La Grèce n'est pas dans une situation très différente des autres pays de l'Union. Pour l'économiste Jacques Sapir, la solution est ailleurs. Il faut un contrôle des mouvements de capitaux et
une réforme de la Banque Centrale Européenne.
On voit sur ce graphique que si la Grèce a bien été la première victime des marchés financiers, elle ne sera pas la seule. Ces marchés ne demandent qu’à
répéter les opérations spéculatives dont la Grèce a été la victime ces dix derniers jours sur l’Espagne, l’Italie le Portugal ou l’Irlande. Si l’on peut envisager d’aider la Grèce, les
ressources seront saturées dès que le problème se posera à l’échelle de l’Italie ou de l’Espagne, voire de plusieurs pays à la fois.
Il faut dès lors se rendre à l’évidence. Seul, un contrôle sur les mouvements de capitaux à court terme, accompagné d’un changement radical des règles de la Banque Centrale Européenne en ce qui
concerne le financement des dettes souveraines sera en mesure de stopper cette spéculation. Mais, on voit mal se mettre en place pareille politique. Ce n’est pas la réunion d’aujourd’hui à
Bruxelles et son compromis boiteux qui plaident en ce sens.
La crise de l’Euro est donc à venir, et de ce point de vue, la crise grecque n’est qu’un avertissement. Mais nous savons déjà qu’elle sera grave, et sans doute terminale pour la zone Euro, en
raison de l’inadaptation des politiques.
Faute de ne pas avoir voulu en modifier à temps les règles, et passer du principe de la monnaie unique à celui de la monnaie commune, les dogmatique et fanatiques de l’Euro auront eu sa
peau.