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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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IMPRESSIONS D'ESPAGNE

IMPRESSIONS D’ESPAGNE

Venant de passer quelques deux mois en Espagne, avant de me rendre dans les prochaines semaines en Belgique, je voulais vous faire part à chaud de mes impressions. Il est toujours enrichissant d’avoir une vision externe d’ événements qui se passent   dans son propre pays comme celle interne sur les événements de son pays d’accueil. Mon propos n’est qu’une suite de réflexions qui se sont forgées, jour après jour,  sur les évènements plutôt négatifs hélas et tels que je les ai vécus et ressentis en Espagne.

L’Espagne est une Monarchie Parlementaire, c’est donc une démocratie. A ce sujet, il m’est souvenu qu’un de nos anciens Présidents de la République, partisan acharné de la communauté européenne, avait titré l’un de ses ouvrages de « Démocratie Française » pour ne pas avoir à valoriser la République Française, ses principes d’équité sociale et ses éléments fondateurs.

A cette époque, la nuance ne m’avait pas parue d’ importance capitale et pourtant elle l’était surtout venant de celui qui,  de par sa fonction, était en principe le garant de nos institutions. Déjà l’héritage des valeurs revendiquées par la République Sociale était en phase de délaissement et de renonciation comme l’on dit dans le Notariat. C’était l’époque de la « Bof génération » qui bien manipulée par les médias n’avait d’autre ambition que de jouir sans entraves du fruit des conquêtes sociales acquises de haute lutte par ses prédécesseurs tout en ne s’impliquant pas réellement dans la vie sociale et politique de son pays.

C’est sur cette indifférence organisée qu’à été façonnée  la voie royale du mondialisme ouverte dès le début des années 1970 sous couvert du terme ambigu de libéralisme, liberté politique pour les uns de tendance libertaire, liberté économique et sans entrave pour les autres nommés   « libertariens ».Deux conceptions politiques qui n’ayant rien à voir l’une avec l’autre, mais dont l’ambigüité du terme même de « libéral » a suffit à berner nombre de nos concitoyens.

Sur cette ambigüité cette génération  n’a pas su percevoir  une constante de l’évolution de la politique et du progrès social et qui s’appelle la vigilance. Cette constance s’est trouvée amenuisée par ceux qui pensaient que tout était définitivement gagné alors qu’au contraire la permanence du progrès impose en permanence  un effort  d’analyse politique qui se traduit inévitablement par des luttes sur le plan politique, social et même moral et par la défense d’un élément essentiel de protection du citoyen et du vivre ensemble qui se nomme l’Etat. 

C’est sous le couvert de la construction européenne, présentée comme l’horizon indépassable de lendemains chantants pour tous, que l’on a commencé à s’attaquer à l’état protecteur que les libéraux économiques ont qualifié d’Etat providence ainsi qu’à l’ensemble des droits sociaux.

Dès que l’on baisse la garde, ou qu’on se laisse endormir par des pseudos vérités qui paraissent d’évidence, généralement en y ajoutant une dose de culpabilisation des plus modestes pour les présenter à la dictature de l’opinion comme des nantis ou des naïfs,  on perd de vue cette tradition historique qui est que tout progrès social doit toujours être défendu sous peine de recul. 

Notre bof génération post soixante huitarde n’a pas pris conscience de cette situation, trop occupée à jouir d’un présent gagné par d’autres et sans prendre conscience, en bon élève qu’elle était d’une nouvelle manière d’apprendre l’histoire, qu’elle participait à la déconstruction dans les esprits comme dans les faits du lien fondamental qui existe entre  les causes, les événements, et les conséquence de ceux ci  au regard des réalités historiques et par suite à une manipulation sans précédent des esprits se traduisant par l’acceptation d’un recul social généralisé.

