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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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LA REPUBLIQUE DES BANANES & de l'AMORALITE

FAITES CE QUE JE DIS...PAS CE QUE JE FAIS...

 

L'utilisation des moyens publics à des fins privées est l'une des  spécificités françaises. En d'autres lieux, sous d'autres cieux, les ministres Christian Blanc, Eric Woerth, Christian Estrosi, Fadela Amara, et Alain Joyandet auraient tous démissionné. En Allemagne, l'utilisation d'une voiture de fonction pour un déplacement privé a coûté sa place à un ministre. Au Canada, il n'y a pas de voiture de fonction. En Angleterre, le scandale des notes de frais a eu raison du tout nouveau ministre des finances de David Cameron.

En France, on cultive nos bananes et on donne des leçons au monde entier.
Christian Blanc s'est empressé de dénoncer l'un de ses anciens collaborateurs comme l'auteur de ses dépenses de cigares et des fuites à la presse. Du vrai courage ! Son collègue Joyandet a abandonné son projet d'agrandissement contesté de villa à Saint Tropez.

Eric Woerth a tenté de
déminer l'affaire qui l'emporte depuis la publication, le 16 juin dernier, d'enregistrements pirates de conversation entre Liliane Bettencourt et son gestionnaire de fortune. Le Woerthgate est devenu une affaire d'Etat. L'épouse du ministre, qui conseille les placements de Mme Bettencourt, a été embauchée quelques mois après l'élection de Sarkozy en 2007. Le gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, a été décoré de la Légion d'Honneur, quelques semaines plus tard par Eric Woerth, ministre du Budget.

 

Des soupçons d'évasion fiscale sont apparus. Eric Woerth, trésorier de l'UMP, était allé en Suisse en mars 2007 récolter quelques fonds auprès de sympathisants UMP. Le comité suisse de soutien à Nicolas Sarkozy comptait environ 150 000 supporteurs avant l'élection présidentielle. La riposte, le week-end dernier, usa de trois arguments. Eric Woerth, soutenu par les proches du président, a crié au complot. Ensuite, il a répété que ni son épouse ni lui n'avaient rien commis d'illégal, ce qui est vrai. Florence Woerth a confirmé cependant qu'elle quitterait les services de Mme Bettencourt d'ici quelques semaines. Enfin, François Baroin a promis de publier les bons résultats de l'action de son prédécesseur Woerth contre la fraude fiscale. Un milliard d'euros auraient été récupérés en 12 mois. On se souvient des gesticulations du ministre du budget en 2009. Il avait créé une cellule spéciale pour accueillir les évadés fiscaux soucieux de régulariser leur situation. Il leur avait donné jusqu'au 31 décembre pour se mettre en conformité avec la loi. Il avait même brandi une liste de suspects, récupérée dans des conditions troubles auprès de la banque HSBC.

Le jeune homme interpellé mercredi soir pour outrage à chef de l'Etat n'aura pas bénéficié de la même clémence. Il n'est pas millionnaire, ni exilé en Suisse.


En fin de semaine,
la France médiatique s'inquiétait du licenciement des humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sur France Inter. L'affaire est symbolique. Après les intrigues présidentielles pour sécuriser la reprise du quotidien Le Monde, voici la fin de l'humour caustique et souvent politique, sans oublier d'autres départs ou mises au placard à France Inter. La tranche était la plus écoutée de la station, avec près de 2 millions d'auditeurs. Les patrons de Radio France et de France inter souffrent d'un péché originel prévisible et involontaire : leur nomination directe par le Monarque. Il est aussi toujours surprenant de constater que la complaisance journalistique choque moins que les «saillies» verbales d'une poignée d'humoristes.


Retraites, dialogue de sourds
 

 

Les comptes ne sont pas bons. Le chômage a augmenté en mai, dans des proportions inégalées depuis 7 mois. Même le Figaro s'en inquiète. Jeunes et seniors sont durement frappés. La croissance économique restera faible cette année. L'INSEE l'estime à 1,4%. Le gouvernement espérait mieux. Ses prévisions de recettes fiscales en dépendent... Partie au G20 en fin de semaine, Christine Lagarde a tenté de faire bonne figure. La France serait sur de bons rails, avec un plan de rigueur maîtrisé, des investissements stratégiques garantis grâce au Grand Emprunt et une note Triple A stable auprès des agences de notation internationale. Le weekend dernier, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, avait choisi le Financial Times pour annoncer que de nouvelles mesures de rigueur étaient nécessaires. Parmi les pistes, dévoilées par les Echos, le gouvernement entend réduire de 100 000 nouveaux postes la Fonction publique de 2011 à 2013, dont 34 000 l'an prochain. L'Education nationale perdra 16 000 emplois, et la police retombera, dès 2011, a son niveau d'effectifs de ... 2002.

Après le succès, un 24 juin, à une semaine des vacances scolaires d'été, des manifestations sociales contre la réforme des retraites, le gouvernement joue la montre.
Plus de deux millions de personnes se sont retrouvées dans les rues. La grève a frappé les transports publics, les établissements scolaires, les hôpitaux, et même Radio France.

Eric Woerth a dû reconnaître l'importance du mouvement. Lui comme Lagarde ont répété que le Monarque leur avait donné blanc-seing pour aménager certaines dispositions sur la pénibilité, les poly-pensionnés et les carrières longues. Sur le déséquilibre général de leur projet, pas un mot. Les salariés, surtout modestes, supporteront 20 milliards d'euros de l'effort annuel d'économie. Les hauts revenus 230 millions; l'épargne et les entreprises 3,5 milliards. Où est l'équilibre ? Pire, la réforme, qui relève l'âge de départ sans réduire la durée de cotisation, transforme
le système français en l'un des durs d'Europe : notre régime national cumulera en effet une durée de cotisations parmi les plus longues (41,5 ans contre 30 ans au Royaume Uni, 35 ans en Allemagne, 36 ans en Italie, 40 ans en Espagne) et des âges de départ et de retraites à taux plein élevés (62 et 67 ans).

Jeudi après-midi, on pouvait entendre des témoignages de salariés au travail précoce se plaindre d'avoir à cotiser 44 ans, des mères de familles aux carrières incomplètes s'indigner de devoir pousser le boulot jusqu'à 67 ans. Nicolas Sarkozy est resté silencieux. Son premier ministre Fillon est intervenu
vendredi matin pour signifier une fin de non-recevoir : «Aucune mobilisation ne réglera le problème démographique». A l'Elysée, la messe est dite.

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