La Grèce, l'Espagne, le Portugal, trois symboles de notre
culture, mis à sac par le monde financier, avec l'agrément d'une classe politique uniforme, domestique, couarde, définitivement asservie, disposée à foutre en l'air le tissu
économique et social des pays qu'elle dirige pour satisfaire le bon vouloir du Maître-argent.
La jeunesse de ces pays est dans la rue pour protester contre ce monde que les aînés ont patiemment bâti et méthodiquement détruit. Si elle ne sait pas encore quelle configuration aura celui qu'elle va à son tour élaborer, elle sait d'ores et déjà ce qu'elle ne veut pas... Ce qu'elle ne veut plus !
Au Portugal, Génération dans la dèche, groupe initié sur Facebook, donne rendez-vous dans la rue pour une manifestation qui deviendra le mouvement social ayant mobilisé 400 000 personnes, le plus important depuis la révolution des œillets. Il a été la source qui a inspirée celui des Indignados espagnols au mois de mai.
Dimanche 5 juin, presque 10 millions de portugais avaient rendez-vous avec les urnes, dans le cadre d'élections anticipées pour savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Qui du socialiste José Socrates, réputé pour son arrogance, jeté à la rue par le parlement avant la fin de son bail, because un plan d'austérité à faire pâlir des conservateurs extrémistes, ou du poulain de José Manuel Barroso, le centriste-libéral Passos Coelho, pour faire accepter au pays l'idée que le prêt de 78 milliards promis par l'Europe et le FMI passe par la mise à genoux de millions de citoyens ? Ce même Barroso, épinglé pour frais de déplacements jusqu'à hauteur de 730 230 euros, une bagatelle, a fait des pieds et des mains pour, en sous main, faire de son pays un futur modèle économique, avec population au piquet.
Du Portugal à l'Irlande, de la Grèce à l'Espagne, triple hélas ! Aucun candidat politique avec suffisamment de courage pour refuser l'escroquerie financière ! Au poker, puisqu'il s'agit ici du même procédé, quand un jouer est surpris en pleine tricherie, on lui fout une volée et on lui retire les gains, le jetant à la rue comme un malpropre, dans le meilleur des cas. Ici rien de semblable. Le monde appartient aux bandits. L'estampille officielle servant de garantie, place aux tricheurs !
Les partisans de Barroso l'emportent donc avec une grosse marge sur un PS déliquescent. C'était programmé. Les sortants étant accusés d'avoir mis le feu dans les finances publiques. Les nouveaux enfonceront le clou bien profond. A moins que la rue ne se réveille enfin !
A peine la bonne nouvelle de son élection en poche, sans prendre le temps de respirer, ni même de remercier les quelques millions de couillons qui ont voté pour lui, Passos Coelho n'avait qu'un message à faire passer, rassurer les créanciers du Portugal :
«Je ferai tout pour garantir à tous ceux qui nous regardent de l’extérieur que le Portugal ne sera pas un fardeau à la charge d’autres pays qui nous ont prêté ce dont nous avions besoin pour faire face à nos responsabilités et à nos engagements... Nous ferons tout notre possible pour honorer l’accord établi entre l’État portugais, l’Union européenne et le Fonds monétaire international, pour reconquérir la confiance des marchés. »
De son côté, le malheureux José Socrates faisait son mea-culpa, se frappant le poitrail à grands coups, reconnaissant que cette défaite était la sienne et démissionnait de ses fonctions de secrétaire général du PS, poste qu'il occupait depuis 2004, déclarant : « J’estime que le moment est arrivé d’ouvrir un nouveau cycle politique à la tête du Parti socialiste »...
La mafia financière doit bien rigoler sous cape. Tant qu'ils auront à disposition une classe politique qui leur fait allégeance, elle peut dormir sur ses deux oreilles.
Le paradis des canailles c'est partout sur cette terre ! Et notre PS, quel enseignement tire-t-il de ces élections ?...
ruminances