Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Le 29 Juillet 2009, je recevais une convocation de Nicolas Baveye, Officier de Police judiciaire, agissant dans le cadre des instructions écrites de Mme Donnizaux, Substitut du Procureur de la République près du Tribunal de Grande Instance de Paris, référencées P 09 196 08 10, me demandant de me présenter en qualité de témoin près de la Direction de la Police Judiciaire, 12, rue du Château des rentiers, 75013 Paris.
Cette convocation non motivée à la laquelle je me suis rendu à l'époque avait trait à un article paru sur un blog du "Mouvement Républicain et Citoyen Guingamp" dont j'étais responsable et trait à l'affaire de Karachi. Le parquet voulait connaître mes sources puisque dans cet article étaient mis en cause des rétrocessions, cités le gouvernement Balladur, Nicolas Sarkozy, et un certain Monsieur Ouart, Magistrat et conseiller de Nicolas Sarkozy pour la justice. Quelques semaines après mon audition qui est demeurée sans suite, le sieur Ouart en question quittait l'Elysée pour rejoindre je crois le groupe Hermes. Fallait-il y voir un hasard je ne l'ai jamais su ! Toujours est il que j'avais pris ces convocation et audition comme une tentative d'intimidation à l'encontre de ma personne et de mes activités de citoyen, c'est à dire d'homme vigilant au regard des faits et actes de ceux qui nous dirigent. Mon article n'avait en réalité fait que reprendre un ensemble d'éléments disparates parus dans les médias et que j'avais synthisés sous forme de plusieurs copiés collés.
Aujourd'hui l'affaire de Karachi refait surface avec les familles des victime de l'attentat., "monsieur le Président, nous vous demandons des comptes. Vous nous devez la vérité. Vous ne pouvez plus continuer à mentir de la sorte.» Sandrine Leclerc et Magali Drouet, dont les pères ont été tués dans l'attentat de Karachi en 2002, ont été très claires ce jeudi matin : elles demandent l'audition de Nicolas Sarkozy en tant que témoin.
Elles veulent aussi que Jacques Chirac et Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Elysée à l'époque, soient entendus par le juge Renaud van Ruymbeke, dans le cadre de l'instruction d'une plainte pour «délit d'entrave» déposée par les familles des onze ingénieurs de la Direction des constructions navales (DCN) tués le 8 mai 2002.
La réaction des familles n'a pas tardé après les révélations de Charles Millon. L'ex-ministre de la Défense, nommé en 1995 par Jacques Chirac, a reconnu devant le juge l'existence de rétrocommissions en marge d'un contrat de vente de sous-marins au Pakistan sous le gouvernement Balladur. Il a également confirmé que c'est bien à la demande de Jacques Chirac que leur versement a été interrompu.
Les révélations de Charles Millon étayent la thèse défendue par beaucoup depuis 2002 : la bombe aurait visé des Français en représailles de la fin du versement de sommes d'argent par la France. Elle fait aussi écho à l'autre interrogation de la justice : une partie de ces commissions liées à la vente auraient pu en partie financer la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur et dont le porte-parole était Nicolas Sarkozy.
Dénonçant une «réalité judiciaire cruelle», l'avocat des parties civiles, Me Olivier Morice, a ce matin argué d'un devoir de vérité de l'Etat à l'égard des victimes et de leurs familles. «Les parties civiles insistent sur le fait qu'une audition de Nicolas Sarkozy est possible, même s'il est couvert par une immunité présidentielle. Il faut que Nicolas Sarkozy lève toute ambiguïté», a-t-il ajouté.
Affaire à suivre?
Jacky Eouzan
Chargé des relations extérieures de République et Socialisme