Le Président de la République, si ce dernier mot a encore un sens, vient d’adresser en toute illégalité, ce qui est très fort de la part de quelqu’un
qui, de part ses fonctions, se trouve être le garant de la constitution, un courrier demandant aux parlementaires d’accepter une modification constitutionnelle intégrant le refus de tout
déficit budgétaire afin d’en faire une règle.
Sur le plan de la forme, Monsieur Sarkozy, Avocat paraît-il de
formation, a tout simplement oublié que "la Constitution ne prévoit que deux modes de communication du président de la République avec les parlementaires" : l'article 18 alinéa 1
de la Constitution, qui prévoit qu'il doit communiquer "par des messages qu'il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat", et l'article 18 alinéa 2, selon lequel le Président
"peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès". C’est dire si on peut lui faire confiance quant à ses connaissances juridiques, à moins qu’il ne se croit
encore sous l’ancien régime en mettant les parlementaires à disposition du fait du prince.
Sur le plan du fond, une telle disposition, si elle était gravée dans
le marbre constitutionnel reviendrait à faire supporter le poids du déficit par les seul salariés, retraités et autres avantages sociaux. C’est sans doute le but de la manœuvre. Espérons que les
parlementaires socialistes, si ce mot a encore un sens pour eux depuis l’adoption du traité de Lisbonne, ne tomberont pas dans le piège qui leur est tendu. A défaut il seraient les complices
d’une régression sociale sans précédent à l’image de ce que font les socialistes de Grèce, du Portugal et d’Espagne.
Jacky Eouzan
Chargé des relations extérieures de République et Socialisme