Nicolas Sarkozy avait un job : casser l’exception française, les acquis du Conseil de la Résistance, le conservatisme, le corporatisme, l’Etat-assistance, les
barons locaux, pour « faire entrer la France dans la modernité » c'est à dire, dans le libéralisme anglo-saxon afin d’affronter la mondialisation et unifier l’occident face au monde
multilatéral.
Ce programme concocté par Minc , Attali et Kessler(MEDEF) et que devait appliquer Balladur, s’il avait été élu à la Présidence de la République, mais François Mitterand a choisi Jacques Chirac,
plus républicain.
C’est NS qui le fera soutenu discrètement mais efficacement par Laurence Parisot (MEDEF) avec l’appui des nouvelles techniques de communication « persuasive ». Les français ont évolués et sont plus
malléables.
NS en lui-même n’a pas d’importance, il est l’instrument ponctuel d’un système. Plus on parle de lui moins on comprend le système et tout est fait pour ça…
Libéraliser la France, la faire entrer dans le système, implique de changer les valeurs et les principes au sein de la société.
1 ) Il faut briser la passion française d’EGALITE pour imposer l’équité. L’égalité n’existe pas, l’équité (nov’langue) c’est donner à celui qui le mérite la chance de réussir et c’est à chacun de
se battre pour y arriver par son travail, son mérite, sa pugnacité compétitive, ses qualités intrinsèques (génétiques ?) et son adhésion au système. La lutte de classe est remplacée par la lutte au
mérite, au plus fort. L’individu narcissique remplace le collectif et le sentiment de principe républicain.
2 ) Il faut briser la FRATERNITE : l’assistance, les avantages acquis, les services et la culture publics, chacun est maître de sa destinée. Les services, c’est une source de business et le privé
est plus rentable.
Le citoyen est au service de la croissance et du profit. A lui d’en prélever la plus grosse part. La seule « morale » : tous les moyens sont bons à condition d’être « transparent », avec toute
l’hypocrisie et le flou artistique du terme ! Je ne mens jamais mais je ne dis pas tout… ?
Il faut briser le tabou de l’argent. L’argent est un signe de réussite et le but à atteindre. « Travailler plus pour gagner plus »… même si ce n’est pas pour tout le monde. Avoir une Rollex à 50
ans ?
Il faut définir une nouvelle éthique : « pragmatisme, transparence et croissance ». Dissoudre l’idéologie, ringardiser l’utopie, absorber toute opposition.
L’Etat est uniquement au service de l’économie, réduit progressivement au rôle de gendarme afin d’assurer la libre circulation des biens et des personnes et à celui de « charité » pour les plus
faibles.
Il faut briser l’ENA, symbole de la République de l’Etat-Nation gaullien. L’élite issue du business doit passer du privé au public afin d’accomplir une mission de restructuration libérale puis
revenir au privé. Les ministres sont des DG soumis à la pression du management. Il faut être flexible, charismatique, s’adapter. Rien ne dure, tout bouge. Le changement est la règle d’or.
L’Etat se gère comme une entreprise avec le même management financiarisé. Il fallait tuer le gaullisme, le chiraquisme et le socialisme.
3 ) Il faut moduler la LIBERTE : imposer une nouvelle république centralisée afin de contrôler le système. Les appareils démocratiques : Assemblée Nationale, Sénat, Conseil Constitutionnel,
Parquet, etc…sont présents mais vidés de leurs pouvoirs.
Les libertés individuelles sont encadrées et progressivement limitées. Fichiers, EDVIGE, etc…. NB : le Sénat sera probablement supprimé à terme.
4 ) Il faut un nouveau sens à cette « nouvelle »république afin d’assurer la cohésion populaire malgré les inégalités inhérentes au libéralisme : le NATIONALISME. Au risque de faire revenir le
FN.
5 ) L’Europe est réduite au rôle de facilitateur du business.
6 ) Il faut une spiritualité : la laïcité positive. Comme aux USA, nous devons croire. Dieu (quel qu’en soit le nom) promet l’Abondance et participe à notre croissance ! Rien à voir avec les
démocrates-Chrétiens…Il fallait tuer Bayrou.
7 ) L’élite, l’économie sont devenus apatrides dans la mondialisation, le politique se doit d’orchestrer un semblant de démocratie locale. Il utilise le storytelling, l’action perpétuelle (agir,
expérimenter et réfléchir après), la mise en scène permanente, le mot et l’action dans l’immédiateté quitte à ce qu’il ne soit suivi de rien. Il faut occuper la scène, se mettre en valeur,
surprendre, innover, héroïser son action tout en étant proche des gens (peopolisation). La confusion empêche le peuple de penser.
Grâce à la crise qui lui a permis d’ACCELERER encore la « rupture », malgré quelques vagues d’agitations causées par la casse sociale, réprimées ou habilement étouffées par des vœux pieux et
lénifiants, quelques reculades stratégiques avant de passer à nouveau avec un fait divers favorable, NS a réussi pleinement son job de restructuration.
Le système est appliqué, consolidé, le plan est entièrement appliqué : la France est libérale, fille aînée du Marché : profit, bourse et actionnaire ?
Système qui s’apparente, à bien des égards, à une SECTE ?
Et si NS ne se présentait pas en 2012 ? Logiquement, NS, s’appliquant à lui-même ses principes dira : « Mission accomplie, je repars dans le privé faire du business ! »
La succession est prête, le prochain PDG de la France : DSK ?
Pseudo-alternance car DSK fait partie de la famille…Le système ne risque rien.
A moins que ce beau scénario ne grippe et que les français, enfin lucides, en décident autrement...en 2012 !