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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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DEFENSE DE LA LANGUE FRANçAISE ET DES AUTRES...


La langue française: un combat pour les travailleurs et le progressisme
 

 

Il est fort difficile de défendre la langue française lorsque l'on est de gauche. La cause qui nous anime a longtemps été accaparée par la droite conservatrice, voire ouvertement réactionnaire. Elle s'est également cantonnée aux jeux d'influence dans les coulisses du pouvoir.

 

Si nous avons décidé de créer le CO.U.R.R.I.E.L. il y a maintenant plus d'un an et demi, cela répond à une conviction et à une nécessité:

 

-la conviction c'est que ce seront les classes populaires qui seront privées par le basculement de la France à l'anglais de leur droit à l'éducation, de leur droit à l'emploi, de leur droit à l'information, de leur qualité et de leur dignité de citoyen !

 

-la nécessité, c'est que, de la même façon que l'émancipation des travailleurs ne peut être que le produit des travailleurs euxmêmes, la défense de la langue française ne peut être portée que par le peuple qui en est l'âme, par les travailleurs, français ou immigrés, qui chaque jour l'utilisent pour vivre, échanger, s'organiser et lutter. La conviction aussi que c'est le peuple qui, de 1789 à 2005 en passant par 1871 et 1940-45, a toujours su se soulever contre les oligarques et les puissants de tout poil qui voulaient l'asservir, au bénéfice du patronat français et de l'impérialisme, tantôt nazi, tantôt américain.

 

Le CO.U.R.R.I.E.L. défend la langue française et toutes les autres langues face à la dictature linguistique
anglo-saxonne, parce qu'un peuple dont la langue est éradiquée ne perd pas seulement un patrimoine culturel, aussi
important soit-il: il perd aussi la mémoire des luttes qui lui ont permis de conquérir les droits qui ont approfondi et renforcé la démocratie. C'est pourquoi le CO.UR.R.I.E.L. inscrit le combat pour la langue française comme un élément fondamental de celui plus général pour l'émancipation humaine.

 

Bilan des activités

 

Le CO.U.R.R.I.E.L. a participé et organisé plusieurs manifestations au cours des mois écoulés. Voici un bref résumé des plus marquantes.

 

Dans le cadre du festival international de théâtre d'Avignon s'est tenu le 20 juillet 2010 un débat ayant pour thème « Pensée unique, culture unique, langue unique » conduit par Georges GASTAUD et auquel ont apporté leur soutien des personnalités issues de différentes sphères du monde de la culture.

 

 

Cet événement a donné lieu à des articles dans la presse par les quotidiens l'Humanité, La Marseillaise et La Provence ainsi que dans BRN.

 

Notre camarade Gaston PELLET s'est chargé de l'organisation et des relations avec les organisateurs du festival: nous en profitons pour saluer l'immense travail qu'il a accompli et qui a rendu cet événement possible.

 

Le COURRIEL, en la personne de Thierry PRIESTLEY, a participé au débat « Faut-il défendre la langue française? » au village du livre de la fête de l'Humanité, organisé par la fondation Gabriel Péri le 11 septembre 2010. L'auditoire s'est montré dans l'ensemble plutôt réceptif. Ce fut l'occasion de montrer à quel point la défense de la langue française était un combat indispensable au progressisme. A cette occasion, nous avons pris contact avec différents mouvements présents en vue d'actions ultérieures.

 

« L'Appel internationaliste et progressiste à la résistance linguistique et culturelle », rédigé par notre président Georges GASTAUD, a fait l'objet d'une large diffusion et a été traduit en plusieurs langues.

 

Parmi les autres faits marquants, il faut signaler:

 

-le communiqué des associations au sujet de la réforme des lycées, qui a donné lieu à la distribution d'un tract à l'occasion de la manifestation des enseignants du 30 janvier 2010

 

-plusieurs articles dans la presse ont été publiés, notamment la Voix du Nord et le Monde.

 

D'autres actions pour les semaines et mois à venir sont en cours de préparation. Nous ne manquerons pas de vous
prévenir et de vous inviter à y participer.

 

Bilan de l'association

 

A ce jour, l'association compte une cinquantaine adhérents. Ce chiffre a augmenté de façon mesurée mais nette.

 

Sur le plan financier, les cotisations nous ont permis de faire face à toutes les dépenses que nous avons voulu engager. Cela nous laisse une marge très raisonnable pour continuer nos activités.
 

