Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Ces derniers temps, le fédéralisme est le nouvel objet de leur foi et la nouvelle cause de leur renoncement à la critique : «
Bien sûr, disent-ils, je ne suis pas favorable aux dispositions et aux mesures prises, en particulier sur le plan social, mais je suis pour le fédéralisme, donc j’accepte la dépossession de ce
qu’il reste de démocraties dans les États membres en souhaitant que se développent la démocratie et le bonheur au niveau européen ». On ne peut s’empêcher de repenser aux vieux discours des
hiérarchies religieuses demandant d’accepter la souffrance dans ce monde pour jouir dans l’au-delà.
Le bisounours, sous ses apparences bien sympathiques, est un animal dangereux. Il croit en oubliant de réfléchir. Sa foi l’empêche de voir et surtout le conduit à tenter d’amener les autres à
croire aussi. Voilà 30 ans que, Jacques Delors ou Romano Prodi en tête, ils nous disent : « Encore un effort. L’Europe sociale est à portée de main » ; puis ils expliquent que, certes, ils
prenaient des mesures antisociales, mais que c’était une condition nécessaire pour faire avancer l’Europe qui, promis-juré, construira le social de demain. Et voila 30 ans que la tribu bisounours
les suit, illuminée par leur sagesse et guidée par leur magistère. Et ce serait ainsi notre manque de foi, à nous qui regardons les faits, qui produit les retards incessants du paradis
européen.
Il est temps de dire « Halte aux bisounours ! ». La démocratie n’est pas à crédit et le social ne se paye pas en fumée.
Nul ne peut dire ce que serait une structure fédérale sur un espace qui, d’ailleurs, modifie en permanence ses frontières. Mais chacun remarque bien que toute avancée vers le fameux fédéralisme
s’accompagne du développement des inégalités, de difficultés sociales accrues et de dilution de toute démocratie. Chacun remarque qu’à chaque étape, le poids des oligarchies augmente et que la
souveraineté populaire n’est plus qu’un vain mot. C’est la seule illustration du fédéralisme européen que l’on connaît. Le reste n’est que littérature.
Alors, deux principes doivent conduire notre action : ne rien faire sans l’aval des peuples, donc n’accepter aucune mesure qui échappe au contrôle des citoyens. Loin de l’idéologie Bisounours, il
est temps que les citoyens disent « Halte à la soumission ! ».
André Bellon
Ancien Président de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée Nationale.