Eric Woerth est « lavé de tout soupçon », a décrété le président de la République lundi soir sur France 2. Si son ministre doit bénéficier de la présomption d'innocence comme n'importe lequel d'entre nous, rien, dans les événements récents, ne permet de clore cette affaire révélée il y a trois semaines.
Eric Woerth a été pris dans un conflit d'intérêts manifeste : trésorier de l'UMP, ministre du Budget, époux de la gestionnaire de fortune d'une donatrice non seulement de l'UMP mais d'un parti créé localement de toute pièce au nom dudit Ministre, ce qui est une manière de détourner l'esprit et la lettre sur le financement des partis politiques.
En quoi est-il « blanchi » de ce scandale. Si il est si blanc blanc comme le dit une publicité, pourquoi alors le Président de la
République lui conseille t'il alors qu'il n'est même plus son Ministre du Budget, mais seulement son ministre du Travail, de renoncer à ses fonctions de trésorier de parti ?
Curieuse approche du problème pour celui qui n'aurait rien à se reprocher.
Le rapport d'urgence du patron de l'Inspection générale des finances, aux ordre du pouvoir, constate que le ministre n'est pas intervenu dans les
affaires fiscales de Liliane Bettencourt ? La belle affaire, c'est précisément parce que personne n'est intervenu dans ce dossier, et ce depuis des années, que résulte l'un des aspects du
scandale. Aussi, il faut bien ménager ces généreux donateurs surtout lorsqu'ils ont des comptes en Suisse non déclarés...mais là dessus chut...pas un mot, ou plutot si...il faut éviter
que l'Oréal quitte la Fance la fin justifiant les moyens.
Christine Lagarde, avait expliqué que les grosses fortunes étaient généralement contrôlées tous les trois ans. Alors, pourquoi Liliane Bettencourt n'a-t-elle pas été contrôlée depuis quinze années et l'aurait elle été si ce scandale n'avait pas éclaté?
Nous voulons une enquête indépendante.
Eric Woerth a été accusé par Claire Thibout, ex-comptable de Liliane Bettencourt, d'avoir pris livraison, pour la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007, d'une enveloppe de 150 000 euros en liquide. Une grave accusation, portée par une personne que ses fonctions rendent probable. La comptable maintient encore aujourd'hui cette affirmation, confortée maintenant semble t'il par l'ancienne secrétaire des Bettencourt.
De même que pour le Président de la République Colona était coupable avant d'avoir été jugé, il récidive dans l'autre sens en lavant de tout soupçon Eric Woerth.