 De l’instruction publique, laïque et obligatoire, on est passé à l’éducation nationale, afin non plus d’instruire de futurs citoyens éclairés mais « d’éduquer » nos enfants pour en faire d’excellents administrateurs ou serviteurs du nouveau système qui se mettait en place. Ce système  mondialiste s’est doté de son cheval de Troie à travers la construction européenne essentiellement de type libéral économique, puisqu’elle n’est aucunement démocratique sur le plan politique, et ne constitue de fait qu’un appendice du  monde anglo-saxon et plus encore du monde américain. Les américains ont ainsi disposé de deux fers au feu pour imposer leur modèle, la Grande Bretagne sans l’euro, l’Allemagne avec l’euro, pour le cas ou il faudrait jouer du curseur dans l’un ou l’autre sens.

Accentuant l’interdépendance internationale liée à la globalisation des échanges économiques, l’abaissement des frontières , le déploiement de la concurrence, il en a résulté un affaiblissement des Etats assignés désormais à leurs seules fonctions régaliennes ainsi qu’à un renforcement des grands groupes transnationaux se jouant des lois sociales tout en  faisant jouer de la concurrence entre ces derniers. Ils ont appelé cela la concurrence libre et non faussée et dans leur cynisme mercantile ont déclaré que les lois sociales restaient de la compétence exclusive de chacun des Etats sachant très bien par là que le nivellement ne pouvait s’opérer que par le bas.

Il reste donc peu de chose de l’intervention étatique dans ce type d’économie ouverte et les prédateurs ont tout loisir d’imposer aux Etats, ou de ce qu’il en reste, comme à leurs dirigeants complices ou non la conduite d’une politique économique et par voie de conséquence sociale.

Quant à la politique monétaire, il y a bien longtemps que nos gouvernements ont abdiqué leur seuil d’intervention en confiant aux banques privées le soin de devenir prêteur de l’Etat en se substituant à la banque de France (loi du 3 janvier 1973) et ce au détriment des finances de l’Etat lui-même et de ses contribuables, car les banques privées prélèvent leur dime sur chacune des opérations de prêt, comme au niveau européen, en confiant à une banque centrale, qui n’a de compte à rendre à personne, le soin de gérer une monnaie unique avec interdiction statutaire de prêter en direct aux Etats membres, les banques privées étant là pour cela avec pour conséquence l’aggravation des déficits des Etats membres. Avec un tel système, pour s’attaquer aux déficits une seule solution, réduire ou annihiler les avantages sociaux.

Le Parti socialiste français, qui comme ses homologues européens (voir le Manifesto), a adopté l’économie de marché a de facto renoncé à ses capacités d’intervention au nom de la liberté du commerce à l’échelle internationale. Il a d’ailleurs parfaitement intégré le système en plaçant deux ses membres, DSK et Pascal Lamy, a des postes importants de ces institutions dont la charge est d’organiser le capitalisme mondial.

Il ment donc quant il affirme sans vergogne que la réforme des retraites présentée par Sarkozy/Fillon   est parfaitement injuste, qu’il fait défiler dans la rue ses affidés, sans réaliser d’autres propositions que celle de dire il faut faire autrement tout en précisant qu’une réforme est tout de même nécessaire mais sans dire laquelle et comment.

Par ailleurs, fruit de la lutte contre les pouvoirs de l’Etat, dans un pays comme le nôtre, la lutte contre la citoyenneté à la Française a été l’une des préoccupations majeures des libéraux, qu’ils soient capitalistes ou membres du PS au pouvoirs.  Un des moyens a consisté, sous couvert de défense des droits de l’homme, au  renforcement des communautarismes régionaux, sociaux, religieux. N’a-t-on pas vu des hommes politiques défiler à la Gay pride, se rendre au Bourget, etc et s’étonner quelques années plus tard de la présence de femmes voilées sur notre sol.

Par ailleurs, le renforcement des communautarismes, (jeunes contre anciens, français de souche contre français d’adoption, religion contre religion ou contre agnostique et athée, région contre région, privé contre public, etc..) n’ont t’ils d’autres objectifs, en dehors du diviser pou mieux régner, que d’enfermer les individus dans une sorte de minorité d’appartenance ? Chacun sait que c’est en sortant de son cercle d’origine qu’on accède à une majorité citoyenne de même qu’un enfant doit sortir de son cercle familial pour accéder à sa véritable majorité  afin de vivre de manière autonome la vie qu’il se choisit. En enfermant les individus dans des communautés d’appartenances ne cherche t’on pas à les infantiliser civiquement ?