 

Il apparaît nécessaire d'augmenter significativement le nombre d'adhérents. Le doubler en 2011 apparaît à la fois nécessaire et réalisable afin de réaliser deux objectifs:

 

-consolider nos moyens financiers afin de poursuivre nos activités

 

-étendre le bureau afin de faire face aux diverses sollicitations qui nous sont adressées

 

 

En outre, nous voulons faire appel davantage aux militants que nous ne l'avons fait par le passé, afin d'accomplir toutes les tâches auxquelles nous devons faire face.

 

C'est pourquoi nous vous demandons de diffuser largement ce bulletin, sous forme papier ou numérique, afin de nous faire connaître et de provoquer des adhésions.

 

Sans minimiser tout ce qui a déjà été fait, notre visibilité doit encore progresser et nous devons approfondir nos relations avec le monde politique, associatif et syndical. Là encore, nous vous invitons à nous signaler toute manifestation à laquelle vous souhaiteriez voir le COURRIEL intervenir.

 

La situation du français
Notre langue est fragilisée et marginalisée par une véritable politique d'anéantissement dont la brutalité est sans précédent. En voici quelques illustrations fournies par l'actualité des mois écoulés..
 

 

Gouvernement
Depuis 2007, le gouvernement en place a multiplié les attaques contre la langue française, notamment en ratifiant le protocole de Londres qui supprime l'obligation de traduction des brevets en français. Récemment, celui-ci s'est encore illustré par:

 

-l'ouverture d'une annexe de l'IEP de Paris à Reims où tous les cours se font en anglais

 

-la réforme des lycées qui pousse à multiplier le nombre de disciplines enseignées en « langues étrangères » mais nul n'est dupe, de savoir qu'il s'agit de l'anglais uniquement

 

-des stages anglais pendant les vacances scolaires sont proposés à tous les lycéens, à l'exclusion de toute autre langue

 

Opposition

 

Malheureusement, on ne peut pas dire que l'opposition actuelle se distingue sur le sujet. Le parti socialiste, qui est en le représentant le plus visible, a manifesté son anglolâtrie à plusieurs reprises:

 

-en soutenant la création d'une école bilingue français-anglais à Péchonnebieu avec le soutien du maire socialiste, école privée de surcroît

 

-en faisant de l'anglais la langue de travail de l'Eurodistrict Lille-Courtrai-Tournai en lieu et place du français et du néerlandais; Lille est une ville dirigée par la première secrétaire du Parti Socialiste...

 

-la plupart des députés socialistes ont voté en faveur du protocole de Londres, qui avait été proposé par l'ancien Premier Ministre Lionel JOSPIN

 

Ailleurs
Le travail de sape ne provient pas que des milieux politiques:

 

-les grandes écoles ont estimé que l'obligation d'enseigner en français nuisait à leur attractivité internationale: elles ont donc demandé que la loi Toubon soit supprimée pour l'enseignement supérieur. Le contribuable appréciera que ses impôts servent à financer la destruction de la langue française dans notre pays...

 

-le protocole de Londres n'a pas été signé par tous les pays membres de l'UE: la commission européenne est donc revenue à la charge sur ce sujet. Elle a aussi proposé que l'anglais soit la seule langue utilisée dans les relations douanières

 

-en Allemagne, les tribunaux de certains Länder statuent désormais en anglais. Cet exemple prouve s'il en était besoin que ce combat revêt une dimension internationaliste évidente

 

-au Québec, la loi 103 permet de contourner l'obligation d'étudier en français dans cette province: là c'est le gouvernement d'Ottawa qui a censuré une disposition prise par l'Assemblée québécoise.
 

 

Mais aussi les résistants!

 

Heureusement, un certain nombre de mouvements, autres que les associations qui oeuvrent à la défense de la langue française, se sont manifestés au cours des mois passés:

 

-la confédération des cadres CGC, à l'occasion du débat sur l'identité nationale, a fustigé le gouvernement dans les termes suivants: « Le vrai respect de l'identité française n'est-il pas le respect de la langue et des valeurs plutôt que quelques mouvements de menton vis à vis de pauvres hères errants. Le vrai respect de l'identité française n'aurait-il pas été d'exiger que tous les brevets fussent traduits en français plutôt que de permettre leur diffusion de référence en anglais selon le protocole de Londres avec les risques de sécurité que l'on devine. » (http://www.cfecgc.org/ewb_pages/a/actu_2196.php)

 

-à l'initiative de la Confédération Générale des Travailleurs et du Front des Travailleurs Québecois à été créé un collectif « Langue au travail » : on peut notamment trouver sur le site( http://www.languedutravail.com/) de nombreuses informations et réflexions sur la question de la langue dans ce domaine primordial de la vie quotidienne

 

 

-au Québec, le refus par la cour constitutionnelle canadienne de valider la loi 104, laquelle a pour objet de garantir la prééminence du français dans l'enseignement, a suscité de nombreuses réactions. On peut citer en particulier celle de
mouvements progressistes tels Québec solidaire (http://www.quebecsolidaire.net/actualite-nationale/loi-104-quebecsolidaire- est-outre-par-la-decision-de-la-cour-supreme) et le Parti Communiste Québecois qui a relayé la campagne « Moi, je travaille en français ».

