Il n'est plus rouge, il n'est pas rose -ou pas encore- (ami de Kouchner depuis leurs vingt ans, "ils s'adorent, ils rient beaucoup, ils s'écoutent, ils se
disputent, ils sont souvent d'accord").
Il serait donc vert ?
Eh bien, Vert non plus, si l'on se fie à ce qu'il dit lui-même dans des entretiens accordés pour Une envie de politique (La Découverte, 1998).
« Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché », confesse DanielCohn-Bendit. La société est à ses yeux « inévitablement de marché ».
Délocalisations. DanielCohn-Bendit défend la course au moins-disant social : « Si Renault
peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne, où, ne l’oublions pas, il y a plus de 20 % de chômage. »
Sur la culture, Daniel Cohn-Bendit défend la vision selon laquelle « l’artiste doit trouver lui-même son propre marché », sans subventions.
L’ex-étudiant de Nanterre n’a rien contre le fait que les jeunes soient payés moins que le SMIC « si en échange d’un salaire réduit pendant trois ou quatre ans, on leur donne la garantie d’accéder
ensuite à un emploi ordinaire ».
Daniel Cohn-Bendit se déclare pour l’autonomie des établissements scolaires, pour qu’ils fassent sans l’État leurs propres choix de professeurs et d’enseignements. Il n’est pas opposé à l’appel aux
fonds privés pour ces établissements afin de créer de « véritables joint-ventures avec les entreprises » et ajoute que « naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus
de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 ».
Privatisation des services publics. Daniel Cohn-Bendit ne conçoit pas l’économie autrement que l’économie des multinationales, de la pub, de la globalisation et des TGV. Les marchés publics doivent
être ouverts à la concurrence. « Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État. » Il insiste : « Il n’y a pas de raison qu’il
existe un service public de télévision. »
Daniel Cohn-Bendit se déclare pour le travail le dimanche. « Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end. » La légalisation du travail le
dimanche est avant tout profitable aux multinationales contre les entreprises de type familial. Mais l’eurodéputé met sur le même plan ces deux économies différentes
La protection sociale doit « évoluer », la gauche défend « une vision bloquée de la société », l’extrême-gauche est « une forme de réaction conservatrice »…
Concernant l’Europe, il faut savoir que Daniel Cohn-Bendit a été un grand défenseur de l’euro et de l’indépendance de la Banque centrale européenne, qui empêche tout contrôle des États membres sur
leur politique monétaire.
A l'université d’été du Medef de septembre 2000, l’insaisissable Dany : “Votre question, le capitalisme est-il moral ?, ne m’intéresse pas. Arrêtez ! laissez ça aux curés ! Le souci des
capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison.”
Ces options économiques nettement libérales l’éloignent de la majorité des écologistes européens qui considèrent que le dogme libéral est incompatible avec les moyens que nécessitent la
préservation de la planète et le combat pour la justice sociale et donc avec le paradigme écologiste.
La direction du parti des Verts, suivant une majorité de militants, avait appelé à voter OUI au Traité de Constitution pour l'Europe.
Après le bilan plutôt satisfaisant des travaux de la Convention sur l'avenir de l'Europe, Cohn-Bendit adresse aux gouvernements se réunissant dans une conférence inter-gouvernementale, une lettre
dans laquelle il les adjure d'adopter en 3e partie du TCE une procédure de révision moins lourde, ne reposant pas sur l’unanimité, et un mode de ratification où le refus d’un seul pays ne puisse
pas bloquer tous les autres.
Aujourd'hui il veut faire revoter les Suisses... mais il n'a pas dit un un mot sur le vote par les députés du Traité Constitutonnel dans le dos des citoyens
Français. Quel homme de gauche....!