C’est un débat que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais au début des années 90, il y avait un débat important sur ce que devait être alors
l’ECU, monnaie unique ou monnaie commune ? Devant l’échec patent de la monnaie unique, c’est un débat à réactiver.
Pour un premier groupe de pays, le moins que l’on puisse dire est que l’euro a pénalisé la croissance, à mille lieues des promesses de lendemains qui chantent de la campagne pour le traité de
Maastricht. Ce premier groupe comprend notamment l’Allemagne, la France et l’Italie. Il pourra paraître curieux d’associer l’Allemagne, championne des exportations, mais il y a points
communs.
En effet, ce premier groupe se caractérise par une faible croissance depuis dix ans. Plus de 2% de croissance annuelle est désormais un bon résultat pour ces pays. Il faut dire que la
politique monétaire suivie par la BCE était inutilement restrictive pour des pays à faible croissance et faible inflation. Et depuis quelques années, leurs exportations en dehors de l’Union
Européenne sont pénalisées par la surévaluation de l’euro : les économistes estiment son cours normal entre 1,05 et 1,1 dollar.
Pire, ce groupe est handicapé par la politique économique de l’Allemagne, première puissance économique de la zone euro. Au milieu des années 90, craignant pour sa compétitivité, notre voisin
d’outre Rhin a choisi de délibérément comprimer ses salaires, ce qui a déprimé sa demande intérieure et a donc pénalisé les exportations de ses voisins européens. En outre, la crise a
bien montré que l’euro ne nous protégeait de rien puisque la zone euro est entrée en récession avant et plus fortement que les Etats-Unis.