Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Sarkozy a plusieurs qualités, inédites, jusqu'à présent, chez un Président de la République:
1 -Il a prouvé qu'il n'était nullement nécessaire d'atteindre la maturité psychologique pour exercer cette fonction; ayant eu une enfance financièrement
difficile, il est toujours admiratif devant sa réussite, et, comme un gamin, il tient à le faire publiquement savoir, même si cela lui nuit politiquement: soirée du Fouquet's pour bien afficher
ses liens avec les milieux de la haute finance que d'autres cherchent plutôt à dissimuler, retraite avant de commencer à exercer sa fonction (le mot retraite évoquant plutôt une période de
recueillement et d'introspection dans une abbaye cistercienne) sur le yacht d'un homme d'affaires, alors que ce ne sont pas les résidences de luxe qui manquent à un Président; triplement officiel
de son salaire, alors que ce ne sont pas les moyens plus discrets de décupler ses revenus officiels qui manquent à un Président, etc.;
2 -Il a prouvé qu'on pouvait totalement déconnecter ses discours de ses actes: Guaino pour les discours sur la nécessité de réguler le capitalisme qu'un
leader de gauche pourrait tenir, action toujours en faveur de la haute finance: aujourd'hui encore, où il est question de s'attaquer aux niches fiscales, on ne parle pas de celle créée par son
gouvernement, à l'initiative de Copé, sur la défiscalisation du bénéfice des ventes de leurs filiales par les grandes sociétés (3 milliards par an);
3- Il a le sens de l'amitié (encouragements publics à Johnny Halliday lorsqu'il tentait de s'exiler fiscalement à Gstaad) et celui de la famille (tentative
de nomination de son fils à la tête de l' EPAD, récompensant les qualités exceptionnelles de persévérance d'un garçon qui est en train de tripler sa deuxième année de droit);
4- Il a su innover le style des conférences de presse ("Carla et moi, c'est du sérieux": imagine-t-on De Gaulle lançant "Yvonne et moi, c'est du sérieux"?)
et tirer les conséquences de ses échecs (cette conférence fut la première et la dernière de son quinquennat);
5- Il a compris qu'en politique, les effets d'annonce comptent plus que les réalisations: on attend encore les décrets d'application de la loi sur les tests
ADN des regroupements familiaux, et la loi organique permettant les référendums d'initiative populaire prévus par la réforme constitutionnelle qu'il a fait voter;
6-Il a prouvé, avec la mise en scène de la politique d'expulsion des Roms (qui continue exactement au même rythme que les années précédentes) que l'image de
la France comptait moins que les stratégies électoralistes;
7- Il est fidèle à lui-même, multipliant les "opérations coup de poing" dans les cités, dont l'inefficacité n'est plus à démontrer, et en supprimant la
police de proximité dont tout le monde déplore la disparition;
8- Surtout, il sait se protéger de ses points faibles, comme il l'a prouvé en déclarant à Michel Onfray "Je ne connais pas de phrase plus stupide que le
"connais-toi toi-même" de Socrate"; car, s'il se connaissait lui-même, il n'aurait jamais été candidat à la Présidence.
Elie Arié
Ancien Responsable Santé du MRC