Un conglomérat de peuples, a dit le ministre, qui semble préférer la géographie à l'histoire. Et les discours
de présidents américains à ceux qu'écrit Henri Guaino à son président ventriloque lorsqu'il lui demande de faire son métier et de prendre la plume. Lecteur de Marc Bloch, le conseiller
spécial du Président sait bien, lui, que le peuple français existe et qu'il procède d'une volonté politique, non seulement de vivre ensemble, mais encore de le faire selon certaines
valeurs.
Un conglomérat de peuples peut-il avoir un projet politique ? Non, il peut juste bâtir un compromis pour vivre ensemble. C'était exactement l'idée de Nicolas
Sarkozy pendant la première phase de sa campagne, en 2005-2006 : le candidat voulait un copié-collé de l'Amérique. C'était avant qu'il ne décide de confier ses discours à Henri Guaino pour
les républicaniser. En revenant au communautarisme, c'est-à-dire en passant de Guaino à Besson, le Président redevient le candidat de 2005-2006, celui qui voulait faire de la France un
copié-collé de l'Amérique.
Mais à Vézelay, on est très au-delà du conglomérat de peuples, on est dans le compromis interreligieux. Et on se demande comme le journaliste Yvan Levaï, républicain réputé authentique, a
pu se laisser piéger dans une telle soirée. Et on se demande comment un tel casting a été possible : la France ne rassemble pas que des chrétiens, des juifs et des musulmans. Elle est faite
aussi de protestants, de bouddhistes, de franc-maçons, de fumeurs de pipe, de juifs qui détestent le CRIF et de catholiques en rupture de banc d'église, et des membres de la grande
confrérie des juifs et musulmans amateurs de charcuterie. Sans compter les bouffeurs de "curés". Tant qu'à conglomérer, autant ne pas oublier l'écrasante majorité des conglomérants...
Punition pour le ministre Besson : lire et apprendre par coeur l'étrange défaite de Marc Bloch. Et
méditer cette phrase (reprise par Sarkozy dans un de ses discours) : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais
l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »