Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Quand on n’évoque les difficultés financières de la Grèce, nous ne devons pas écrire « ses dettes » ou « les dettes grecques »,
car il s’agit en fait de dettes contractées auprès de prêteurs non grecs par des emprunteurs publics ou privés établis en Grèce.
Sur les 150 milliards d’euros de dettes avouées, les deux tiers sont des dettes privées.
La finance internationale considère que c’est à l’État grec de voler au secours des créanciers privés que le défaut de leurs débiteurs risquerait de
placer dans une situation inconfortable.
Et ce, même si l’état et le gouvernement grecs n’étaient pour rien dans la souscription de ces emprunts et dans l’impossibilité du secteur privé de
les rembourser.
Remarquons quand même que les deux grandes familles qui se succèdent au pouvoir depuis la fin de la guerre, les Caramanlis et les Papandréou-s, ne
peuvent pas ignorer de tels enjeux financiers.
Ainsi, le gouvernement grec a annoncé le 23 mai 6 milliards d’euros d’économies en vue de ramener le déficit public à 7,5 % du PIB grec dès cette
année 2011.
De plus, afin de réduire la dette publique le gouvernement a annoncé la vente “immédiate” de participations publiques dans :
Mais il y a plus avec la création d’un « fonds souverain » pour accélérer les privatisations de services publics et la vente de biens
immobiliers publics.
Il faut savoir que les fonds « souverains » sont des fonds publics d’investissement appartenant à des administrations publiques et
répondant à des critères et des objectifs internationaux précis :
En clair, par l’intermédiaire de ces « fonds », un gouvernement utilise le produit des impôts et taxes pour financer des projets à
l’étranger sans objectif de rentabilité, c’est à dire à fonds perdu et sans faire concurrence aux banques privées sur les marchés des emprunts d’État.
Sachant que la gestion de ces fonds publics doit répondre au strict respect de la concurrence libre et non faussée et utiliser les
services d’opérateurs privés, il y a gros à parier qu’ils ne sont pas les derniers à être orientés vers les opérations les plus risquées.
C’est par de tels canaux que l’argent des impôts et des fonds sociaux publics peuvent être mis à la disposition des grands spéculateurs qui
« arbitrent » en faveur de leurs intérêts personnels, fut-ce au dépens de tous les autres. C’est ainsi que se sont creusées les pertes des banques publiques comme DEXIA en
France, celles des fonds de pension des gestionnaires des retraites des fonctionnaires californiens (CALPERS) et que de nombreuses collectivités locales françaises se sont trouvées en
possessions « d’obligations pourries ».
Nota : voici, selon « La Tribune » (Copyright Reuters) du 3 juin 2011, le détail des participations publiques promises à la vente pour récupérer 50 milliards d’euros d’ici 2015 et réduire la dette de 340 milliards d’euros. Nulle que de telles listes soient mises à jour par pays et par les agences de notation et les principales banques privées à destination de leurs clients.
(le capital détenu - la part que le gouvernement prévoit de céder - la date prévue pour la privatisation)