Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Les Américains n’ont toujours pas retenu la leçon du crack de 1929. Le crédit et la spéculation restent les cancers de l’économie ultralibérale américaine. Les mêmes causes vont provoquer les mêmes conséquences. La crise des « subprimes », en 2008, avait pourtant servi d’alarme. Mais les capitalistes s’accrochent à leur juteux modèle économique. Obama vient d’en faire les frais à propos du relèvement du plafond de la dette US !
Les Américains, plus exactement leurs représentants et sénateurs républicains, gardiens du temple mondial du capitalisme financier et de l’ultralibéralisme économique, continuent à jouer les apprentis sorciers, en refusant une réforme profonde de leur système financier et une remise à plat du système monétaire international.
La reine spéculation ne veut pas lâcher prise au pays de l’oncle Sam, au moment où un nouveau Bretton Woods paraît inévitable. Le relèvement du plafond de la dette de 2100 milliards de dollars, obtenu in extremis par la Maison Blanche, va agir comme un cautère sur une jambe de bois. Pas davantage !
L’aveuglement cupide outre-Atlantique rend inéluctable et salutaire l’effondrement du système capitaliste. Obama a bien tenté d’imposer des réformes, mais il s’est heurté à la puissance conservatrice du Congrès, y compris dans ses propres rangs "démocrate".
D’un mal, le président américain s’est résolu à choisir le moindre, à court terme, tout en sachant l’insuffisance, sur le fond, des décisions avalisées en dernier ressort par les sénateurs américains, mardi 2 août, pour éviter à l’Etat la cessation de paiement.
La spéculation généralisée gangrène l’économie mondiale
La spéculation généralisée, -sur les produits manufacturés, les monnaies, les matières premières et, depuis quelques années, ce qui est très inquiétant, sur les productions agricoles-, par les fonds spéculatifs, a développé de façon incontrôlée des flux financiers, décorrélés de la réalité des échanges commerciaux.
Sans se soucier, bien évidemment des conséquences dévastatrices pour des milliards d’êtres humains, pris au piège d’une mondialisation dont ils ne comprennent pas grand-chose, si ce n’est qu’elle les plonge dans des difficultés de vie grandissantes, notamment quand, du jour au lendemain, les prix de tel ou tel aliment de base, atteignent des sommets, sans autre raison que la spéculation sur les marchés mondiaux.
En 2008, le très conservateur secrétaire d’Etat au Trésor, Henry Paulson, avait pris conscience du trou abyssal des dettes bancaires au USA, disséminées dans des produits financiers opaques à travers le système bancaire planétaire, que le crack boursier a rendu irrécouvrables.
Le rachat des actifs toxiques a aggravé l’endettement
Pour sauver le système bancaire américain, en accord avec Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale, lequel souhaitait une réforme en profondeur, Paulson, contre ses convictions libérales, avait fait acheter pour 700 milliards d’actifs toxiques par l’Etat Fédéral, contraignant les banques à accepter une « nationalisation » partielle. En contrepartie, le prix à payer par les USA a été un alourdissement de sa dette, sans aucune solution à long terme !
Si elle a permis d’éviter une catastrophe, la mesure n’a pas assaini un système, contaminé par la spéculation généralisée et non maîtrisée. Prisonnier de sa culture du marché libre, Paulson a refusé de le voir, alors que s’imposait une remise à plat du système monétaire et financier international, dans le but de réguler les flux financiers, et d’éviter les dérives spéculatives au nom du profit, notamment en exerçant un contrôle renforcé sur les activités des banques.
Le système économique américain, essentiellement basé sur les échanges à crédit, a donc continué à fonctionner sur le modèle ultralibéral. Il ne pouvait donc éviter de se retrouver gangrené par 14 000 milliards de dollars de dettes accumulées, qui ont maintenu artificiellement l’économie à flot jusque-là.
Reste que le pays vit très largement au-dessus de ses moyens depuis des décennies, ce qui en fait un géant aux pieds d’argile ! Peut-il continuer indéfiniment dans cette voie absurde ? Oui, malheureusement, si l’on s’en réfère à la mentalité américaine !
