Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne
Michèle Alliot-Marie est intervenue dans une tribune du Monde pour défendre l'honneur de sa justice. Celle qui, placée sous
le contrôle du président, s'expose chaque jour ou presque au mépris des Français. Parce qu'il n'a jamais été aussi évident qu'il y a désormais deux justices dans ce pays. L'une qui fonctionne
pour résoudre les problèmes des gens
ordinaires, comme vous et moi qui la connaissons mal, et qui juge, suppose-t-on en toute
indépendance. L'autre qui veille dans l'ombre à la protection du pouvoir et de ses amis.
C'est la réputation de la seconde que la ministre prétendait restaurer, la
mêlant à la justice commune, et réfutant de fait une dichotomie que nul n'ignore plus. Il est vrai qu'il est presque impossible d'en délimiter les contours indécis. Les lignes en ont été tracées
par des coups d'échecs complexes, débutés avant même l'élection de Nicolas Sarkozy, au gré de nominations-promotions verrouillant les affaires que l'on pressentait à venir.
Mme Alliot-Marie prend de haut la dénonciation d'une justice aux ordres, mais peut-on qualifier autrement une justice dans laquelle un procureur, ami
notoire de Nicolas Sarkozy, placé sous l'autorité du gouvernement, confisque littéralement un dossier compromettant pour le président? Dans une république digne, où la séparation des pouvoirs
serait respectée, un homme sans reproche s'interdirait pour commencer de diriger l'enquête sur une affaire concernant de près ou de loin un ami. À plus forte raison lorsqu'il se trouve lui-même
mêlé d'obscure manière à certains détails de cette affaire, comme c'est le cas pour le procureur Courroye dont le nom apparaît dans les enregistrements effectués chez Mme Bettencourt. Que dire
des entraves infligées par le même procureur au travail d'une juge indépendante, dans un autre aspect du dossier?
Un jour, peut-être verrons-nous avec étonnement M. Courroye inculper, ou mettre contre toute attente sur la sellette d'autres gens que des lampistes. On ne
pourra s'empêcher d'y voir davantage un sursaut d'orgueil que l'effet d'une conscience irréprochable. Il aura tout de même contrecarré la marche d'une justice sereine et
impartiale.
Le coucou.