Les négociations sur l’avenir de l’avion de transport militaire A 400 M sont terminées. Les Etats européens vont avancer pas moins de 3,5 milliards d’euros au
groupe EADS, ce qui fait bien les affaires des deux principaux actionnaires : Lagardère et Daimler.
Ouf ! Le feuilleton de interminable de l’avion de transport militaire A 400 M semble tirer à sa fin. Les amoureux de l'aviation pourront admirer l'élégance
de notre futur remplaçant du "Bréguet 2 ponts" (pour les anciens...) De bras de fer en négociations, et à force de menaces de tout arrêter, le groupe EADS s’en tire à bon compte : les
Etats clients de futurs avions vont avancer pas moins de 3,5 milliards d’euros, soit la moitié des 7,6 milliards d’euros de surcoût identifiés sur ce programme géant.Bien sûr les Etats sont un
peu responsables de cette panade : ils ont à force d’exigences de plus en plus complexes, réussi à rendre presque fous les ingénieurs d’EADS. Il n’empêche la véritable raison de cet apport
massif d’argent n’apparaît que dans un article payant de La Tribunedu 22 février qui titre :«
EADS échappe à une recapitalisation ».
Voici le grand mistigri du numéro 1 de l’aéronautique mondiale démasqué : ses actionnaires, Lagardère et l’allemand Daimler, ne veulent pas remettre un sou
dans l’entreprise, quoi qu’il arrive. Après les déboires de l’A380, déjà, les deux compères avaient refusé de recapitaliser en 2007. Mieux, ils ont confirmé leur volonté de sortir du groupe
totalement. Ils ont réitéré cette année qui ont chacun avec 7,5% du capital le privilège de diriger les destinées d’un groupe stratégique pour l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Espagne et
la France. Les actionnaires ne payent pas, les pays et leurs contribuables, si. La France devrait apporter au moins 20% de la somme, soit 700 millions d’euros, en « avance
remboursables » ou autres mécanismes financiers qui tous aboutissent à aggraver le déficit de l’Etat. C’est à peu près la somme que Lagardère avait tiré de la cession d’actions EADS en 2006,
juste avant le plantage de l’A 380. Depuis lors EADS vit au gré des arrangements des actionnaires. Berlin s’est arrangé pour que les banques continuent à « porter » les actions vendues
par Daimler pendant encore quelques temps lire le Financial Times http://www.ft.com/cms/s/0/307f4468-1f26-11df-9584-00144feab49a.html. Quant à Arnaud Lagardère, il tente
de faire entrer ses alliés des Emirats dans le capital de l’avionneur, mais aussi dans le capital de Lagardère Group où il est ultra minoritaire. Merci qui ?
Hervé Nathan, Journaliste indépendant