Joaquin Almunia, le futur commissaire européen à la concurrence, va faire respecter le sacro-saint principe de la « concurrence libre et non faussée ».
La concurrence libre et non faussée, l’alpha et l’oméga du libéral, le crédo du libre-échangiste, le mantra perpétuel de José Manuel Barroso, qui rêve que la concurrence développe le
commerce, fait baisser les prix, et accroît le bonheur du consommateur. Alleluiah.
Mais Joaquin Almunia n'est pas un libéral. C’est un socialiste. Un socialiste basque, né à Bilbao. Et un ardent syndicaliste membre de l’UGT, Union general de trabajadores. Il a été ministre
du travail de Felipe Gonzales, puis secrétaire du Parti socialiste. Battu comme député, réélu avec Zapatero, celui-ci l’envoie à la Commission européenne.
Et il se révèle un rigoureux gestionnaire. Il n’est pire doctrinaire qu’un converti, souvenez-vous de Saint-Paul, qui avait introduit de la rigueur dans le christianisme. Souvenez-vous de
Pierre Bérégovoy, un ancien syndicaliste lui aussi, qui s’était pris de passion pour la rigueur et la finance, qui avait développé les marchés spéculatifs, qui voulait faire de Paris une
place financière égale à Londres.
Et voyez ce qu’est devenu Barroso, ancien mao. Il est probable que ce cher Joaquin Almunia a rêvé, jeune militant, à la révolution espagnole, mais là, il prend sa règle de comptable et tape
sur les doigts de la Grèce : « Si la Grèce ne prend pas les décisions nécessaires pour surmonter ses problèmes, la zone euro ne pourra pas les prendre au nom de la Grèce » Joaquin le
polyglotte, diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes Pratiques de Paris, c’est monsieur la rigueur et monsieur la concurrence.