La démocratie et la République ne se confondent pas. Dans l’Europe en construction il y a des monarchies avec des sujets et, la république avec des citoyens, ce qui n’est  ni la même chose ni de  nature identique. Le choix du titre de son ouvrage par cet ancien Président de la République n’était donc pas si anodin que cela. La conception française de République laïque gênait  et gêne les adeptes de la construction européenne, il fallait donc la réduire à une simple démocratie et de préférence non laïque.  Cette déconstruction est en cours, au besoin avec le développement des communautarismes qu’ils soient ethniques (division de la  Tchécoslovaquie, dépeçage de l’ex-Yougoslavie, affaire de la Belgique), régionaliste développement des régions et Daniel Cohn Bendit n’a-t-il pas proposé dans le cadre européen la création d’une région unique Basque (France-Espagne) en attendant le développement de cette même proposition pour d’autres régions , et enfin, le pire de tous,  par le développement  du communautarisme religieux.

Comment expliquer dés lors, si ce n’est qu’avec la volonté de réduire nos préceptes de république laïque,  que nos représentants Ministériels participent aux différentes manifestations organisées par les instances religieuses, tels le diner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ou bien encore aux Journées du Bourget organisées par l’UOIF ? 

Notre actuel Président qu’on n’ose à peine qualifier de République a fait pire en tenant les discours de Latran ou de Ryad et en allant faire pénitence au Vatican et en se prosternant il y a quelques jours encore devant le représentant ringard, conservateur  et passéiste d’une religion que même certains de ses adeptes disputent et qui  ne concerne de toute manière aucunement les préceptes républicains et les fonctions d’un Président d’une République laïque comme la nôtre se devrait de défendre.

Si la démocratie implique la souveraineté du peuple (Montesquieu) et non d’une partie du peuple (l’aristocratie), la République y ajoute le sens de la Res-publica, la chose publique,  c'est-à-dire  celle de l’intérêt général qui doit toujours l’emporter sur l’intérêt particulier. Nos anciens du Conseil National de la Résistance l’avait parfaitement compris leurs adversaires également.

L’Espagne est donc une démocratie et par ailleurs un pays à structures communautaire et régionale, et certaines régions en demandent toujours plus dans cet enfermement puisque chaque région tente de tirer à elle la couverture des avantages économiques  en regardant la région voisine comme une rivale potentielle. Nous sommes donc loin en théorie  de notre République Une et Indivisible même si en pratique les socialistes français  majoritaires dans la plupart de nos régions ont été incapables d’éviter la mise en concurrence économique de la région dont ils avaient la charge se traduisant ainsi par des délocalisations interrégionales dans notre propre pays.

L’Espagne est à la veille de consultations importantes, locales, Régionales et Nationales. J’ai été étonné par la similitude formelle adoptée par le PSOE (Parti socialiste ouvrier  espagnol) pour la désignation de ses candidats aux élections avec la méthode utilisée par le PS Français. J’en ai conclu qu’il ne pouvait s’agir d’une coïncidence mais bel et bien d’une volonté délibérée d’adopter  et au besoin d’imposer cette méthode déjà utilisée aux USA.

C’est ainsi que j’ai constaté que le PSOE procédait régionalement à des primaires, comme si il y avait eu concertation du parti socialiste espagnol avec les autres PS de l’Europe et tout particulièrement le PS Français concernant la mise en application de cette procédure. J’ajoute que le Parti populaire (droite) en a fait de même.

 J’ai constaté que, à l’occasion de ces primaires,  pendant que l’on parlait dans les télévisions espagnoles des qualités de tel ou tel candidat on ne parlait pas du fond des problèmes posés à un pays qui possède près de 20% de chômeurs.

J’en suis arrivé à me conforter que l’idée de ces primaires ne constituait  qu’un moyen technique destiné à occulter les problèmes de fond et  à faire admettre aux électeurs une pensée préétablie, fruit de l’économie de marché mondialisée, figée dans un  consensus mou sans véritable droite et sans véritable gauche, imposée de facto par un ordre économique mondial réservant à une sphère politique complice des sujets insignifiants et devant l’âpreté des problèmes d’une marginalité consternante et de circonstance.

