce vendredi 30 juillet, un président de la
République proférer, fier de lui, des paroles dont l’origine est insoutenable et les conséquences inouïes. Dans son combat, non contre l’insécurité, mais électoral pour récupérer un électorat
acquis honteusement en jouant des sentiments les plus vils de chacun de nous : la violence de la haine et de la vengeance, la stigmatisation de l’autre, l’injustice qui punit non en
fonction de la faute mais de l’image, Nicolas Sarkozy a franchi la marche qu’il ne fallait pas. Nicolas Sarkozy qui n’a eu de cesse de dresser les Français les uns contre les autres,
catégorie par catégorie, a décidé qu’il n’y avait plus des Français mais deux groupes de Français distincts : les supérieurs et les inférieurs. Ce dérapage, qui suit celui du condamné
Hortefeux, autre honte de notre République qui reste à son poste bien que repris de justice, est celui de trop.
Que l’attaque, ce qui est le cas, contre une personne représentant l’autorité publique soit sévèrement puni cela est juste, mais proposer et, sans doute en
faire une loi, que la peine judiciaire soit assortie de la déchéance de la nationalité française dépasse l’entendement. Ce n’est pas que la déchéance est ici juridiquement déplacée, car cette
déchéance n’intervient en toute logique quand, dans une guerre, un ressortissant d’une nation la trahit au profit d’une autre, il s’attaque donc à la nation en tant que telle, ce qui n’est pas le
cas dans une attaque contre un représentant de la force publique (un braquage par exemple), ce n’est même pas qu’elle sera techniquement inapplicable c’est qu’elle est démocratiquement et
moralement immonde, et pour une fois je pèse mes mots. Immonde, hors du monde, hors de la morale, hors de la juste conscience, hors de la simple humanité, hors de notre histoire, hors de
l’évolution de la civilisation, hors de l’homme tout simplement. Il n’y a plus de mots pour définir la scélératesse qui voudrait qu’une atteinte à un représentant de l’ordre soit en plus d’être
punie par la loi générale, ce qui est juste, normal et obligatoire, entraîne la déchéance de la nationalité française si l’origine du coupable ne fût pas de quelques quartiers de noblesse de ses
racines dans la terre de France. Nicolas Sarkozy vient d’inventer deux peuples celui qui sera possiblement déchu de sa nationalité et l’autre. Le premier car il ne sera devenu Français que
depuis moins longtemps que le second. Mais qui va décider depuis combien de temps il fut être devenu Français pour passer du peuple honteux au peuple glorieux ? Avec quels critères, quelles
limites ? Qui seront ces Ubermenschen et qui seront les Untermenschen ? Et qu’en sera-t-il d’une certaine Clara Bruni sans aucune racine ayant poussée dans le sol de l’Hexagone,
française à la vitesse de l’éclair car son chouchou l’a voulu ? De quel peuple va-t-elle faire partie ? Du sur-peuple oui du sous-peuple ? Et Nicolas Sarkozy aura-t-il
lui aussi assez de quartiers de noblesse quand son père n’a été qu’un immigrant ? Et qu’en sera-t-il de lui si les accusations portées à son encontre dans l’affaire Karachi étaient réelles
sachant qu’en plus de l’effarante affaire anti-démocratique, illégale et tant amorale qu’immorale alors que cela est a entraîné la mort de 14 personnes dans un attentat
sanglant ?
Va-t-on, afin d’être bien identifié, se promener avec un étoile, un croix, un croissant, une équerre jaunes sur le devant de sa veste et sur l’arrière les
deux lettres comme les véhicules sur nos autoroutes, les deux initiales du pays d’où nous viendrions ? Devrons-nous à l’avenir avoir une carte d’identité sur laquelle apparaîtrait notre
arbre généalogique ? Faudra-t-il pour cette carte une couleur dégradée suivant son origine du blanc ou rouge sombre afin d’être plus vite repéré ?
Nicolas Sarkozy vient d’inventer un nouveau délit celui du délit d’origine. Nicolas Sarkozy vient de briser une fois de plus l’unité nationale. Il fait
exploser un des principes fondamentaux de la République celui de l’unité de sa nationalité, qui était la seule valable, celle juridique qui disait que l’on était Français une fois pour toute et
que de ce fait nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. Cette proposition est celle qui clôt d’une brutalité inouïe ce débat initié pour récupérer les voix des fauves de la
nation. La République s’est décrétée une et indivisible, Nicolas Sarkozy en veut faire deux et divisée(s).
Cette loi de pourra pas passer car elle sera anti-constitutionnelle, cependant cela ne changera rien au fait qu’elle aura été voulue par Nicolas Sarkozy et
ça nous ne l’oublierons jamais.
Nicolas Sarkozy a voulu mettre au front de notre pays le rouge de la honte, nous avons l’imminent devoir et l’impérieuse nécessité de l’en
empêcher. Soyons vigilants et actifs. Initions une pétition. Cela va aussi être un moment de vérité pour les autres personnalités politiques : qui soutiendra et qui condamnera
cette initiative et nous apposerons sur chacune de leurs affiches électorales comme le R marqué au fer chaud sur l’épaule des renégats, le H de la honte.
Imothep