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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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LE NOUVEL IMPERIALISME...

OTAN et G20, les armes des Puissants pour dominer le monde

Le Nouveau Bastille République Nations

Les puissants de ce monde seraient-ils gagnés par un esprit impérial mondialisé ? Grâce à l'OTAN et au G20, les dirigeants des nations les plus fortes étendent leur domination militaire et économique aux quatre coins du monde. La régression, pour le Nouveau Bastille République Nations, de l'égalité entre les pays.



Séoul, 11 novembre ; Lisbonne, 19 novembre. Guère plus d’une semaine s’est écoulée entre le Sommet de l’OTAN et celui du G20. Mettre en perspective ces deux événements majeurs peut éclairer l’état actuel des relations internationales.

D’un côté, une alliance militaro-politique, née de et pour la Guerre froide. Le Pacte de Varsovie dissout, on aurait pu naïvement penser que l’OTAN perdrait sa raison d’être affiché, et allait donc s’auto-dissoudre. Il n’en fut pas précisément ainsi. L’Alliance phagocyta la plupart des ennemis d’hier, puis, dès 1999, élargit son terrain de jeu initial de l’espace euro-atlantique à la planète entière, et commença par bombarder, trois mois durant, l’ex-Yougoslavie. Depuis, l’Alliance n’a cessé d’avoir des fourmis dans les obus – les Afghans en savent quelque chose. Le sommet de Lisbonne vient d’acter un « nouveau concept stratégique », avec pour ambition de disposer d’un bras armé le plus flexible possible pour intervenir aux quatre coins du monde. La rhétorique officielle évoque la nécessité de faire face aux « nouvelles menaces contre les intérêts de sécurité fondamentaux des Alliés ». Un concept, on en conviendra, particulièrement extensif.

De l’autre, une structure, le G20, censée permettre une concertation entre les pays disposant des économies les plus puissantes. Le concept date de 1999. Mais c’est en 2008 qu’il fut vraiment convoqué sur le devant de la scène, lorsque, face à une crise d’une brutalité inouïe, il apparut que le G8 ne pouvait plus snober les « grands émergents ». Le G20 comprend donc des puissances aux visions et aux intérêts différents, voire contradictoires. Mais il a hérité du G8 un gêne qui fonde sa philosophie : c’est aux plus puissants que revient la responsabilité de régenter le monde. Une impressionnante régression sur le principe fondateur des Nations-Unies, à savoir l’égalité entre les pays : un État, une voix.

La gouvernance mondiale revient à retirer aux peuples leur existence, en tant que sujets politiques souverains. Certes, l’horizon cauchemardesque d’un « gouvernement du monde » – le ressort qui définit en réalité l’essence de tout empire – est inatteignable au sens strict. Les velléités des puissants à en imposer l’ébauche n’en sont pas moins porteuses de redoutables menaces. Un esprit impérial mondialisé – a fortiori accompagné de rivalités croissantes – jouxtant le renforcement d’une structure atlantique militaire intégrée, voilà qui ne saurait rassurer. Qui plus est, le sommet de Lisbonne a notamment décidé de renforcer la proximité opérationnelle entre UE et OTAN (le conseiller du président de la Commission européenne proposant même que la première adhère à la seconde…).


L’Allemagne est en passe d’adopter une réforme majeure de son armée, qui deviendrait exclusivement professionnelle. Le jeune et ambitieux ministre de la Défense – qui pourrait bien être le prochain chancelier – n’a pas caché que les objectifs de cette transformation ne sont pas qu’une affaire de gros sous. Pour sa part, le Royaume-Uni vient de passer des accords militaires cruciaux et multi-domaines avec la France : les dirigeants des deux pays en attendent notamment le renforcement des capacités de « projection » communes.

Côté français, clin d’œil de l’Histoire, il reviendra au maire de la métropole d’Aquitaine de traiter avec les Anglais pour mettre cette coopération en musique. A cet égard, un point n’a guère attiré l’attention des commentateurs, pourtant diserts sur le récent remaniement. On sait qu’Alain Juppé n’entendait pas se voir confier un portefeuille de seconde zone. Or on ne connaissait pas au brillant inspecteur des finances une appétence particulière pour la chose militaire. Certes, des considérations de cuisine politique interne ont joué. Il reste que, pour la première fois dans l’histoire de la République, le ministre de la Défense (un terme au demeurant impropre) tient la première place dans l’ordre protocolaire du gouvernement. Pris isolément, le détail ne mérite peut-être pas d’être surinterprété.

Tout de même, ça fait drôle, non ?

Article tiré du Journal République Bastille Nation

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