Curieuses journées en Sarkofrance. Un monarque, de retour d'une visite people aux Etats Unis, est secoué de retour en France mais prend. Un secrétaire
d'Etat claque une centaine de SMIC pour un voyage en jet privé à cause d'un emploi du temps chargé; un mensonge de Brice Hortefeux sur les moyens de la police, alors que les bus crament à
Tremblay-en-France; un ministre Besson sans humour et avec sa nouvelle loi.
Rien ne change en Sarkofrance.
L'UMP sous tutelle présidentielle «Le bouclier fiscal gèle les hausses d'impôts » a
expliqué Alain Madelin. Le libéral de l'UMP, politiquement silencieux depuis quelques lustres, a raison. C'est bien là le problème. Tout effort d'impôt ne sera supporté par les non-bénéficiaires du bouclier fiscal.
En 2009, «Un peu moins de 1.000 ménages, qui possèdent les plus hauts patrimoines ont capté, à eux seuls, 63% du coût du dispositif (368 millions d’euros)» a expliqué le
quotidien Les Echos. Nicolas Sarkozy
n'entend pas les critiques, accroché qu'il est à l'un de ses derniers totems. Mercredi après-midi, il a oublié qu'il était président de la République. Chef de l'UMP, il a fait taire les
récalcitrants. Quelques 150 parlementaires UMP avaient séché l'invitation présidentielle. Sarkozy a surpris Copé en annonçant qu'il recevrait désormais ses parlementaires tous les mois
pour «débriefer.» L'UMP est plus que jamais sous tutelle. Copé apprécie peu.
Sarkozy était tel que lui-même. Il n'a pas changé. Recevant le lendemain les têtes de listes UMP défaites (sauf une) aux
élections régionales, il a joué les bravaches : «En 1999, quand j'ai
perdu les élections européennes, on m'appelait “Monsieur 12%”, et trois ans plus tard j'étais le ministre le plus populaire du gouvernement.» Sarkozy n'a rien compris, rien
retenu. Mais il ne le sait pas. Il se croit toujours infaillible, the
right man at the right place.
Rien ne change en Sarkofrance.
La facture afghane... Les communicants de l'Elysée cacheront tant bien que mal cette analyse du New York Times après la la visite ultra-médiatisée de Nicolas chez
Barack: «Nicolas Sarkozy a obtenu presque tout ce qu’il pouvait espérer de sa visite aux Etats-Unis, les 29 et 30 mars. Il devrait maintenant songer à rendre la politesse au
président des Etats-Unis en renforçant la présence des troupes françaises en Afghanistan. Avec une cote de popularité au plus bas et après la déroute des élections régionales, le chef de
l’Etat français avait besoin d’un coup de pouce.» Le constat est cruel. Obama a sauvé la mise (médiatique) d'un président politiquement vieillissant et hors jeu. On
attend donc l'addition.
... ou la facture du gaz Alors qu'on parle de sauvegarde des économies d'impôt d'une quinzaine de milliers de contribuables, des millions d'autres subissent une hausse de
10% des prix du gaz à compter du 1er avril, soit 12 euros par an en moyenne par foyer cuisinant au gaz; 25 euros pour ceux qui l'utilisent aussi pour l'eau chaude, et 85 euros pour ceux
qui l'utilisent en chauffage complet. Cette décision a été
avalisée par la Commission de régulation de l'Energie ... sur proposition de GDF Suez.
Jet privé ... Alain Joyandet a dépensé 116 000 euros pour partir en jet privé assister à une conférence en Martinique
sur HaïtI. On se souvient des 138 000 euros d'un autre voyage en jet privé pour ministre pressé. En 2008, Christian Estrosi avait ainsi préféré le confort du voyage luxueux et
sur-mesure pour rejoindre illico Paris depuis Washington, et assister à un cocktail à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. A l'époque, il n'était que
secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer... comme Alain Joyandet. Un virus ?
Rien ne change en Sarkofrance.
... ou mensonge public Lundi 29 mars, Brice Hortefeux a menti par omission. En
visite dans un commissariat, il a promis le recrutement de 1500 adjoints de sécurité. On accuse depuis des mois le gouvernement Sarkozy de réduire les effectifs de la police nationale et
de la gendarmerie. C'est tout simplement vrai. Même le Parti Socialiste s'en est rendu compte. Lundi dernier, le ministre de l'intérieur voulait faire impression et taire les critiques.
