Quatrième de couverture :
« “Il est temps que le Peuple, foulé et assassiné, manifeste sa volonté pour que la misère elle-même soit anéantie. Qu’il proclame son Manifeste.
Qu’il prouve que la démocratie est l’obligation de remplir, par ceux qui ont trop, tout ce qui manque à ceux qui n’ont point assez !”
Depuis 1793, les principes inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de l’an I sont détruits et ceux qui les défendent sont
réprimés. En octobre 1795, Gracchus Babeuf (1760-1797) a compris que l’avènement du Directoire mène à la fin de la tentative démocratique, qu’il achève la trahison de la Révolution. Dans son
journal Le Tribun du peuple, il revendique l’idéal d’Égalité et de “bonheur commun”. Bientôt accusé de conspiration, il sera arrêté et exécuté sur ordre du
Directoire. »
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens, Éditions Mille et une nuits, 2010. Notes et postface d’André Bellon.
Note de lecture de Jérémy Mercier dans la
lettre n°44 du groupe République ! :
“Si beaucoup d’historiens ont pu s’intéresser au personnage emblématique de Gracchus Babeuf (1760-1797), pour sa lutte contre la réaction thermidorienne, et ses actions en faveur de l’égalité ou du collectivisme, c’est sans aucun doute aujourd’hui avec cette réédition menée par André Bellon un Babeuf de nouveau émancipateur du peuple qui est présenté. Mais également, un Babeuf épris de la constitution de 1793. Le Manifeste des plébéiens n’est ni un roman, ni un ouvrage anodin. C’est un pamphlet contre les dérives réactionnaires, en particulier écrit en réponse très critique aux opinions de Fouché, pour faire comprendre que le Peuple attend avec impatience le retour de la démocratie. L’actualité de cet ouvrage, en temps de crise et de retour progressif d’une aristocratie dirigeante, frappera tous ceux qui aiment et militent pour l’égalité politique de droit et qui pensent, à juste titre, que la Révolution française est incontournable pour comprendre notre propre histoire. Pamphlet énergique contre le despotisme, ce Manifeste est la preuve qu’en tout temps, la résistance républicaine doit être à l’ordre du jour. Ce mouvement pour le peuple incite aujourd’hui à une vive actualisation.”
Nonidi 19 Nivôse an CCXIX
« L’homme est né pour le bonheur et pour la liberté et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être ; et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées. » Robespierre, 10 mai 1793
Quatrième de couverture :
Depuis Thermidor et en passant par le Bicentenaire, Robespierre, présenté comme un tyran sanglant et glacé, un ancêtre des totalitarismes de
tous bords, reste un sujet de haine et de répulsion.
On le voit ici prendre la parole contre la peine de mort, contre la loi martiale, contre la guerre de conquête (« Personne n’aime les
missionnaires armés »), contre l’esclavage dans les colonies (« Périssent vos colonies si vous les conservez à ce prix »). Il réclame le suffrage
universel sans condition de fortune. Il veut que les droits de citoyen soient donnés à tous sans discrimination de religion ni de métier. Il s’élève contre la liberté illimitée du
commerce qui affame le peuple (« Faisons des lois qui rapprochent le prix des denrées de celui de l’industrie des pauvres »). Il dénonce l’égoïsme des possédants
(« La première loi sociale est celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister »).
À notre époque, où droits de l’homme et libéralisme économique font, paraît-il, bon ménage, ces discours fiévreux montrent la vérité de celui
qui pose la grande question : « Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? ».
Discours de Robespierre. Choix et présentation par Yannick Bosc, Florence Gauthier et Sophie Wahnich. Éditions La fabrique, 2000.
Yannick Bosc est docteur en histoire, chargé de cours à Paris-VII.
Florence Gauthier est maître de conférences à Paris-VII.
Sophie Wahnich est chargée de recherches au CNRS (LIAOS).