 Le formalisme de ces élections n’est apparu finalement comme un masque destiner à occulter les véritables problèmes de fond régionaux, nationaux et internationaux ainsi que le fonctionnement réel de notre monde en présentant la crise comme une donnée indépassable tout en donnant l’illusion d’un fonctionnement démocratique des institutions mais dont les citoyens sont finalement exclus.

Le choix des termes employés en Espagne comme en France, du style « Les réformes nécessaires », « la modernisation indispensable de notre économie et des retraites » etc.., sont destinés à nous inculquer l’idée qu’il n’y a pas d’autres choix possible et ne sont en réalité que des trompes l’œil en vue de la mise en œuvre d’une régression sociale généralisée. Bref, la mise en œuvre par les politiques eux mêmes du suicide du politique sans aucun relativisme, puisque sans véritable débat, et soumis à l’insu de leur plein grès au diktat uniforme de l’économique au service des puissants.

Pour conforter mes impressions premières et concernant les problèmes de fond, J’ai été étonné par la similitude des politiques nationales engagées par le PSOE en Espagne avec  celle de Sarkozy/Fillon en France et que nous dénonçons chez nous régulièrement.

Je résume :

Blocage des salaires et des pensions, diminution des salaires pour les fonctionnaires,

Réforme des pensions, passage de 10  à 15 ans pour le calcul de leur montant, et de 65 à 67 ans pour l’âge du départ en retraite, blocage des pensions.

Limitation du droit de grève et mise en place d’un service minimum dans les transports

Fermeture des mines des Asturies,

Fermeture de chantiers navals en Andalousie

Augmentation de près de 5% de l’Electricité au 1er Octobre,

Augmentation du gaz

Réduction des dépenses des soins

Etc…

 

Comme si  la politique menée par les socialistes de Zapatéro ne constituait que l’autre face de Janus de celle quasi identique menée chez nous par Sarkozy et son Gouvernement. Ces gouvernements l’un de droite, l’autre de gauche, sont donc aux ordres du nouvel ordre mondial et appliquent à la lettre une politique non décidée et choisie par le peuple.

Le peuple espagnol ne s’y trompe pas et le président du gouvernement espagnol a été conspué lors des cérémonies de la fête nationale le 10 Octobre. Le Gouvernement et certains médias ont indiqué qu’il s’agissait d’éléments d’extrême droite…peut être, il n’empêche que le mécontentement est grand et comme en France s’est traduit par une grève nationale le 29/09/2010.

Le  11 Octobre, lendemain de la fête nationale, Zapatero a été plus loin en demandant à Rajoy, le leader du Parti Popular (de droite), son aide pour faire passer sa réforme des retraites. Le 12, il proposait au même Rajoy un protocole pour la cérémonie de la Fête Nationale destiné à éviter toute manifestation d’hostilité. Lequel Rajoy qui n’en demandait pas tant a dit qu’il n’était pas pour la limitation de la liberté d’expression…On croit rêver.

Le 16 Octobre des militaires, en civil, manifestaient et protestaient contre la précarisation de leur carrière,  à un policier en tenue,  qui lui était de service et ne manifestait pas, j’ai joué les faux naïfs en lui demandant ce qui se passait. Il m’a répondu, en me citant son cas personnel, que rien que pour lui son salaire allait diminuer de 200 euros mensuels.

 Si devant ces constatations, il ne s’agit pas là d’une alliance plus que circonstance mais bel et bien d’une collaboration destinée à mettre en place une politique antisociale et généralisée, alors qu’est ce que c’est ?

Face à l’ensemble et la concordance de ces événements il  faut bien se poser  les questions de fond.

Les primaires utilisées par les PS ne sont t’elles là que pour mieux annihiler toutes propositions  des autres forces de la Gauche non Européiste, non  adepte du sacro saint Marché, afin de les empêcher de contester le modèle dominant dont se satisfont les partis socialistes dits de Gouvernement ?

Les PS (gestionnaires) ne sont ils qu’une pale copie d’une alternance  interchangeable de partis de droite, tous dits de gouvernement,  mais qui par essence ou par choix de modèle de société sont en fait les uns comme les autres très conservateurs.

