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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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LA DETTE ...MAIS QUI EST DEBITEUR...?

 - Histoires de dettes, dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?...

Ayez peur braves gens, l’Armageddon financier se rapproche à grands pas… Même un ami, pourtant pas impressionnable, m’a appelé pour savoir ce qu’il devait faire de ses petites économies, tant l’angoisse s’est emparée de tous.

Il faut dire qu’on ne peut pas écouter les infos sans que le sujet de la « crise financière » n’occupe, au moins, la moitié du temps, avec des commentateurs qui répètent en boucle des messages simples à comprendre :

- c’est la merde, personne n’est responsable et tout le monde l’est,

- c’est trop compliqué pour qu’on vous explique correctement, mais faites-nous confiance,

- personne n’est d’accord sur ce qu’il faut faire pour en sortir,

- tout le monde va payer, et très cher,

- bref, ça va chier… au cas, où vous ne l’auriez pas encore, ni assez compris…

Bon, on ne va s’étendre sur les responsabilités, on sait où elles se situent, mais si je le redis, on va encore m’accuser de populisme. Alors, si vous n’êtes pas gavés, penchons-nous plutôt sur un « petit problème comptable » qui semble échapper à beaucoup…

C’est à la réception de ce lien : Eurozone debt web : Who owes what to whom ? (Web dette Eurozone : Qui doit quoi et à qui ?) Que j’ai eu envie de vous faire part de quelques observations, non évoquées dans ce lien… sur lequel vous pourrez trouver, pays par pays (en cliquant sur le pays) :

- qui doit combien et à qui, à travers les dettes et les créances bancaires uniquement,

- le total des dettes étrangères par habitant,

- le pourcentage des dettes étrangères par rapport au PIB,

- le pourcentage des dettes de l’État par rapport au PIB,

- et autres informations utiles… qui conduisent à donner une note de solvabilité au pays, de gentil pays à vilain, pas beau, laid et méchant pays…

J’aurais bien aimé que figure également dans ce relevé les BRICS, notamment la Chine avec ses plus de 3 000 milliards de réserves en dollars, et autres considérations mondiales sur les flux financiers, mais bon, faut pas tout demander d’un coup non plus…


Alors, juste un petit travail que cet article n’a pas fait et que l’on fait couramment dans les groupes d’entreprises pour équilibrer les dettes et les créances… C'est le b a ba d’un gestionnaire de trésorerie ou plus simplement d’une ménagère qui sait gérer son budget, et qui trouve absurde de payer un crédit revolving à 12 %, alors que ses économies ne lui rapportent que 3 %... ça s’appelle un tableau de compensation des dettes et des créances, et en général, ça permet de faire beaucoup d’économies… Voici le tableau (pour le faire apparaître en grand, cliquez dessus) :

Dettes bancaires par pays


Étonnant non ? Selon le principe logique que si A doit à B, 100, que B doit à C, 100, et que C doit à A, 100, on peut annuler une énorme partie de ces dettes réciproques et croisées, en les compensant. En conséquence, d’après les données de notre tableau, il est donc possible de supprimer 73 % (!!!) des dettes de ces 10 pays par de simples écritures comptables de compensation !…

Qui doit le plus à tout le monde, mais est-ce bien une surprise ? Les USA qui cumulent pour ces seuls 10 pays, 62 % (!!!) des dettes. Et encore, ne sont pas inclus dans cette colossale arnaque, les soldes des BRICS qui, à vue de nez, feraient quadrupler le montant (mais pour les autres également)… Mais si vous avez bien lu cet article : Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance… ; vous savez maintenant pourquoi le système financier ne peut pas être régulé, tant qu’on n’aura pas ôté aux USA leur planche à billets, et que le dollar cesse d’être une monnaie d’échange et de réserve…

Mais continuons, nos observations…

Suite à la première constatation, on comprend également que ces pays payent, sur 5 793,3 Md d’€ de dettes, des intérêts (environ 173 Md d’€ si on prend un taux moyen de 3 %) qui n’ont aucun sens ! Alors pourquoi continuent-ils ? C’est là, où on est bien obligé de rentrer dans des considérations sur l’impuissance politique et l’homéostasie systémique de la financiarisation…