Le
Figaro a les mots doux pour célébrer la nouvelle, "acquise de haute lutte par le ministre de l'Intérieur à Matignon et à l'Élysée avec le soutien de Nicolas Sarkozy".
Manque de chance ! C'est raté. Brice Hortefeux annonce les recrutements, mais oublie de parler des départs, et notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la
retraite. En trois ans, le gouvernement Sarkozy a supprimé plus de 9000
postes de policiers et gendarmes. Il en reste plus de 4000 à supprimer d'ici 2012 dans les plans gouvernementaux.
Jeudi, le ministre était contraint, à nouveau, de jouer les faux gros bras, à Tremblay-en-France. Le maire (communiste) réclame des moyens. La police venait d'intervenir contre des
trafics de drogue. Une chaîne de télévision, la première, a diffusé un reportage alarmiste. Un bus a été cramé, un autre caillassé. Un fait divers pas si divers que cela qui met à mal le
discours d'efficacité sécuritaire de Sarkofrance. «Ces petits voyous n'auront pas de territoires à eux» s'est énervé Brice Hortefeux sur place, avant
de repartir. Le ministre joue les bravaches devant les caméras. Pourrait-il simplement donner des moyens à la police ?
Rien ne change en Sarkofrance.
Père sans-papier expulsé... Mardi 30 mars, des parents d'élèves
ont occupé l’école maternelle Gilbert-Dru, dans le 7ème arrondissement de Lyon. Ils entendaient soutenir Guilherme Hauka Anzaka, un père angolais menacé d’expulsion par les polices de
Sarkofrance. Il a été interpelé il y a 10 jours, chez lui, et devrait être expulsé ce week-end. Il vit avec ses deux enfants nés en France, et les deux aînés de sa compagne, régularisée
en 2005. Ces derniers resteront. Seuls.
Rien ne change. Eric Besson vient de présenter son mauvais projet en Conseil des Ministres, qui durcit les
procédures d'éloignements. Personne en Sarkofrance n'a jamais dressé le bilan chiffré de cette politique. Besson était pourtant chargé de l'évaluation des politiques publiques, dans les
premiers mois de sa présence au gouvernement.
... et homo exclus Les sénateurs UMP ont refusé une
proposition de loi socialiste visant à légaliser l'homo-adoption. Dix ans après l'hostilité de la droite de l'époque contre le PACS, rien n'a changé. En fait, l'hypocrisie UMPiste était
manifeste : la proposition prévoyait la possibilité d'adopter par des Pacsés depuis 2 ans au moins. «Vous craignez que ce texte officialise indirectement l'homoparentalité», a critiqué le socialiste Richard Yung. «Pas du
tout» a répliqué Marie-Hélène Des Esgaulx. Vraiment ?
Rien ne change en Sarkofrance.
Besson, pas drôle Eric Besson a traité Stéphane Guillon de facho et raciste. Il l'a écrit, noir sur blanc, dans une tribune publié par Libération : «J’ai dénoncé, je persiste et signe, des méthodes
et des propos de facho, mal déguisés sous un look bobo et une vulgate supposée gaucho».
Sans humour ni recul, Eric Besson a pris la chronique de l'humoriste de France Inter, , il y a dix jours, au premier degré. Il s'est accroché comme une moule à son rocher au «yeux de
fouine d'Eric Besson, et son menton fuyant» moqué par Guillon. Le président de Radio France s'est lui aussi saisi du Monde, pour justifier ses excuses publiques au
ministre de l'identité nationale. Son texte est louable, bien mené, bien argumenté. On ne l'accusera pas d'être liberticide. Mais on reconnaîtra que lui aussi a du mal avec l'humour de
Guillon. Ni Besson ni Hees ne sont sans doute aller voir le premier film où l'humoriste joue le rôle principal, "Le Temps de la Kermesse est terminé". Guillon y incarne un
chauffeur raciste, dominateur et paumé. Pierre
Desproges expliquait qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Stéphane Guillon devrait s'en souvenir. Eric Besson, et dans une moindre mesure Jean-Luc Hees, viennent de
nous en fournir deux illustrations.