Deux exercices militaires sans précédent se sont déroulés concomitamment, début octobre, en Belgique.
Le premier associait des paras français et belges, pour une simulation se déroulant entre des pays théoriquement fictifs (« Blueland », « Orangeland
»…), mais dessinés sur la carte en Flandre et en Wallonie. Le scénario, précisent les militaires, concerne : « un pays avec une économie faible, gouverné par un régime nationaliste
strict. Un parti libéral opposant au pouvoir a vu le jour. (…) Afin que soit organisé un scrutin démocratique, la communauté internationale met le gouvernement de Blueland sous pression. Avec
succès, car le 1er décembre auront lieu des élections mettant face à face deux partis antagonistes. Les nationalistes se sentent frustrés de cette forme d’ingérence internationale, et les
différences entre les deux partis provoquent des tensions et des manifestations qui s’amplifient à l’approche de l’échéance électorale. De petits mouvements de révolte et des grèves
nationales ont lieu de plus en plus fréquemment».
« Régime nationaliste », « parti libéral opposant », « mouvements de révolte », « grèves nationales »… Le récit continue. Il a formé la trame de l’exercice. Naturellement, toute
ressemblance avec une situation réelle ne serait que pure coïncidence.
A peu près au même moment, un exercice quasiment analogue est effectué par un « battlegroup » de l’Union européenne. Autrement dit un «
groupement tactique » composé d’unités de plusieurs pays-membres. En principe, ces bataillons, de 1 500 hommes environ, sont destinés à être « projetés » aux quatre coins de
la planète, avec pour mission de mener des opérations d’un à trois mois telles que des évacuations, du soutien à des interventions humanitaires, de la « prévention des conflits » ou de la «
gestion de crise ».