Texte de l'Intervention de Claire Mazeron, lors de l'Université d'été du MRC à Valence, le 5 septembre
2010.
1. Le paradoxe
Je voudrais commencer par donner quelques chiffres qui pourraient laisser penser que l'école a relevé le défi de la démocratisation
:
− en 1970, 20% d’une génération avait le baccalauréat. En 2005, le chiffre est passé à 62,5%.
− le taux de réussite bac était de 60% en 1960, il est de 82% aujourd'hui.
− en 1985 : 50% des élèves d’âge théorique en seconde contre 67,5% en 2005.
Pour autant, la massification n'a mené ni à la démocratisation, ni à l'élévation du niveau de compétences.
Si on considère le dernier chiffre que je viens de citer, on doit savoir que le redoublement en 5ème, par exemple, est passé de 10,8% en 1996 à 3,6%
aujourd'hui...
a. Massification sans démocratisation
En 2004, les cadres représentaient 11% de la population française mais 47% des étudiants des grandes écoles étaient des enfants de cadres. Les enfants
d'ouvriers, eux, représentaient 3% de ces mêmes étudiants, alors que les ouvriers comptaient pour presque un quart de la population française.
En 2005, on notait 15 points d’écart aux évaluations de 6ème entre enfants de cadres et d’ouvriers.
Les chiffres se sont dégradés depuis 40 ans.
b. Diplômation sans qualification
Rapport HCE 2007 : 40% d’élèves sortant de CM2 ne seraient pas en mesure de suivre une scolarité au collège dans de bonnes
conditions.
Rapport DEPP - janvier 2009 : en lecture, deux fois plus d’élèves de CM2 (21%) se situent au niveau des 10% les plus faibles en
1987.
Pour la même dictée effectuée, 26% des élèves comptabilisaient plus de 15 erreurs en 1987, contre 46% en 2007.
Classement PISA 2003 :