« C’est Noel, offrez vous un crédit. » Comme chaque année, à la télévision, dans les boites à lettres, dans les grandes surfaces, l’imminence
des fêtes se traduit par une intensification des propositions. Facilité de paiement, prêts personnels ou à la consommation, les établissements de crédits rivalisent pour ne pas rater la
haute saison de ce business. D’autant que, les ménages confrontés à une stagnation de leur pouvoir d’achat feront, cette année encore, d’avantage appel au crédit pour financer les fêtes.
Crise et chômage obligent, la dépense moyenne estimée à 605 euros baissera de 4 % selon le cabinet Deloitte.
Mais ces prêts financent-ils vraiment des produits durables (automobile, ordinateur, textile) comme le voudrait la théorie économique
?
Deux statistiques récemment publiée donnent à voir un paradoxe apparent. En octobre, la consommation des ménages en produits manufacturés a chuté de
0,7%, tandis que les crédits aux ménages destinés à l’acquisition de ces biens ont progressé de 2,5%. Un mois à part ? Pas du tout, cela est vrai, au moins depuis 2005, comme le montre
notre graphique. Pis : depuis de la crise, la courbe de la consommation stagne autour de 22 milliards d’€ mensuel. Celle de l’endettement des ménages continue, elle, de progresser pour
atteindre un encours de 161,4 milliards. Soit respectivement une mini-hausse de de la consommation de 11,5 % et plus du double pour le crédit avec +25 %.
Résultat : en janvier 2005, cette dette couvrait 197 jours de consommation, puis 202 jours, en octobre 2007, à la veille de la crise. Aujourd’hui :
221 jours. Où est passée la différence sinon dans le reste de la consommation : la nourriture, les loyers, les factures. Bref dans les fin de mois difficiles de nombreux foyers comme
l'éclaire une étude du Secours
catholique.