Le parti socialiste n’a-t-il pas adopté comme son nouveau dogme l’économie de marché, dont on sait qu’elle satisfait les libéraux économiques et les conservateurs,  en ne profitant qu’aux nantis et privilégiés et ce au détriment des plus faibles et des plus humbles, comment ose t’il encore dans ces conditions  se présenter comme socialiste ?

Par suite, les partis socialistes n’en sont ils réduits quant au fond à n’être que les adeptes de la même politique voulue par la droite et donc les complices d’un système qu’ils dénoncent dans les paroles mais qu’ils accompagnent en fait dans les actes et ce par la mise en place de politiques de régressions économique et sociale et ce d’une manière aussi efficace, et peut être même plus en profitant de l’ambigüité liée à leur image de marque historique,  que ne le feraient les partis conservateurs eux mêmes? (Espagne, Grèce, Portugal..)

Ayant été présent lors de la Grève (huelga) Générale du 29/09/2010 contre la politique antisociale du Gouvernement de Zapatero, je me suis amusé à collationner les grandes grèves nationales en Espagne au cours de ces 25 dernières années. A l’exception d’une seule, toutes ont été faites contre des gouvernements socialistes proposant avec constance des politiques sociales régressives, telles les grèves des:

20 Juin 1985, Gouvernement Socialiste,

14 décembre 1988, Gouvernement Socialiste,

28 mai 1992, Gouvernement  Socialiste

27 février 1994, Gouvernement Socialiste,

10 Juin 2002 Gouvernement Parti Populaire (Aznar),

29 Septembre 2010, Gouvernement Socialiste.

Bien évidemment et comme en France le ferait un Ministre de droite, le Ministre du Travail Espagnol a contesté le soir de la grève du 29 Septembre, et devant l’ensemble des diverses chaines des télévisions du pays, les chiffres de participation des manifestants en tentant de minimiser leur importance…On se serait cru à Paris avec Luc Chatel, sauf que là on était à Madrid avec un Ministre Socialiste.

Si l’UMP (France) d’un côté, et le PSOE (Espagne) de l’autre, malgré les arguments opposés de leurs leaders pendant les campagnes électorales finissent, une fois élus, par pratiquer grosso modo la même politique que celle de leur adversaire, on peut se poser légitimement la question de la validité de la supposée démocratie européenne .

A quoi servent dans ces conditions les élections et que représente encore aujourd’hui la politique d’Etats souverains au sein  de l’Union Européenne ?

Les responsables nationaux des formations politiques  ne sont ils devenus que les simples instrumentaires d’une même politique décidée par une aristocratie de l’argent, non élue, et qui a pour seul objectif de placer  des  intérêts particuliers comme prioritaires au lieu et place de l’intérêt général de la majorité des citoyens des Etats membres. D’ailleurs, dans une république comme la notre comment est-ce concevable que des parlementaires (intérêt général) s’inscrivent dans le même temps en qualité d’avocats d’affaires (intérêt particulier). Ne devrait t’il pas y avoir une loi pour interdire ce genre de pratique au moins pendant la durée du mandat de parlementaire ?

Les membres de la commission de Bruxelles ne sont ils pas l’ exemple concret de cette oligarchie qui détient par confusion des pouvoirs exécutifs et législatifs, en contradiction totale avec l’idée même de séparation des pouvoirs (Montesquieu), et propre à toute démocratie digne de ce nom sans même parler d’institution républicaine qui a en sus, je viens de le rappeler,  pour objet principal « la « Res publica » c’est à dire l’intérêt général et non quelques  intérêts particuliers avec pour conséquence qu’aujourd’hui  notre République Française, n’existe plus de facto que sur le papier  dans cette construction européenne.

Le parlement européen lui-même, parlement au rabais sans véritable pouvoir législatif et des institutions comme la banque centrale européenne, qui n’a de compte à rendre à personne, sans aucun contre pouvoir,  ou bien encore la Cour de Justice européenne qui s’arroge le droit de rendre des arrêts qui s’imposent aux parlements nationaux impliquant un véritable retour au Gouvernement des Juges ce contre quoi s’étaient révoltés, en sus des injustices, nos anciens de 1789, ne sont t’ils pas la marque d’une régression civique  organisée et généralisée. 

