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Blog politique des membres de Republique et Socialisme en Bretagne

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APRES LA GRECE...L'ESPAGNE...LA FRANCE DE HOLLANDE..?

LA DEMOCRATIE MONSIEUR HOLLANDE…..PAS LE TRAITE DE LISBONNE..

Les « indignés » se sont fait entendre ce week-end dans les capitales européennes, notamment à Bruxelles. Le blogueur associé Pierre Lévy estime que les exigences soiales dont ils sont porteurs sont contradictoires avec les plans de rigueur imposés par l'Union européenne.

 

 

Quelques centaines d’« indignés » devraient converger ce week-end vers le quartier des institutions européennes à Bruxelles. Interrogé à ce propos, un porte-parole de la Commission a réagi avec un humour hélas involontaire : « mais en quoi cela nous concerne-t-il ? ».

Démocratie maintenant ! scandaient les « indignés » de Madrid. « Un gouvernement économique maintenant ! » ont répliqué, en forme de bras d’honneur, les eurodéputés (information rapportée par le site ‘Europolitique’). Jamais l’exigence des seconds n’est apparue aussi frontalement contradictoire avec l’aspiration des premiers, une aspiration qui monte dans la plupart des pays de l’Union européenne.

« Gouvernement économique » ? Les dirigeants européens expliquent en substance : dès lors que des pays partagent une monnaie unique, il n’est plus concevable que les décisions économiques et sociales soient prises par des gouvernements nationaux dispersés. D’autant que, entend-on mot pour mot, ces derniers souffrent d’une tare impardonnable : ils sont soumis aux pressions politiques des électeurs. Il est vrai qu’avant d’être un outil économique, la monnaie est avant tout un rapport social ; effectivement, elle ne peut exister sans une autorité politique unique. Les concepteurs de l’euro ne l’ignoraient pas – c’était même leur objectif : ils comptaient bien que l’abolition des monnaies nationales conduirait doucement vers le chemin d’une intégration fédérale sans retour.

Ils n’avaient cependant pas prévu que la démonstration (par l’absurde) se ferait aussi brutalement. Le rejet de la greffe « euro » constitue désormais une perspective qui n’est plus taboue. Il est vrai que tous les clignotants sont au rouge vif. Dans le contexte d’une économie mondiale qui semble rechuter, l’ombre de la récession plane à nouveau sur le Vieux continent. Les coupes budgétaires plombent toujours plus les économies. La croissance est d’ores et déjà en berne : en France (0% au second trimestre), en Allemagne (0,1%), et a fortiori dans les pays étranglés et sous tutelle. Dans ces conditions, nul ne voit comment la Grèce pourrait éviter la faillite, première étape possible de réactions en chaîne. Une perspective qui sème l’effroi parmi les banques, gorgées d’emprunts douteux. Le président de la Banque centrale européenne vient d’évoquer le risque d’un effondrement « systémique ».

 

A Paris, l’Assemblée nationale avait voté le plan Fillon et ses 12 milliards d’euros

d’« économies »… et, dans la foulée, validé la « garantie » supplémentaire de la France pour des dettes probablement irrécouvrables. Dès aujourd’hui, cela représente un endettement supplémentaire de 15 milliards, a avoué le premier ministre. Pourtant, dans leur texte commun d’appel à la journée d’action du 11 octobre, les dirigeants de cinq syndicats réussissaient l’exploit… de ne pas souffler un mot de l’Europe.

 

En revanche, c’est bien contre le paquet préparé à la hâte par Silvio Berlusconi sous pression de Bruxelles (59,8 milliards de coupes, qui s’ajoutent à 48 milliards décidés… en juillet) que la CGIL avait mobilisé ses troupes. A Rome, on a pu entendre des slogans mettant en cause l’UE. Une première en Italie. De son côté, comme l’exigeaient Berlin et Paris, José-Luis Zapatero a opéré un coup de force surprise avec l’aide de son adversaire de droite : il a fait inscrire la quasi-interdiction des déficits dans la constitution espagnole – une soi-disant « règle d’or » qui vise en réalité à retirer d’avance au peuple le droit de choisir une autre politique. Ce faisant, il a provoqué une colère considérable ; la revendication d’un référendum sur cette question a surgi. Les dirigeants européens sont engagés dans une double fuite en avant : misant sur une stratégie « choc et effroi », ils espèrent imposer un court-circuit vers une intégration fédérale – une tentative totalement surréaliste au regard du rejet croissant dont l’UE est aujourd’hui l’objet. Et ils ânonnent cet obsessionnel mantra : ce qui n’a pas marché avec l’austérité marchera avec plus d’austérité encore.

 

L’UE est désormais synonyme de course à l’abîme, dont nul ne peut prévoir le rythme et l’issue. Le remède est en revanche connu : démocratie maintenant !

Pierre Levy

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