Il faut comprendre que ces dettes fictives constituent la principale ressource de chiffre d’affaires des banques qui ne peuvent, sous peine d’en mourir, solder leurs dettes et leurs créances, car elles perdraient immédiatement les rentes qu’elles perçoivent sur chaque mouvement financier… Un vrai système bloqué et tellement intrinsèquement interdépendant que le premier qui bouge, ou qui souhaiterait arrêter la cavalerie (doublée d’une vente pyramidale), ferait tomber tous les autres… Est-ce que vous comprenez mieux, maintenant, où se situe l’économie fictive ? Et pourquoi nos gouvernants semblent si impuissants…

Dans un système « normal », une banque prête à une entreprise ou un particulier, qui par le fruit de ses bénéfices ou de ses revenus rembourse la banque… De même qu’elle peut prêter à un État qui la rembourse avec les impôts… du moins, quand ça se passe normalement.

Ça devient anormal, quand l’État est obligé de prêter à la banque pour qu’elle lui re-prête de l’argent, et que ce même État est obligé de faire des dettes pour rembourser ses dettes, dans un système de cavalerie infernal, où tout le monde s’est mis à jouer à « tant que j’achète et je vends, je survis, et si je m’arrête, je meurs »...

Parce que, dans notre monde financiarisé, l’argent sert à produire de l’argent, sans aucun support productif de biens ou services, juste par le jeu d’une interminable chaîne de prêteurs et d’emprunteurs, d’acheteurs et de vendeurs d’argent… sans que ça ne repose plus sur aucune notion de création de valeur pour rembourser les dettes. L’expression « faire travailler l’argent » a atteint le comble de son absurdité, et l’impasse dans laquelle nous sommes est à la mesure de l’impuissance à retourner aux fondamentaux économiques qui ne mépriseraient plus le travail des humains.

Sauf que, sauf que… on ne peut pas dire, « on arrête tout », pour la simple raison que ces banques détiennent également les avoirs des particuliers et des entreprises. Si on les empêche de continuer le système, ce ne sont pas seulement les milliers (millions ?) de personnes qui vivent de cette « industrie financière » qui se retrouveraient le bec dans l’eau, mais tout également les particuliers et les entreprises… Un chantage permanent qui ne dit pas que c’est la finance qui gouverne le monde, mais bien que les politiques ont créé de toutes pièces toutes les conditions pour que personne n’ait plus le choix de faire autrement (du moins apparemment).

Pour terminer sans vous accabler plus, juste une observation : est-ce vraiment la zone euro qui est en crise ? Le solde des 7 pays de la zone euro, qui font partie de notre tableau, est positif de 771,1 Md d’€ !… En fait, il n’y a pas de problème de la zone Euro. Et si notre croissance prévisionnelle était supérieure à 3 % (avec une inflation tenue) personne ne se poserait le problème des dettes. De même, si nous sommes constamment attaqués, c’est juste une manipulation des marchés financiers qui s’attaquent à ceux qui peuvent payer, et c’est tout. L’intransigeance de l’Allemagne à ce niveau-là, qui refuse de faire marcher la planche à billets en réponse, est vraiment stupide… Cependant, il faut comprendre leur position, faire marcher la planche à billets, c’est tout simplement accepter que leurs créances se dévaluent mécaniquement, et ils ne veulent pas rentrer dans cette spirale-là ; ce en quoi on ne peut pas leur donner tout à fait tort, quand on tient compte des logiques spéculatives à long terme.

Enfin, il semble bien que nos traders aient compris que mener un raid sur les USA ne ferait qu’appauvrir tout le monde, parce que les USA ne s’embarrassent pas, eux, pour laisser filer la valeur du dollar, en faisant fonctionner la planche à billets ; c’est même à croire que c’est cela qu’ils cherchent, puisque toutes leurs interventions pour réévaluer la valeur des autres monnaies (notamment du Yuan) ont échoué.

La sentence, malédiction, de John Connally en 1971, « le dollar est notre devise, mais c’est votre problème », n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui...

