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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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KARACHI..SERVIER..ET PUIS QUOI ENCORE..?

Sarkozy : Karachi, Servier et quoi d’autre ?

Vous souvenez du off/on des pédophiles où Nicolas Sarkozy disait qu’il ignorait tout des contrats Agosta. Voilà un nouveau témoignage, à la justice (donc pas n’importe où) d’un acteur majeur, Alain Juillet, ex numéro 2 du contre espionnage (donc pas n’importe qui) qui dément cette affirmation.

 

Ce sont Médiapart et Libération qui nous en parlent. Alain Juillet, selon son témoignage, aurait été missionné par l'Elysée pour rencontrer Jean-Marie Boivin afin de savoir ce qu'il avait dans le ventre et pour négocier avec lui (son silence ?) : Alain Juillet, ancien membre de la DGSE, a affirmé le 17 décembre au juge Van Ruymbeke avoir été mandaté en 2008 par l’Elysée pour « voir ce qu’il y a derrière tout ça », selon son procès verbal d’audition, cité par Mediapart. Il affirme avoir été contacté en juin 2008 par Bernard Delpit, à l’époque collaborateur de François Pérol, ancien secrétaire général adjoint à l’Elysée, pour qu’il prenne attache avec Jean-Marie Boivin.

Alain Juillet, qui exerçait alors les fonctions de haut-responsable à l’intelligence économique auprès de Matignon, a ainsi rencontré Jean-Marie Boivin à trois reprises à Londres entre septembre 2008 et mai 2009. « J’étais convaincu qu’il (Boivin) avait des archives et qu’il valait mieux les récupérer et négocier avec lui une indemnité de départ raisonnable », a expliqué Alain Juillet.

Lors de leurs différentes rencontres à Londres, Jean-Marie Boivin « a surtout parlé de Karachi », a assuré l’émissaire de l’Elysée. « C’est le premier que j’ai entendu dire que l’attentat était lié à l’arrêt du versement des commissions. Pour lui, c’était une évidence », a ajouté Alain Juillet. Celui-ci a précisé au juge Van Ruymbeke avoir pris avec des pincettes les affirmations de son interlocuteur : « Quand on l’écoutait, on a l’impression qu’il savait tout. Mais quand on lui posait des question précises, c’était totalement flou », a poursuivi Juillet.

 

Ce témoignage du 17 décembre est en parfaite contradiction avec les déclarations de Nicolas Sarkozy. Notez que Pérol, en toute illégalité, en toute violation de la déontolgie et en parfait conflit d'intérêt a été nommé président, sans aucune expérience, de la fusion Banques Populaires/Caisses d'épargne après avoir été le conseiller de l'Elysée qui s'était occupé des banques, est celui qui a rencontré à de très nombreuses occassions, un certain Lahoud impliqué dans une certaine affaire Clearstream, Clearstream qui a joué un rôle dans le transfert des pots-de-vin et rétro pots-de-vin de l'affaire Karachi.

 

Mais avec Nicolas Sarkozy on n'est jamais au bout de nos surprises. En voilà une autre. Jacques Servier, celui du Mediator, celui qui s'est enrichi grâce au Mediator, celui qui a pu faire des économies fiscales grâce à l'avocat Sarkozy, celui qui est un généreux donateur du Premier Cercle, celui qui a été décoré de la breloque qui est, avec la nomination ici à l'Unesco, là au Conseil Economique et Social, un des bonbons pris dans la poche de la République que Sarkozy distribue comme s'ils venaient de sa propre proche, pour récompenser ou faire taire ses affidés, est un client historique de l'avocat Nicolas Sarkozy qui veut faire toute la lumière sur cette afaire de 500 à 2 000 morts et de 430 millions d'euros de coût à la Sécurité Sociale, sans jamais parler ni de poursuites ni de sanctions, juste de mettre en place un meilleur mécanisme.

 

Libération  : Jacques Servier, le fondateur et PDG du deuxième laboratoire français, est une très bonne connaissance de Nicolas Sarkozy. Mieux, un proche du chef de l’Etat reconnaît même que Servier a été « un client historique » quand l’actuel président était encore avocat d’affaires. En 1983, Sarkozy entre au cabinet de Guy Danet, bâtonnier. Très vite, il travaille pour le compte de Servier, à l’époque un tout petit labo français. Quand il quitte son cabinet en 1987 avec Arnaud Claude et Michel Leibovici (aujourd’hui décédé), le jeune avocat d’affaires emmène dans ses bagages le laboratoire Servier. Le nouveau cabinet de Sarkozy devient le conseil du laboratoire en matière de droit des sociétés et de droit immobilier. Il a fort à faire.

 

Le groupe Servier est alors composé d’un entrelacs d’une centaine de structures juridiques différentes, rien qu’en France. « Le but, c’était d’éviter de payer des impôts », assure un ancien cadre (lire ci-dessus). Fin des années 90, début 2000, Jacques Servier vient consulter Sarkozy au sujet de son projet de fondation. L’idée est la suivante : au lieu de faire hériter ses enfants, son groupe deviendra la propriété d’une fondation de droit néerlandais et donc protégé de toute menace d’OPA.

 

Pourquoi les Pays-Bas ? Le pays bénéficie d’un droit particulièrement favorable pour le statut des fondations, notamment en matière fiscale. Le groupe a d’ailleurs toujours refusé de communiquer ses bénéfices.

 

Raymond Soubie, alors patron du cabinet de conseil en ressources humaines Altedia, travaille lui aussi sur le dossier. « On a été consulté sur la possibilité, qui finalement ne verra pas le jour, de créer un fonds d’actionnariat salarié pour les employés français », confie à Libération celui qui deviendra le conseiller social de l’Elysée entre 2007 et novembre 2010. Sarkozy a donc cru bon réveiller ces doux souvenirs en juillet 2009 lors de la remise à Servier des insignes de la grand-croix de la Légion d’honneur. « Vous avez fait de votre groupe une fondation ; Raymond [Soubie] et moi y avons joué un rôle », s’est-il extasié, dithyrambique. Un an plus tard éclatait le scandale Mediator.

 

Voilà, c'est comme cela que cela se passe en Sarkozie. Nicolas, lui est en vacances, un énième week end XXXL, lui qui travaille 24/24 et 7/7.

Joyeux Noël à tous !

Imothep

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