Hélas ! Dès le lendemain les cours boursiers recommencent à dégringoler. Le 29 octobre, le premier Ministre Grec, Georges Papandréou, déclare qu’il va
soumettre à l’accord du 27 octobre à un référendum et accentue la panique des marchés financiers.
Sarkozy, oubliant les paroles de son ministre des Affaires étrangères le 6 mai 2010, menace la Grèce d’une sortie de l’euro et d’un retour à la drachme.
Il faut dire que l’idée que les peuples aient leur mot à dire dans la crise de la dette publique l’a fait sortir de ces gonds.
Les marchés ne sont pas rassurés pour autant. Les cours boursiers continuent à dégringoler, particulièrement ceux des valeurs bancaires italiennes et
françaises.
Aux grands maux, les grands remèdes. Les marchés ayant voté avec leurs bulletins de vote, les taux d’intérêt, Georges Papandréou et Silvio Berlusconi
deux chefs de gouvernement issus d’une majorité élue au suffrage universel (quoi que l’on pense par ailleurs de ces deux personnages) sont expulsés du pouvoir et remplacés, à la mi-novembre,
par deux anciens de la banque Goldman Sachs : Lucas Papadémos en Grèce et Mario Monti en Italie. Ils font aussitôt voter de nouveaux plans d’austérité par leurs parlements respectifs. Avec
Mario Draghi nommé à la tête de la BCE les anciens de Goldman Sachs (la banque qui avait aidé le gouvernement Caramanlis à maquiller les comptes publics grecs) se taillent la part du lion
dans l’Union européenne.
Hélas ! Même avec les Goldman’s boys aux commandes, les marchés ne sont toujours pas rassurés. La valeur de l’euro bat de l’aile (ce qui en d’autres
circonstances pourrait être une bonne nouvelle). La France est menacée de perdre son triple A. La droite accuse François Hollande, qui se contente de constater que les marchés considèrent
depuis un certain temps que ce triple A est perdu, de torpiller la France. Le 25 novembre 2011, les obligations italiennes à deux ans se sont négociées à un taux de 7,8 % contre 4,6 % lors de
la précédente émission.
Merkel et Sarkozy imposent alors un nouvel accord européen, le 9 décembre 2011. Cet accord tente d’infliger une « règle d’or » budgétaire à tous les
pays européens. Cette règle de plomb, si elle était adoptée, signifieraient des plans d’austérité à répétition et un recul considérable de la démocratie dans tous les pays signataires qui,
après avoir perdu tout pouvoir sur la politique monétaire avec le traité de Maastricht, perdraient la plus grande partie de leur pouvoir budgétaire.
Hélas ! Les marchés ne sont toujours pas rassurés. Les cours boursiers continuent à faire du yo-yo. Le triple A français paraît définitivement perdu et
Sarkozy affirme maintenant que cette perte ne serait pas « insurmontable » : ce que la droite appelait, hier, torpiller la France. La crise bancaire, lourde d’une crise systémique,
s’accentue, obligeant les six principales banques centrales du monde à mettre sous perfusion les banques européennes pour que leur approvisionnement en dollars ne soit pas
interrompu.
L’Insee annonce que la France et l’Union européenne viennent d’entrer en récession : la généralisation de
l’austérité a généralisé la récession.
Jean-Jacques Chavigné
Gérard Filoche