Quelles solutions ?… Plein de solutions (sur ce blog, ailleurs et encore ailleurs, même si je ne suis pas toujours d'accord avec tout), mais il semble bien qu'il faudra attendre que nous soyons au fond du trou, pour que nous nous décidions à les appliquer…

Au fait, pour ceux que cela intéresse, j’ai dit à mon ami qui s’angoissait pour ses économies, qu'il n’y avait rien à faire, à part acheter des valeurs qui resteront, comme du foncier, de l’or ou des diamants… Pour le reste, je l’ai fortement incité à se mettre au jardin potager, parce qu'il ne pourra ni bouffer son or, ni les murs de ses maisons et encore moins ses diamants... Paysan, le seul vrai métier d’avenir, si on se cantonne à de la culture vivrière et d’autosuffisance. Moi qui déteste jardiner, j’en ai de la chance de vivre dans ce monde-là…

 

 

 

Addendum important : quelques commentateurs déplorent que cet article ne contienne pas les données concernant les dettes et les créances des BRICS, des Banques centrales et des États… Mais cela ne changerait strictement rien aux problèmes démontrés et dénoncés par cet article ; car, ce qui se produit et se démontre au niveau des dettes bancaires est très exactement identique pour les données non explorées....

 

Juste un exemple :

- En Europe, ce sont les banques qui détiennent les dettes d'État pour la plus grande partie (non accessoirement, cela dit aussi l’absurdité de cette loi française (de 1973), puis européenne (en 1992), qui empêche les États de se financer directement auprès de la BCE).

- Pour mémoire, 66 % des dettes (1 122 milliards) de l'État français sont détenues par des fonds étrangers, alors même que nos banques (parmi les plus puissantes d'Europe, bien avant celles des Allemands) prêtent massivement à ces mêmes étrangers : 1 468,90 milliards d'euros pour être exact...

- Mettez en face de cela les 1 700 milliards de dettes de l'État français, qui doit se démener auprès des marchés internationaux pour garder son triple A et trouver 1 122 milliards, ailleurs que chez nous, alors que nos banques en prêtent 1 468,90 à l’étranger !!!…

C'est là, où, on comprend que nous avons atteint le fin fond de ce système absurde, où nous sommes obligés de faire des courbettes aux marchés financiers pour ne pas couler, alors que c'est avec notre argent qu'ils nous prêtent... Non accessoirement, le pire du pire, c'est qu'il y a fort à parier (mais, je n'ai rien qui le prouve, à part le nombre de filiales de banques françaises dans des paradis fiscaux opaques) que les banques françaises prêtent à l'étranger et que cet argent nous est re-prêté par le biais de filiales, ce qui permettrait, outre les intérêts qu'elles perçoivent, d'empêcher ainsi l'imposition en France des bénéfices...

« Je te prête, tu me prêtes et je te re-prête ce que tu me prêtes, à l'infini », c'est cette absurdité mortifère que je démontre, et dénonce dans cet article, et aucune donnée ne manque pour faire ce constat, ainsi que sur la « fictivité » économique qui en résulte.

 

D'ailleurs, les marchés financiers se foutent, par exemple, des Japonais, dont l'endettement public est de plus de 220 % (!!!) ; pourquoi ? C'est assez simple, la quasi-totalité de leur dette publique est détenue par les Japonais eux-mêmes, et les marchés n'ont donc aucun moyen de faire pression sur quoi que ce soit, sauf à la marge sur la valeur du Yen... Nous (et l'Europe avec) aurions les moyens de faire comme ce pays, alors, pourquoi ne le faisons-nous pas ?... Là encore, c'est ce que cet article explique, sans avoir besoin d'autres données...

 

Par contre, il est assez évident que, compléter ces constats avec les dettes et les créances des BRICS, nous démontrerait que tout le monde doit de l'argent à ces derniers, mais surtout que les USA doivent de l'argent à tout le monde !!! Et que leur 92 % d'endettement public sont tellement en dessous de la réalité que le seul vrai problème du système financier, ce sont eux, qui depuis 1971 vivent à crédit sur le reste du monde, et font payer à tous leur hégémonie et « défense » militaire... Mais chut, il ne faut pas le dire…

(source Histoire de dette on ne vous dit pas tout)

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