Le 18 Janvier 1999 la France a, à Versailles, abandonné une grande partie de sa souveraineté en procédant à la modification de sa constitution pour ratifier le traité d’Amsterdam. La constitution était pourtant fort claire.. « La souveraineté appartient au peuple », nulle part il n’était indiqué qu’elle appartenait aux  représentants du peuple. Aux représentants du peuple on leur avait donné par délégation le droit de procéder au législatif, au besoin même de modifier la constitution, mais pas au point d’attenter à la souveraineté du peuple Français qui demeure et demeurait de sa compétence exclusive.

Aujourd’hui ce n’est plus le cas puisque depuis les parlementaires, qui ont confondu pouvoir et souveraineté, ont réitéré cette façon de procéder par la ratification du traité du Lisbonne alors que pour une fois consultés les Français s’étaient prononcés par référendum pour le « non » au traité constitutionnel.

Le hasard une fois encore, mais est ce un hasard,  a fait qu’ UMP et PS se sont retrouvés en grande majorité d’accord pour cet acte de forfaiture de modification de la constitution pour mieux adopter le traité de Lisbonne que le peuple dans ses grandes lignes avait rejeté.

Les tartuffes du PS qui se sont convertis aux lois du marché tout en continuant de se revendiquer de la classe ouvrière ne sont en réalité que des libéraux économiques de la pire des espèces, ils avancent masqués, afin de mieux servir des intérêts qui ne sont pas ceux du peuple. Non seulement ils ont abandonné notre souveraineté mais plus grave ils ont attenté à la République elle-même et à l’esprit républicain en substituant à l’idée d’émancipation celle de soumission à un ordre qu’ils prétendent inéluctable avec ces phrases terrifiantes d’un Président de la République « Contre le chômage on tout essayé » ou celle d’un premier ministre « je ne peux rien ».

A cause d’eux, les peuples nationaux ne disposent plus de leur propre souveraineté, si ce n’est qu’au niveau formel ce qui est le cas de la France d’aujourd’hui.  Alors posons nous les bonnes questions qui tire les ficelles et dans quel but, où sont les vrais pouvoirs,  si formellement ils ne sont plus que les instruments d’une régression sociale généralisée  quel jeu joue le PS dans toute cette affaire ?

Enfin, en Espagne comme en France, on  parle d’inscrire dans la constitution le fait de ne pas dépasser tel pourcentage en matière de déficit public. Si tel était le cas, et sans nier la nécessité de lutte contre les déficits non productifs, on peut dire que le débat politique en Europe serait mort…Il ne resterait qu’un vague débat économique au sein d’un plan comptable préétablit  et pour lequel il n’y aurait plus besoin de personnel politique, si ce n’est que pour prétendre au prébende d’ un régime spécial de retraites fort avantageux qu’il s’est bien gardé d’aligner sur le régime général qu’il impose aux autres. Quelques experts comptables et commissaires aux comptes suffiraient alors afin de mettre en forme et en œuvre le budget souhaité par Bruxelles. C’est ainsi que ce constitue l’Europe en Espagne comme en France.

Bref, nous voilà revenus à un système que Montesquieu qualifiait de tyrannie. Quel recul pour nous Français sans que le PS ne trouve rien à y redire et pire s’en fait le complice.

Joseph Goebbels qui a été le premier a déclarer que les nations étaient dépassées car trop petites et que l’Europe Germanique constituait la seule perspective sera satisfait post mortem. Les libéraux ont besoin d’espace pour faire leurs profits et, en Espagne comme en France et ailleurs, des journalistes qui communiquent plus qu’ils n’informent, comme l’émission UMPS journalière « C dans l’air » ont préparé leur grille de lecture afin de nous faire avaler qu’il est normal dans ce monde en crise que ce soient les salariés qui en paient la note.

 

Jacky Eouzan

Chargé des Relations extérieures de République et Socialisme

Membre de Résistance Sociale

Membre du M’Pep

 

 

 

 

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