 

-le Député communiste du Nord, M. Jean-Jacques CANDELIER, a proposé la création d'une commission d'enquête parlementaire (proposition n° 2841). Cette initiative n'a malheureusement pas été suivie. Gageons que notre action permettra à l'avenir que de nombreux autres parlementaires se joignent à lui.

 

Devant cette offensive, c'est le monde du travail qui est aujourd'hui le plus en pointe pour réagir car c'est lui qui subit le plus fort cette violente agression. Il est de notre devoir que cette résistance se traduise maintenant au niveau politique et que des mesures vigoureuses soient prises pour défendre ce qui est l'un des ciments fondamentaux de la France et de son peuple.
 

 

Propositions

 

Il n'est pas seulement nécessaire de mobiliser et d'agir; il faut aussi définir des politiques et, en vertu du principe selon lequel « entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui libère », adopter des mesures contraignantes.
 

 

D'où une ébauche de programme pour la langue française en 8 points qui demande encore à être peaufiné sur certains points:

 

1. Renforcer la loi de 1994 relative à la langue française en ajoutant dans la constitution le droit d’étudier et de travailler en français ; pénaliser financièrement de façon très lourde les entreprises privées ainsi que les services et entreprises publiques qui ne proposent pas de traductions des documents de travail, tiennent leurs conseils d’administration ou proposent des cours dans une langue étrangère (hors cours de langue). De même, il serait souhaitable de réfléchir à un dispositif concernant les entreprises et commerces dont les raisons sociales ou les enseignes sont exprimées en "english".

 

2. Proposer une initiation à plusieurs langues à l’école primaire et reporter le choix au collège

 

3. Diversifier de façon coercitive par l’introduction de quotas d’élèves par langue
l’enseignement. Ceci devrait se traduire notamment par une répartition égale entre les
langues de nos voisins, à savoir l’allemand, l’anglais, l’espagnol, l’italien, le néerlandais et le portugais et par un développement des langues des pays de la francophonie et des langues minoritaires: arabe, vietnamien, ouoloff, bambara, peul, basque, breton...

 

4. Restaurer le volume d’heures de français qui n’a cessé de décroître depuis trente ans en insistant notamment sur la grammaire, l’orthographe et en accordant une place importante à la littérature. Redonner leur place à l'enseignement des langues anciennes, latin et grec.

 

5. Accorder automatiquement des cartes de résidents aux ressortissants des pays
francophones, notamment aux étudiants (« citoyenneté francophone de résidence »)

 

6. Développer les programmes bilatéraux d’enseignement au sein des deux ensembles auxquels la France appartient, à savoir la Francophonie et l’Union Latine.

 

Dans le cadre de la Francophonie équitable et respectueuse de chacun, une attention toute particulière devrait être accordée au développement des langues des autres pays membres (cf point 3.)

 

7 Renforcer la Direction Générale à la Langue Française et aux Langues de France: en la rattachant directement au Premier Ministre comme c'était auparavant le cas; en lui accordant des effectifs conséquents; en soumettant à son visa les projets de loi comportant un volet linguistique; en nommant un ou plusieurs représentants de la DGLFLF dans chaque ministère encharge de faire appliquer la loi Toubon et dotés de pouvoirs de censure

 

8 Refuser tout document de travail en provenance de l'Union Européenne qui ne soit pas rédigé en français. Idem pour les autres institutions internationales.

 

Coin lecture
Quelques ouvrages récents:
-DURAND Charles-Xavier, « une colonie ordinaire au 21ème siècle », EME
-TAILLANDIER François, « la langue française au défi », Flammarion
Et aussi des classiques:
-HAGEGE Claude, « halte à la mort des langues », Odile Jacob
-DU BELLAY Joachim, « défense et illustration de la langue française », NRF
-LECHERBONNIER Claude, « pourquoi veulent-ils tuer le français? », Albin Michel
CO.U.R.R.I.E.L.
Président d'honneur: L. Landini
Président: G. Gastaud
Bureau: M. Rafflin, G. Pellet,
M. Varnier, G. Beaudoin

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