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L’aveuglement dans un brouillard artificiel
Coucou, voila les élections ! Et soudain, chacun de s’affoler, de pérorer à tout
va. Telle est la nature de la présidentielle.
Dans une conception démocratique, un scrutin se définit comme un moment plus intense que les autres où se confrontent les analyses, les options, les
perspectives. Mais l’élection présidentielle s’apparente malheureusement plutôt à un concours de beauté ou à un match de boxe qu’à un échange d’idées faisant émerger une vision de
l’intérêt général. Les candidats s’affronteront d’ailleurs souvent avec d’autant plus d’acharnement que leurs options seront proches . Alors fleurit la démagogie. On voit ainsi un
Président, au pouvoir depuis 5 ans, proposer à tout va des référendum, histoire sans doute d’avoir un soutien des électeurs tentés par l’extrême droite. De la part de quelqu’un qui a
piétiné le vote des Français au référendum de 2005 sur le traité Constitutionnel européen, la chose paraît pour le moins déconcertante.
Dans un tel contexte, le citoyen se transforme en supporteur plutôt qu’il n’exerce son rôle d’acteur fondamental de la vie publique. Où est sa
responsabilité, sur quoi s’exprime son libre arbitre ? D’ailleurs que lui reste-t-il comme choix alors que tant de « contraintes » ressassées jusqu’à l’écœurement circonscrivent l’avenir
? Même le passé lui échappe. Comme aux beaux temps de l’Union soviétique, l’Histoire devient officielle .
Pourtant, nous vivons un moment crucial de notre histoire. Les graves difficultés sociales qui pèsent sur tous (enfin presque tous), les
bouleversements géopolitiques qui représentent autant de défis… tout cela nécessitent des citoyens éclairés et actifs autant qu’un corps social mobilisé pour l’intérêt général. Mais le
peuple, censé être propriétaire de la souveraineté, se voit privé de réel pouvoir et le pays s’englue dans des contraintes internationales sur lesquelles il a de moins en moins de prise,
en particulier au sein de l’Union européenne .
Il ne s’agit évidemment pas de dire que l’élection n’a pas de sens ; il est en revanche nécessaire de montrer à quel point cet intense moment est
dévoyé de sa nature et de sa force. Agir au-delà de ce moment pour reconstruire la démocratie et la citoyenneté est aujourd’hui le véritable enjeu. C’est tout le sens de notre
action.
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