Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
La Plume d'Aliocha - Blogueuse associée | Vendredi 4 Novembre 2011 vu dans marianne2.fr
Antigone (Wikimedia - Charles Francois Jalabert)
Ah, comme
elle nous ennuie la Grèce !
Comme il est malvenu ce referendum. Songez-donc, c’est comme si vous faisiez la mendicité dans le métro à un groupe de clochards et que ceux-ci s’obstinent à vouloir voter pour savoir s’ils
acceptent l’aumône, au risque de vous faire louper la rame.
La Grèce, c’est 2% du PIB européen et 4% de la dette, répètent à l’envi les économistes, c’est 11 millions de personnes qui mettent en péril 320 millions d’autres (hier soir
dans C dans l’air), c’est un peuple corrompu, feignant, aux poches percées qui risque bien de faire couler l’Europe et peut-être même l’ensemble de
la planète économie. Un caillou dans les Berluti des financiers, une courbe en chute libre sur un automate de trading, une épine dans le pied du géant chinois, le fils prodigue de l’Europe…ou
pas. Une saleté vous dis-je, vu de l’Olympe des pays riches. Entendez-vous Créon faire la leçon à Antigone ? Exprimer la voix de la raison, de la sécurité collective, du vivre économique
ensemble, du PIB, de la dette, des comptes des banques, des marchés financiers. Voyez comme elle se cabre, Antigone. En Grèce et partout ailleurs, jusqu’au pied des tours de Wall Street, dans le
coeur glacé de la planète finance. Ils ont raison les pays riches de vouloir la ramener au pas de leurs valeurs. Qu’on le veuille ou non, ce sont elles qui dominent. Il faut obéir, ou mourir.
Elle a raison de résister depuis des mois, d’invoquer d’autres valeurs. A la fin de l’histoire, Antigone se suicide. Et Créon reste seul au milieu de ses
morts…