Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
On connait la règle sarkozyenne : un problème ? vite une loi. Et par extension : un déficit ? vite un changement de la
constitution! Ce matin à l’Elysée, l’hyperprésident va démontrer aux médias qu’il a, encore une fois, réponse à tout. Face au déficit historique des finances publiques (-8,2% du PIB),
il va annoncer selon Les Echos, la constitution d’un groupe de travail afin d’étudier l’introduction dans la constitution du principe d’équilibre des fiances publiques. Pourquoi
pas, après tout, puisque la France est en déficit depuis plus de trente ans ?
Sauf que la France est déjà dotée d’une « règle d’or » : par les traités européens de Maastricht et d’Amsterdam, elle s’est
contrainte (le traité est supérieur à la loi, comme la constitution) à respecter des critères : pas plus de 3% du PIB pour le déficit public, pas plus de 60 % du PIB pour la dette.
Evidemment cette règle n’est pas respectée. Pourquoi ? Parce que c’est difficile. La règle avait m^me été qualifiée « d’imbécile » par la commission européenne ! La
« règle de Delpla » (du nom de l’économiste libéral et ami de Sarkozy, membre de la commission du grand emprunt), qui cherche à établir le zéro déficit en 2014 pourrait bien
se révéler encore plus bète. Car pour réduire la dette, il n’est pas besoin d’un zéro déficit public, il faut un « excédent primaire », définition qui
consiste à ne devoir emprunter que le minimum pour rembourser la dette déjà constituée. Ensuite plus il y a de croissance, plus la dette se réduit vite. En France le dernier
(court) épisode date de 2000, sous le gouvernement Jospin. Les excédents budgétaires importants, avaient provoqué une réaction irresponsable de la droite, qui avait dénoncé une
« cagnotte », et exigé qu’elle soit « restituée aux Français sous forme de baisse d’impôts, alors que Laurent Fabius voulait les consacrer entièrement au désendettement
du pays, ce qui aurait rendu service non seulement au pays tout entier, mais aussi à l’UMP qui devait arriver au pouvoir en 2002. Depuis lors la droite ne cesse d’appeler à la réduction
de la dette tout en multipliant les exonérations fiscales voir le dossier de Libération . Le même personnel politique veut aujourd’hui nous faire croire qu’il
va devenir vertueux dans cinq ans, s’il est réelu, bien sûr, alors que l'opération n'a qu'une fonction: faire passer le Grand Emprunt (35 milliards) au Parlement alors qu'une grande
partie de la majorité de droite y est rétive.!
Source Hervé Nathan Journaliste indépendant