Les USA piégés par le crédit et la spéculation
Le recours systématique au crédit s’avère depuis toujours le talon d’Achille de l’économie ultralibérale américaine. Au nom du sacrosaint libéralisme, le pays et ses habitants ne savent vivre qu’en empruntant et en spéculant. Ils ont exporté leur modèle vérolé dans un monde impréparé à la culture anglo-saxonne, reposant sur la reine « compétition ». Une loi de la jungle institutionnalisée, sacralisée, où seuls les plus forts et les plus fortunés s’en tirent.
Les dégâts sont considérables, en termes de pauvreté, en Afrique notamment, où nombre de pays ont cru à un développement copié sur l’essor américain, et se sont fourvoyés dans un endettement endémique, aggravé par la corruption des dirigeants. Ces pays se tournent désormais vers la Chine, un partenaire, apparemment, plus soucieux de bilatéralité.
Les crises démarrent généralement aux USA, que deux guerres mondiales successives ont hissé au statut de sauveur du monde « libre » et première puissance économique de la planète.
C’est en juillet 1944, suite aux accords de Bretton Woods, que les Américains ont imposé le dollar comme monnaie mondiale de référence. Un statut renforcé par l’abandon de la possible conversion du dollar en or, en 1971, par Nixon l’ultra conservateur, et l’adossement à un système monétaire reposant sur la fluctuation du marché. La boîte de pandore des spéculateurs capitalistes était, dès lors, grande ouverte.
En 2007, Sarkozy l’incompétent, prônait l’endettement
A la même époque, en France, la pression des banques, à laquelle l’ancien directeur de la banque Rothschild, Georges Pompidou, a « amicalement » cédé, a abouti à la loi Giscard en 1973, qui a donné, de fait, le pouvoir exorbitant aux banques de créer de la monnaie « scripturale », par le biais du crédit, en retirant à la Banque de France son pouvoir de prêter à l’Etat. Ce qui n’a fait qu’aggraver l’endettement de l’Etat.
« L'obligation de passer par les banques commerciales pour se financer représente pour l'Etat un coût démesuré. » Alain Grandjean a estimé que « la dette de l'Etat est passée de 500 milliards de francs fin 1980 à environ 1800 milliards fin 1990. Sur ces 1800 milliards, 1000 représentaient les intérêts versés ».
« Derudder et Holbeck ont calculé que la dette des administrations publiques avait augmenté de 861 milliards d'euros entre 1980 et 2004. Les intérêts versés en représentaient 650 milliards. S'il n'y avait pas eu d'intérêts à payer la dette se serait située fin 2004 à 417 milliards d'euros au lieu de 1067 ».
[Source Wikipédia-> http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr&...]
Cherchant à calquer le modèle américain sur un modèle français plus thésaurisateur, dès son élection, dans un contexte de pré-crise pourtant annoncée, faisant fi du taux d’endettement déjà élevé (plus de 62% du revenu disponible), Sarkozy incitait vivement les Français à recourir massivement au crédit.
Il était, bien entendu, soutenu par les « doctes » économistes autistes ultra libéraux, les Cohen, Marseille, et autres Godet qui se répandaient sur les plateaux télé avec leur slogan « Endettez-vous » ! Les sceptiques, qui criaient à la catastrophe, se voyaient traités d’ignares, de nuls en économie…
L’effondrement du modèle américain ultralibéral
La crise financière et économique, qui dure depuis 2008, a battu en brèches les certitudes des suppôts sarkoziens.
La culture ultralibérale américaine -ou loi de la jungle- est en perdition. Ce qui est une bonne chose. Les bonnes intentions d’Obama pourront-elles accompagner, voire amplifier le changement ? Pas sûr, tant les riches résistent.
Un état de fait qui devrait faire s’interroger certains candidats d’obédience libérale, socialistes et autres, sur le modèle de société à proposer aux Français, en 2012.
Car, indéniablement, cupidité humaine oblige, la crise du capitalisme restera endémique. Elle ne trouvera vraisemblablement d’issue que dans une réforme radicale ou… dans son effondrement !
Verdi